FACTEURS AGGRAVANT LA CHUTE DE CHEVEUX

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Chute de cheveux : quels facteurs peuvent l’aggraver ou la déclencher ?

La chute de cheveux peut avoir de nombreuses causes.

Chez certaines personnes, elle est progressive et liée à une prédisposition génétique, comme dans l’alopécie androgénétique.

Chez d’autres, elle apparaît brutalement quelques semaines ou quelques mois après :

– un accouchement ;
– une maladie ;
– une forte fièvre ;
– une opération ;
– une perte de poids importante ;
– une période de stress ;
– un changement médicamenteux.

Il peut alors s’agir d’un effluvium télogène.

Certaines habitudes de coiffage peuvent également provoquer une alopécie de traction, tandis que la chaleur ou les traitements chimiques peuvent surtout fragiliser et casser la fibre capillaire.

Il est donc important de ne pas considérer tous les cheveux retrouvés dans la douche ou sur la brosse comme la manifestation d’une seule et même maladie.

Identifier la cause est la première étape pour savoir si le phénomène peut être corrigé, nécessite un traitement ou doit simplement être surveillé.

Qu’est-ce que l’alopécie androgénétique ?

L’alopécie androgénétique, également appelée perte de cheveux héréditaire ou pattern hair loss, est l’une des causes les plus fréquentes de diminution progressive de densité capillaire.

Elle est liée à une prédisposition génétique entraînant une miniaturisation progressive de certains follicules.

Les cheveux deviennent progressivement :

– plus fins ;
– plus courts ;
– moins pigmentés.

Le follicule produit alors des cheveux de plus en plus petits.

Chez l’homme, le rôle des androgènes est particulièrement bien établi.

La dihydrotestostérone, ou DHT, agit sur des follicules génétiquement sensibles et raccourcit progressivement leur phase de croissance.

Chez la femme, le mécanisme est plus complexe.

On parle souvent de :

female pattern hair loss

ou

alopécie féminine de type androgénétique.

Une forte composante génétique existe, mais le rôle exact des androgènes est moins clair que chez l’homme.

La majorité des femmes atteintes ne présentent pas nécessairement un excès d’androgènes dans le sang.

À quoi ressemble l’alopécie androgénétique ?

Chez l’homme, elle peut provoquer progressivement :

– recul de la ligne frontale ;
– golfes temporaux plus marqués ;
– diminution de densité au sommet du crâne ;
– tonsure.

Chez la femme, on observe plus fréquemment :

– élargissement progressif de la raie ;
– diminution de densité sur le dessus du cuir chevelu ;
– queue de cheval qui semble moins épaisse.

Une chute soudaine de grandes quantités de cheveux ne correspond donc pas nécessairement à une aggravation brutale de l’alopécie androgénétique.

Une autre cause peut se superposer.

Peut-on avoir plusieurs causes de chute simultanément ?

Oui.

C’est même une situation importante à connaître.

Une personne peut présenter une alopécie androgénétique progressive puis subir quelques mois plus tard :

– un accouchement ;
– une forte fièvre ;
– une opération ;
– une perte de poids importante.

Un effluvium télogène peut alors s’ajouter à l’alopécie préexistante.

La chute devient soudain beaucoup plus visible.

Cela peut donner l’impression que l’alopécie génétique s’est brutalement accélérée alors que deux mécanismes sont présents simultanément.

Qu’est-ce qu’un effluvium télogène ?

L’effluvium télogène est une chute diffuse excessive.

Un événement perturbateur pousse un nombre inhabituellement important de follicules à entrer dans leur phase de repos.

Les cheveux concernés ne tombent généralement pas immédiatement.

La chute devient souvent visible environ deux à trois mois après l’événement déclencheur.

Les causes possibles comprennent notamment :

– accouchement ;
– maladie importante ;
– forte fièvre ;
– opération ;
– stress majeur ;
– perte de poids importante ;
– apport calorique insuffisant ;
– carence nutritionnelle ;
– certains médicaments ;
– changements hormonaux.

Dans de nombreux cas, le follicule reste intact et de nouveaux cheveux continuent à pousser.

Alimentation et chute de cheveux

Une alimentation suffisamment variée apporte les nutriments nécessaires au fonctionnement des follicules.

Une insuffisance importante de certains nutriments peut contribuer à une chute.

L’American Academy of Dermatology cite notamment des apports insuffisants en :

– fer ;
– zinc ;
– protéines ;
– biotine.

Une restriction calorique importante peut également provoquer une chute diffuse.

Mais cela ne signifie pas qu’une personne qui perd ses cheveux doit automatiquement prendre :

– fer ;
– zinc ;
– biotine ;
– multivitamines.

La stratégie dépend de la cause.

Les compléments sont principalement utiles lorsqu’ils corrigent un déficit réel ou répondent à une indication précise.

Le manque de fer peut-il provoquer une chute ?

