Peut-on prévenir l’alopécie androgénétique ? Dépistage précoce et traitements
L’alopécie androgénétique est l’une des causes les plus fréquentes de diminution progressive de la densité capillaire.
Chez l’homme, elle est souvent appelée :
– alopécie masculine ;
– male pattern hair loss ;
– calvitie commune.
Chez la femme, on utilise souvent l’expression :
female pattern hair loss.
Cette forme de chute possède une forte composante génétique.
Il n’existe actuellement aucune routine de shampoings, de massages ou de compléments alimentaires capable de garantir qu’une personne génétiquement prédisposée ne développera jamais d’alopécie androgénétique.
En revanche, il existe un point essentiel :
agir tôt.
Lorsqu’une alopécie androgénétique est diagnostiquée précocement, les traitements ont généralement davantage de possibilités pour préserver les follicules encore actifs et ralentir leur miniaturisation.
Le véritable objectif n’est donc pas de promettre une prévention totale de la calvitie.
Il est plutôt de :
– reconnaître les premiers signes ;
– obtenir le bon diagnostic ;
– éviter les facteurs qui ajoutent de la casse ou une autre forme de chute ;
– débuter suffisamment tôt un traitement lorsqu’il est indiqué ;
– maintenir le traitement assez longtemps pour pouvoir évaluer son efficacité.
Qu’est-ce que l’alopécie androgénétique ?
L’alopécie androgénétique est une perte progressive de cheveux caractérisée par la miniaturisation des follicules pileux dans certaines zones du cuir chevelu.
Au fil des cycles, les follicules concernés produisent des cheveux :
– plus fins ;
– plus courts ;
– moins visibles.
Chez l’homme, la dihydrotestostérone, ou DHT, joue un rôle important.
La DHT est produite à partir de la testostérone sous l’action d’une enzyme appelée :
5-alpha-réductase.
Chez les hommes génétiquement prédisposés, certains follicules du cuir chevelu sont particulièrement sensibles à la DHT.
Ils se miniaturisent progressivement.
Chez la femme, la génétique joue également un rôle majeur, mais le rôle des androgènes est plus complexe et moins clairement établi.
La majorité des femmes présentant une female pattern hair loss n’ont pas nécessairement un taux sanguin élevé d’androgènes.
Peut-on empêcher l’alopécie androgénétique d’apparaître ?
Pas de manière garantie.
L’American Academy of Dermatology rappelle que la perte de cheveux héréditaire ne peut pas simplement être empêchée par des habitudes de soin.
Une personne peut :
– manger équilibré ;
– utiliser des shampoings doux ;
– ne jamais colorer ses cheveux ;
– éviter le sèche-cheveux ;
– prendre soin de son cuir chevelu
et développer malgré tout une alopécie androgénétique si elle possède une prédisposition génétique.
Cela ne rend pas les bonnes habitudes inutiles.
Elles peuvent aider à préserver :
– la fibre capillaire ;
– le cuir chevelu ;
– la longueur des cheveux.
Mais elles ne suppriment pas le mécanisme génétique responsable de la miniaturisation des follicules.
Pourquoi le traitement précoce est-il important ?
L’alopécie androgénétique évolue progressivement.
Au début, le follicule est encore présent mais produit une fibre de plus en plus fine.
Avec le temps, la miniaturisation peut devenir importante.
L’American Academy of Dermatology souligne qu’un diagnostic et un traitement précoces peuvent aider à préserver les follicules avant qu’ils ne deviennent trop miniaturisés.
Une fois une zone très dégarnie depuis longtemps, obtenir une repousse importante devient généralement plus difficile.
Le traitement est donc souvent davantage efficace pour :
préserver
et
épaissir des follicules encore fonctionnels
que pour recréer une chevelure complète sur une zone totalement chauve depuis de nombreuses années.
Quels sont les premiers signes chez l’homme ?
Les signes peuvent comprendre :
– recul progressif des golfes temporaux ;
– ligne frontale qui remonte ;
– diminution de densité au sommet du crâne ;
– début de tonsure ;
– cheveux plus fins dans certaines zones ;
– cuir chevelu de plus en plus visible.
L’évolution est généralement lente.
Elle peut progresser pendant plusieurs années.
Une chute importante et brutale de centaines de cheveux n’est pas le tableau le plus caractéristique d’une simple alopécie androgénétique.
Dans ce cas, un effluvium télogène ou une autre cause peut être associé.
Quels sont les premiers signes chez la femme ?
Chez la femme, l’apparence est souvent différente.
Les signes fréquents comprennent :
– raie centrale qui s’élargit ;
– diminution de densité sur le sommet du cuir chevelu ;
– queue de cheval qui paraît progressivement moins épaisse ;
– cuir chevelu plus visible sous certaines lumières.
La ligne frontale est souvent relativement préservée.
Une femme présentant également :
– acné importante ;
– pilosité excessive ;
– règles irrégulières
peut nécessiter une évaluation hormonale selon le contexte.
Comment surveiller l’évolution de ses cheveux ?
Observer ses cheveux chaque jour dans le miroir n’est pas toujours fiable.
L’évolution est lente et :
– coiffage ;
– lumière ;
– cheveux mouillés ;
– longueur ;
– angle de la photo
peuvent modifier énormément l’impression de densité.
Des photographies standardisées peuvent être plus utiles.
Par exemple :
– même pièce ;
– même lumière ;
– cheveux secs ;
– même coiffage ;
– mêmes angles ;
– photos espacées de quelques mois.
Chez l’homme, photographiez notamment :
– ligne frontale ;
– tempes ;
– sommet ;
– vertex.
Chez la femme :
– raie centrale ;
– dessus du cuir chevelu ;
– ligne frontale.
Cela permet de comparer l’évolution de manière plus objective.
Faut-il compter ses cheveux chaque jour ?
Non.
Une personne peut normalement perdre plusieurs dizaines de cheveux quotidiennement.
Le nombre varie également selon :
– fréquence des shampoings ;
– longueur des cheveux ;
– coiffage ;
– cycle pilaire.
Compter chaque cheveu peut devenir anxiogène et n’aide pas toujours au diagnostic.
Il est plus utile d’observer :
– changement de densité ;
– élargissement de la raie ;
– recul de la ligne frontale ;
– modification progressive de l’épaisseur.
Un dermatologue peut ensuite déterminer le type de chute.
Quand faut-il consulter ?
Il est préférable de consulter lorsque vous remarquez une diminution progressive de densité, particulièrement lorsqu’il existe des antécédents familiaux.
Une consultation est également indiquée en cas de :
– chute brutale ;
– plaques sans cheveux ;
– douleur du cuir chevelu ;
– démangeaisons importantes ;
– rougeurs ;
– croûtes ;
– pustules ;
– zones lisses et brillantes ;
– perte des sourcils ;
– perte des cils.
Ces signes peuvent correspondre à une autre forme d’alopécie.
Pourquoi le diagnostic est-il important ?
Toutes les chutes de cheveux ne se traitent pas de la même manière.
Par exemple :
Alopécie androgénétique
Miniaturisation progressive des follicules.
Effluvium télogène
Chute diffuse souvent temporaire après un événement déclencheur.
Alopécie areata
Maladie auto-immune pouvant provoquer des plaques sans cheveux.
Alopécie de traction
Perte liée à une tension répétée sur les follicules.
Alopécies cicatricielles
Destruction inflammatoire pouvant entraîner une perte définitive des follicules.
Un complément alimentaire ou un shampoing ne peut pas constituer la réponse universelle à toutes ces situations.
Comment diagnostique-t-on une alopécie androgénétique ?
Le diagnostic repose souvent avant tout sur :
– histoire de la chute ;
– examen du cuir chevelu ;
– distribution de la diminution de densité ;
– antécédents familiaux.
Le dermatologue peut également utiliser une :
trichoscopie.
Il s’agit d’un examen agrandi du cuir chevelu et des cheveux.
Elle peut notamment mettre en évidence des différences importantes de diamètre des fibres caractéristiques de la miniaturisation.
Faut-il systématiquement faire une prise de sang ?
Non.
Une prise de sang n’est pas obligatoire pour chaque personne présentant un tableau typique d’alopécie androgénétique.
Elle peut être utile lorsqu’une autre cause est suspectée.
Selon le contexte, le médecin peut rechercher par exemple :
– carence en fer ;
– problème thyroïdien ;
– déficit nutritionnel ;
– anomalie hormonale.
Chez une femme présentant des signes d’hyperandrogénie, un bilan hormonal peut notamment être envisagé.
Le choix des examens doit être individualisé.
Faut-il systématiquement faire un trichogramme ?
Non.
Un trichogramme consiste à examiner des cheveux prélevés afin d’évaluer notamment leur phase dans le cycle pilaire.
Il peut être utilisé dans certaines situations.
Mais il n’est pas nécessaire au diagnostic de toutes les alopécies androgénétiques.
Aujourd’hui, l’examen clinique et la trichoscopie jouent une place importante.
Une biopsie du cuir chevelu peut parfois être réalisée lorsqu’il existe un doute, notamment pour distinguer certaines maladies inflammatoires ou cicatricielles.
Comment traite-t-on l’alopécie androgénétique ?
Le traitement dépend notamment :
– du sexe ;
– de l’âge ;
– de l’importance de la perte ;
– de l’évolution ;
– des antécédents ;
– des traitements déjà essayés ;
– d’une grossesse éventuelle ou d’un projet de grossesse.
Les options comprennent notamment :
– minoxidil topique ;
– finastéride chez certains hommes ;
– certains traitements anti-androgéniques chez certaines femmes ;
– autres traitements prescrits hors indication officielle dans certains contextes ;
– transplantation capillaire chez certains patients.
Certaines procédures complémentaires sont également étudiées.
Le minoxidil est-il efficace ?
Le minoxidil topique fait partie des traitements les mieux établis pour l’alopécie androgénétique.
Il est utilisé chez :
– l’homme ;
– la femme.
Il peut notamment contribuer à :
– ralentir la chute ;
– maintenir certains cheveux ;
– augmenter leur diamètre ;
– stimuler une certaine repousse chez certains patients.
Il ne permet cependant pas de recréer systématiquement une chevelure complète.
Une zone totalement dégarnie depuis longtemps répond généralement moins bien qu’une zone où des follicules miniaturisés sont encore présents.
Combien de temps faut-il attendre avec le minoxidil ?
Il faut être patient.
L’American Academy of Dermatology indique qu’une amélioration peut demander environ :
6 à 12 mois.
Cela ne signifie pas qu’aucun changement ne peut apparaître auparavant.
Mais juger le traitement après quelques semaines est généralement trop précoce.
Les photographies standardisées sont utiles pour comparer l’évolution.
Le minoxidil peut-il augmenter temporairement la chute au début ?
Oui chez certaines personnes.
Une augmentation temporaire du shedding peut survenir au début du traitement.
Cela peut être lié au changement de cycle de certains follicules.
Cette chute initiale ne signifie donc pas nécessairement que le traitement détruit les cheveux.
Mais toute réaction importante ou inhabituelle doit être discutée avec le médecin ou le pharmacien.
Quels sont les effets indésirables du minoxidil topique ?
Les effets possibles comprennent notamment :
– irritation ;
– démangeaisons ;
– sécheresse ;
– rougeur du cuir chevelu.
Une pousse de poils indésirables peut également apparaître sur certaines zones du visage si le produit entre régulièrement en contact avec elles.
Il faut :
– respecter la quantité recommandée ;
– appliquer sur le cuir chevelu ;
– se laver les mains après utilisation.
Une irritation persistante doit être réévaluée.
Minoxidil et grossesse
Le minoxidil ne doit pas être utilisé comme un simple cosmétique pendant la grossesse.
L’American Academy of Dermatology recommande aux femmes :
– enceintes ;
– souhaitant concevoir ;
– allaitantes
d’éviter le minoxidil.
Une femme traitée pour une chute de cheveux doit donc discuter de son traitement avec son médecin lorsqu’un projet de grossesse existe.
Que se passe-t-il si l’on arrête le minoxidil ?
Les bénéfices ne sont généralement pas définitifs après l’arrêt.
Le minoxidil agit tant que le traitement est poursuivi.
Lorsqu’il est arrêté, les cheveux qui étaient maintenus grâce au traitement peuvent progressivement être perdus.
L’alopécie reprend alors son évolution naturelle.
Il faut donc comprendre avant de commencer qu’il s’agit généralement d’un traitement de longue durée.
Qu’est-ce que le finastéride ?
Le finastéride est un médicament qui inhibe l’enzyme :
5-alpha-réductase de type II.
Cette enzyme participe à la conversion de la testostérone en :
dihydrotestostérone ou DHT.
Chez l’homme présentant une alopécie androgénétique, diminuer l’action de la DHT permet de réduire son effet sur les follicules sensibles.
Le finastéride oral est utilisé sur prescription chez certains hommes présentant une alopécie androgénétique.
Est-il efficace chez l’homme ?
Oui, il possède des données cliniques solides.
L’American Academy of Dermatology rapporte qu’il peut ralentir la poursuite de la chute chez une proportion importante d’hommes traités.
Une certaine repousse ou augmentation de densité peut également être observée.
Le résultat varie cependant d’une personne à l’autre.
Une chevelure complètement perdue depuis longtemps n’est pas susceptible d’être intégralement restaurée par le médicament.
Combien de temps faut-il attendre avec le finastéride ?
Les premiers effets demandent plusieurs mois.
Une amélioration peut commencer à être remarquée autour de quelques mois de traitement.
L’évaluation réelle se fait généralement sur une durée plus longue.
Comme pour le minoxidil, la régularité est importante.
Arrêter après quelques semaines parce que la densité n’a pas encore changé n’est pas une bonne manière d’évaluer l’efficacité.
Que se passe-t-il à l’arrêt du finastéride ?
L’effet n’est pas définitif.
Lorsque le traitement est arrêté :
– la DHT augmente de nouveau ;
– le mécanisme de miniaturisation peut reprendre ;
– les bénéfices capillaires sont progressivement perdus.
Un traitement efficace doit donc généralement être poursuivi à long terme si l’on souhaite maintenir ses effets.
Quels sont les effets indésirables possibles du finastéride ?
Comme tout médicament, le finastéride peut provoquer des effets indésirables.
Ils peuvent notamment concerner :
– libido ;
– fonction érectile ;
– éjaculation ;
– seins chez certains patients ;
– humeur chez certaines personnes.
Tous les patients ne développent évidemment pas ces effets.
Les bénéfices et risques doivent être discutés avec le prescripteur avant le traitement.
Un symptôme nouveau ou préoccupant pendant le traitement doit être signalé.
Finastéride et femmes
Le finastéride n’est pas un traitement standard à utiliser librement chez toutes les femmes atteintes de chute de cheveux.
Il peut parfois être utilisé hors indication officielle dans certaines situations particulières, notamment sous supervision spécialisée.
Il est contre-indiqué lorsqu’une grossesse est possible en raison du risque pour le développement d’un fœtus masculin.
Le choix d’un traitement hormonal chez la femme doit donc toujours être médical.
Quels traitements sont utilisés chez la femme ?
Le traitement le mieux établi et largement utilisé est le :
minoxidil topique.
Selon la situation, un dermatologue peut également proposer certains traitements sur ordonnance.
Parmi eux figure notamment :
spironolactone.
Elle possède une activité anti-androgénique et peut être utilisée chez certaines femmes présentant une female pattern hair loss.
Elle n’est pas adaptée à tout le monde et nécessite de tenir compte notamment :
– grossesse ;
– tension artérielle ;
– fonction rénale ;
– médicaments associés.
Elle ne doit pas être commencée sans suivi médical.
Qu’en est-il du minoxidil oral ?
Le minoxidil oral à faible dose est de plus en plus utilisé par certains dermatologues dans la prise en charge de différentes alopécies.
Pour la perte de cheveux, il s’agit généralement d’une utilisation :
hors indication officielle.
Il ne faut pas confondre :
minoxidil topique
et
minoxidil oral.
La forme orale peut provoquer des effets systémiques comme notamment :
– augmentation de la pilosité corporelle ;
– rétention hydrique ;
– modification de la pression artérielle ;
– accélération du rythme cardiaque chez certaines personnes.
Elle doit être prescrite et surveillée médicalement.
Les compléments alimentaires peuvent-ils traiter l’alopécie androgénétique ?
Pas lorsqu’il n’existe pas de déficit nutritionnel identifié.
Une alopécie androgénétique est avant tout liée à la miniaturisation génétiquement déterminée des follicules.
Prendre :
– biotine ;
– zinc ;
– fer ;
– vitamines B
ne désactive pas ce mécanisme.
Les compléments peuvent être utiles lorsqu’une personne présente en parallèle une véritable carence.
Par exemple :
carence en fer
ou
carence en zinc.
Dans cette situation, corriger la carence peut améliorer la composante nutritionnelle de la chute.
Mais cela ne transforme pas le complément en traitement de l’alopécie androgénétique.
Faut-il faire plusieurs cures de compléments par an en prévention ?
Non.
Il n’existe pas de recommandation dermatologique générale imposant plusieurs cures annuelles de compléments pour prévenir la calvitie.
Lorsque les apports sont suffisants, supplémenter davantage ne protège pas le follicule contre la DHT.
De plus, un excès de certains nutriments peut être nocif.
L’American Academy of Dermatology recommande notamment de ne supplémenter en :
– fer ;
– zinc ;
– biotine
que lorsqu’un déficit ou une indication existe.
Un complément alimentaire ne doit donc pas devenir une habitude automatique simplement parce qu’un parent a perdu ses cheveux.
Les massages du cuir chevelu préviennent-ils l’alopécie ?
Il n’existe pas suffisamment de preuves pour recommander le massage du cuir chevelu comme méthode fiable de prévention ou de traitement de l’alopécie androgénétique.
Un massage doux peut être :
– agréable ;
– relaxant ;
– compatible avec une routine capillaire.
Mais la théorie selon laquelle il « active la circulation pour apporter davantage de nutriments aux racines » est trop simpliste.
Le follicule possède déjà une vascularisation.
Une alopécie androgénétique n’est pas principalement provoquée par un cuir chevelu qui manquerait de circulation parce qu’il n’est pas massé.
Les massages ne doivent donc pas remplacer un traitement validé.
Une bonne alimentation peut-elle empêcher la calvitie ?
Une alimentation équilibrée contribue à la santé générale et permet d’éviter certaines carences qui peuvent provoquer une chute supplémentaire.
Elle doit apporter suffisamment :
– d’énergie ;
– de protéines ;
– de fer ;
– de zinc ;
– de vitamines et minéraux.
Mais elle ne supprime pas une prédisposition génétique.
Une personne peut avoir une alimentation excellente et développer malgré tout une alopécie androgénétique.
L’alimentation aide surtout à éviter de superposer une chute nutritionnelle à une alopécie existante.
Le tabac influence-t-il l’alopécie ?
Des études ont retrouvé une association entre tabagisme et perte de cheveux.
Plusieurs mécanismes potentiels ont été proposés :
– stress oxydatif ;
– inflammation ;
– effets vasculaires.
Cela ne permet cependant pas de dire qu’arrêter de fumer empêchera forcément l’alopécie androgénétique chez une personne génétiquement prédisposée.
L’arrêt du tabac reste fortement recommandé pour la santé générale.
Il peut également éviter un facteur potentiellement défavorable supplémentaire.
Le stress provoque-t-il l’alopécie androgénétique ?
Le stress n’est pas considéré comme la cause principale de l’alopécie androgénétique.
Un stress majeur peut en revanche déclencher un :
effluvium télogène.
La personne perd alors davantage de cheveux de manière diffuse quelques mois après l’événement.
Lorsqu’elle possède déjà une alopécie androgénétique, la chute peut rendre la diminution de densité beaucoup plus visible.
Réduire le stress peut donc être utile pour la santé générale et pour certaines chutes réactionnelles.
Mais cela ne remplace pas le traitement d’une alopécie génétique.
Les shampoings anti-chute peuvent-ils empêcher la calvitie ?
Un shampoing reste principalement un produit destiné à nettoyer :
– cuir chevelu ;
– sébum ;
– résidus ;
– cheveux.
Certains shampoings peuvent également contenir des ingrédients destinés à certaines affections du cuir chevelu.
Mais un shampoing cosmétique classique ne possède pas le même niveau d’action qu’un médicament ciblant la miniaturisation folliculaire.
Il peut améliorer :
– aspect ;
– volume ;
– douceur ;
– confort du cuir chevelu.
Il ne faut pas présenter un shampoing comme une solution suffisante pour empêcher une alopécie androgénétique progressive.
Les coiffures serrées aggravent-elles l’alopécie ?
Elles peuvent surtout ajouter une deuxième forme de chute :
l’alopécie de traction.
Une tension répétée peut progressivement endommager les follicules.
Les coiffures concernées peuvent notamment comprendre lorsqu’elles sont très serrées :
– queues de cheval ;
– chignons ;
– tresses ;
– extensions.
Une personne présentant déjà une alopécie androgénétique a particulièrement intérêt à éviter d’ajouter ce traumatisme.
Une douleur pendant la coiffure est un signal d’alerte.
Une coiffure ne devrait pas tirer continuellement sur les follicules.
Les colorations provoquent-elles l’alopécie androgénétique ?
Non.
Coloration, décoloration et autres traitements chimiques agissent surtout sur la fibre capillaire.
Ils peuvent provoquer :
– sécheresse ;
– fragilité ;
– casse.
Cela peut rendre la chevelure visuellement moins dense.
Mais ce mécanisme est différent de la miniaturisation folliculaire de l’alopécie androgénétique.
Une brûlure chimique grave du cuir chevelu représente évidemment une situation différente.
Sèche-cheveux et fer à lisser provoquent-ils la calvitie ?
Non.
Ils ne provoquent pas directement le mécanisme génétique de l’alopécie androgénétique.
Une chaleur excessive peut cependant endommager la fibre.
Elle peut favoriser :
– casse ;
– sécheresse ;
– pointes fourchues.
Pour limiter les dommages :
– utilisez une chaleur basse ou modérée ;
– évitez de repasser continuellement sur la même mèche ;
– utilisez un protecteur thermique adapté ;
– espacez les coiffages agressifs si les cheveux deviennent fragiles.
Le soleil provoque-t-il l’alopécie androgénétique ?
Il n’existe pas de preuve permettant de dire que les UV constituent une cause directe de l’alopécie androgénétique.
Une exposition solaire importante peut cependant dégrader progressivement la fibre capillaire.
Elle peut modifier :
– protéines ;
– couleur ;
– résistance mécanique.
Les cheveux peuvent devenir plus secs et cassants.
Un chapeau peut protéger :
– cuir chevelu ;
– cheveux ;
– peau exposée
lors d’une forte exposition.
Mais cette protection ne constitue pas une méthode spécifique contre la miniaturisation génétique des follicules.
Qu’est-ce que la photobiomodulation ou laser basse énergie ?
Certains appareils utilisent une lumière rouge de faible intensité.
On parle notamment de :
low-level light therapy
ou
photobiomodulation.
Plusieurs dispositifs ont obtenu une autorisation de commercialisation pour certaines indications.
Certaines études suggèrent un bénéfice possible sur la densité capillaire.
Mais les preuves restent moins solides et moins standardisées que celles concernant certains traitements médicamenteux établis.
Un point important :
un dispositif « FDA-cleared » n’est pas équivalent à un médicament « FDA-approved ».
Ces termes correspondent à des procédures réglementaires différentes.
La photobiomodulation peut éventuellement être discutée comme traitement complémentaire.
Elle ne doit pas être présentée comme une guérison garantie.
Qu’en est-il du PRP ?
Le PRP signifie :
plasma riche en plaquettes.
On prélève le sang du patient, puis une préparation concentrée en plaquettes est injectée dans le cuir chevelu.
Certaines études et expériences cliniques suggèrent une amélioration possible chez certains patients présentant une alopécie androgénétique.
Mais les protocoles varient énormément :
– préparation du sang ;
– concentration ;
– quantité injectée ;
– fréquence ;
– entretien.
Les résultats sont donc moins standardisés que pour certains traitements médicamenteux.
Le PRP n’est pas un traitement définitif.
Des séances d’entretien peuvent être nécessaires.
Et la réponse n’est pas garantie.
Microneedling et alopécie
Le microneedling crée de multiples microperforations contrôlées dans la peau.
Des études ont exploré son association avec certains traitements comme le minoxidil.
Les résultats sont intéressants mais les protocoles ne sont pas encore totalement standardisés.
Le microneedling du cuir chevelu n’est pas un geste à improviser avec n’importe quel appareil à domicile.
Il existe des risques :
– irritation ;
– infection ;
– inflammation ;
– traumatisme.
Une mauvaise technique peut être contre-productive.
Qu’est-ce qu’une greffe de cheveux ?
La transplantation capillaire consiste à déplacer des follicules provenant d’une zone donneuse vers une zone plus dégarnie.
Dans l’alopécie androgénétique, les cheveux sont généralement prélevés dans des régions moins sensibles à la miniaturisation.
Les techniques modernes permettent d’obtenir des résultats naturels chez des candidats bien sélectionnés.
Mais la greffe n’est pas adaptée à toutes les personnes.
Qui peut bénéficier d’une greffe ?
Il faut notamment disposer :
– d’une zone donneuse suffisamment dense ;
– de follicules capables de produire des cheveux après transplantation.
L’âge, la stabilité de l’alopécie et son évolution future doivent également être pris en compte.
Chez un jeune homme dont la chute évolue rapidement, un spécialiste peut préférer commencer par stabiliser l’alopécie médicalement avant d’envisager une greffe.
Pourquoi traiter l’alopécie même après une greffe ?
Parce que la greffe déplace des follicules.
Elle ne supprime pas la prédisposition génétique des cheveux naturels restés autour de la zone greffée.
Ces cheveux peuvent continuer à se miniaturiser.
Le résultat peut alors devenir progressivement déséquilibré.
C’est pourquoi le dermatologue ou le chirurgien peut recommander de poursuivre un traitement destiné à préserver les cheveux non transplantés.
Combien de temps faut-il pour voir le résultat d’une greffe ?
La repousse est progressive.
Les cheveux transplantés tombent souvent quelques semaines après l’intervention.
Cela peut être normal.
Les follicules recommencent ensuite progressivement à produire des cheveux.
L’American Academy of Dermatology indique que de nombreux patients voient leur résultat entre environ :
6 et 9 mois.
Chez certains, le résultat peut demander :
12 mois.
Une greffe est-elle une solution définitive ?
Les follicules transplantés peuvent donner des résultats très durables.
Mais parler de « solution définitive à toute l’alopécie » serait trompeur.
L’alopécie génétique peut continuer à toucher :
les cheveux non transplantés.
Une stratégie à long terme est donc souvent nécessaire.
Les soins capillaires peuvent-ils aider malgré tout ?
Oui, mais il faut comprendre leur objectif.
Un shampoing doux, un après-shampoing et une bonne gestion de la chaleur peuvent :
– limiter la casse ;
– améliorer la souplesse ;
– améliorer la brillance ;
– donner une impression de volume plus important.
Ils permettent de préserver au mieux les fibres présentes.
C’est utile, particulièrement lorsque la densité diminue.
Mais ces soins ne remplacent pas un traitement visant directement les follicules.
Comment donner davantage de volume à des cheveux clairsemés ?
Des solutions purement cosmétiques peuvent améliorer immédiatement l’apparence.
Par exemple :
– coupe adaptée ;
– fibres capillaires ;
– poudres colorées ;
– sprays volumateurs ;
– changement de raie ;
– perruque ou complément capillaire.
Ces solutions ne traitent pas l’alopécie.
Mais elles peuvent avoir un impact important sur la confiance et la qualité de vie pendant que le traitement agit.
Le soutien psychologique compte-t-il ?
Oui.
Une perte de cheveux peut avoir un impact réel sur :
– estime de soi ;
– image corporelle ;
– relations sociales ;
– anxiété.
Il ne faut pas minimiser cette souffrance sous prétexte que l’alopécie n’est pas dangereuse pour la santé physique.
Une personne très affectée peut en parler :
– au dermatologue ;
– au médecin ;
– à un professionnel de santé mentale.
Les solutions esthétiques font également partie d’une prise en charge légitime.
Peut-on savoir à l’avance si l’on deviendra chauve grâce à un test génétique ?
Pas de manière suffisamment fiable pour guider la prise en charge courante.
L’alopécie androgénétique est polygénique.
De nombreux gènes interviennent et ils peuvent être hérités :
– du côté maternel ;
– du côté paternel ;
– des deux côtés.
Le simple fait que le grand-père maternel soit chauve ne permet donc pas de prédire précisément l’avenir capillaire d’un homme.
Les tests génétiques commerciaux ne remplacent pas l’observation clinique.
Que faire lorsqu’il y a beaucoup de cas dans la famille ?
Il n’est pas nécessaire de commencer automatiquement un médicament simplement parce que plusieurs proches sont chauves.
La meilleure stratégie est de :
1. connaître les signes précoces ;
2. surveiller raisonnablement la densité ;
3. prendre des photos comparables ;
4. consulter lorsqu’une modification apparaît.
L’objectif est de ne pas attendre une perte avancée avant d’obtenir un diagnostic.
Peut-on commencer un traitement « au cas où » ?
Ce n’est généralement pas une bonne approche.
Les médicaments possèdent :
– indications ;
– contraintes ;
– effets indésirables ;
– nécessité d’une utilisation prolongée.
Il faut d’abord confirmer que l’alopécie androgénétique est réellement présente.
Un dermatologue pourra ensuite discuter :
– bénéfices attendus ;
– risques ;
– coût ;
– contraintes ;
– objectifs réalistes.
Comment savoir si le traitement fonctionne ?
Il faut regarder l’évolution sur plusieurs mois.
L’objectif n’est pas toujours une repousse spectaculaire.
Un traitement peut être utile simplement s’il :
– ralentit la progression ;
– stabilise la densité ;
– limite la miniaturisation.
Dans une maladie qui serait normalement progressive, maintenir la même densité plusieurs années peut déjà représenter un bon résultat.
Des photographies standardisées aident beaucoup à cette évaluation.
Pourquoi les traitements doivent-ils être poursuivis ?
Parce qu’ils ne suppriment pas la prédisposition génétique.
Ils contrôlent le processus pendant leur utilisation.
Si un traitement efficace comme le minoxidil ou le finastéride est arrêté, les bénéfices peuvent être progressivement perdus.
Il ne faut donc pas promettre :
« cure de six mois puis guérison définitive ».
La prise en charge est généralement chronique.
Quel est le délai réel avant de juger un traitement ?
Il n’existe pas un délai unique de :
2 ou 3 mois.
Cela dépend du traitement.
Pour le minoxidil topique, l’amélioration peut demander :
6 à 12 mois.
Pour le finastéride, des changements peuvent commencer à être observés après plusieurs mois, mais l’évaluation doit également se faire sur la durée.
Chez la femme, DermNet recommande généralement d’attendre au moins :
6 mois
avant d’évaluer sérieusement l’efficacité d’un traitement de female pattern hair loss.
Le cycle du cheveu est lent.
Il faut donc éviter de changer de traitement toutes les quelques semaines.
Faut-il continuer lorsqu’aucune repousse spectaculaire n’apparaît ?
Cela dépend.
L’objectif principal peut parfois être :
la stabilisation.
Une personne dont la densité diminuait chaque année peut bénéficier d’un traitement qui arrête ou ralentit fortement cette évolution, même sans retrouver la densité de ses 18 ans.
Le dermatologue évalue notamment :
– photos ;
– trichoscopie ;
– évolution subjective ;
– tolérance.
Une décision d’arrêt ou de changement se fait en fonction de l’ensemble de ces éléments.
Peut-on guérir définitivement l’alopécie androgénétique ?
Actuellement, non.
Il n’existe pas de traitement supprimant définitivement la prédisposition génétique et garantissant une repousse permanente de tous les follicules.
Les traitements actuels peuvent cependant :
– ralentir fortement l’évolution ;
– stabiliser la chute ;
– épaissir certains cheveux miniaturisés ;
– provoquer une certaine repousse ;
– améliorer considérablement l’apparence.
Les résultats sont généralement meilleurs lorsque le traitement commence avant que la miniaturisation ne soit très avancée.
Peut-on prévenir l’alopécie androgénétique : ce qu’il faut retenir
L’alopécie androgénétique est une perte progressive de densité fortement influencée par la génétique.
Il n’existe pas de méthode permettant de garantir qu’une personne prédisposée ne développera jamais cette forme d’alopécie.
Une alimentation équilibrée, un shampoing doux ou une limitation de la chaleur permettent de préserver la qualité des cheveux mais ne suppriment pas la miniaturisation génétique des follicules.
Les massages du cuir chevelu ne constituent pas une méthode démontrée de prévention de l’alopécie.
Il n’est pas recommandé de prendre plusieurs cures annuelles de compléments alimentaires en prévention lorsque aucune carence n’est identifiée.
L’intérêt principal d’une surveillance précoce est de reconnaître rapidement :
– recul de la ligne frontale ;
– tonsure ;
– élargissement de la raie ;
– diminution progressive de densité.
Le diagnostic dermatologique permet de distinguer l’alopécie androgénétique des autres causes de chute.
Une prise de sang ou une biopsie n’est pas systématiquement nécessaire : les examens dépendent du contexte.
Le minoxidil topique est l’un des principaux traitements de l’alopécie androgénétique chez l’homme et la femme.
Le finastéride est une option médicamenteuse importante chez certains hommes.
Chez certaines femmes, des traitements comme la spironolactone peuvent également être utilisés sous surveillance médicale.
Les résultats ne sont pas immédiats.
Le minoxidil peut demander environ 6 à 12 mois avant qu’un bénéfice soit clairement visible.
Le traitement doit généralement être poursuivi pour maintenir ses effets.
Le PRP, la photobiomodulation et certaines autres procédures peuvent être proposées comme options complémentaires chez certains patients, mais leur niveau de preuve et leur standardisation ne sont pas identiques à ceux des traitements les mieux établis.
La greffe capillaire peut fournir une restauration durable chez des patients correctement sélectionnés, mais elle n’empêche pas les cheveux non greffés de poursuivre leur miniaturisation.
Enfin, dans l’alopécie androgénétique, attendre que les zones soient complètement dégarnies avant de consulter réduit les possibilités de préserver les follicules encore actifs.
L’objectif n’est donc pas de multiplier les produits « anti-chute » en prévention.
Il est de reconnaître suffisamment tôt une véritable diminution de densité et de mettre en place une stratégie adaptée au bon diagnostic.
Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre informatif et ne remplacent pas le diagnostic, la prescription ou le suivi d’un dermatologue.
Sources
American Academy of Dermatology Association — Finding the right treatments for genetic hair loss.
American Academy of Dermatology Association — What is male pattern hair loss, and can it be treated?
American Academy of Dermatology Association — Hair loss: Diagnosis and treatment.
American Academy of Dermatology Association — Thinning hair and hair loss: Could it be female pattern hair loss?
American Academy of Dermatology Association — A hair transplant can give you permanent, natural-looking results.
DermNet — Male pattern hair loss.
DermNet — Female pattern hair loss.
DermNet — Minoxidil.
DermNet — Finasteride.
DermNet — Diffuse alopecia.
DermNet — Low dose laser therapy for hair loss.