Une carence en fer peut être associée à une chute diffuse.

Elle doit être envisagée particulièrement selon le contexte, par exemple en présence de :

– règles abondantes ;
– alimentation très pauvre en fer ;
– grossesse ;
– pertes sanguines ;
– certaines maladies digestives.

Si le médecin suspecte un déficit, il peut demander un bilan biologique.

Une supplémentation en fer ne doit pas être prise systématiquement sans indication.

L’excès de fer peut lui aussi être nocif.

Le zinc est-il important ?

Oui.

Une carence en zinc peut être associée à une perte de cheveux.

Mais le même principe s’applique :

corriger un manque

n’est pas équivalent à

prendre davantage de zinc pour stimuler un follicule qui n’est pas déficitaire.

Une supplémentation excessive et prolongée en zinc peut notamment provoquer un déficit en cuivre.

Une alimentation trop pauvre en protéines peut-elle provoquer une chute ?

Oui.

Les follicules ont besoin d’acides aminés et d’un apport énergétique suffisant pour fonctionner normalement.

Une alimentation très restrictive ou insuffisante peut perturber le cycle capillaire.

Le risque est particulièrement important lors de :

– régime drastique ;
– perte de poids rapide ;
– dénutrition ;
– troubles du comportement alimentaire.

La chute peut apparaître plusieurs mois après la période de restriction.

Perdre du poids peut-il provoquer une chute de cheveux ?

Une perte de poids rapide ou importante peut déclencher un effluvium télogène.

Plusieurs facteurs peuvent intervenir simultanément :

– déficit calorique ;
– diminution de l’apport en protéines ;
– déficit en fer ou autres micronutriments ;
– stress physiologique lié à la perte de poids.

Cela ne signifie pas qu’il faut éviter toute perte de poids lorsqu’elle est médicalement indiquée.

L’objectif est surtout d’éviter les restrictions excessives et de maintenir une alimentation suffisamment nutritive.

Faut-il prendre des compléments alimentaires contre toute chute ?

Non.

Prendre des compléments sans connaître la cause peut être inutile et parfois contre-productif.

AAD rappelle qu’un excès de certains nutriments, notamment :

– sélénium ;
– vitamine A ;
– vitamine E

a lui-même été associé à une chute de cheveux.

La biotine peut également interférer avec certains examens biologiques.

En cas de véritable chute, il est donc préférable d’identifier la cause avant d’accumuler plusieurs compléments.

Le stress peut-il réellement faire tomber les cheveux ?

Oui.

Un stress psychologique ou physiologique important peut déclencher un effluvium télogène.

Cela peut se produire après :

– deuil ;
– séparation ;
– stress professionnel important ;
– maladie ;
– opération ;
– autre événement majeur.

Il n’est donc pas nécessaire d’avoir auparavant une alopécie androgénétique pour développer une chute liée au stress.

Une personne ayant déjà une alopécie génétique peut cependant remarquer davantage la perte, car sa densité initiale est déjà diminuée.

Pourquoi la chute n’apparaît-elle pas immédiatement après le stress ?

Le cycle capillaire explique ce décalage.

Après un événement déclencheur, un nombre important de follicules peuvent passer progressivement de leur phase de croissance vers la phase télogène.

Les cheveux sont ensuite libérés plusieurs semaines plus tard.

C’est pourquoi une personne peut commencer à perdre beaucoup de cheveux en avril après :

– une maladie en janvier ;
– une opération ;
– une forte fièvre ;
– un stress survenu plusieurs mois auparavant.

Le lien n’est pas toujours évident.

Le stress quotidien suffit-il toujours à provoquer une chute ?

Non.

Chaque période stressante ne provoque pas automatiquement un effluvium.

La réponse dépend :

– de l’intensité ;
– de la durée ;
– de la personne ;
– des autres facteurs présents.

Une chute persistante ne doit donc pas être attribuée automatiquement au stress sans rechercher d’autres causes.

Grossesse et cheveux

Pendant la grossesse, les modifications hormonales peuvent prolonger la phase de croissance de nombreux cheveux.

Certaines femmes constatent alors une chevelure qui paraît :

– plus dense ;
– plus épaisse.

Ce phénomène n’est pas universel.

D’autres peuvent rencontrer différents problèmes capillaires pendant la grossesse.

Qu’est-ce que la chute de cheveux après l’accouchement ?

Quelques mois après l’accouchement, de nombreuses femmes remarquent une chute importante.

Il s’agit généralement d’un :

effluvium télogène post-partum.

La diminution des taux d’œstrogènes après l’accouchement fait entrer davantage de follicules dans une nouvelle phase du cycle.

La chute devient ensuite visible avec retard.

Quand commence la chute post-partum ?

AAD indique qu’elle devient généralement visible quelques mois après l’accouchement.

Elle atteint souvent son maximum autour de :

quatre mois après l’accouchement.

Cela peut être impressionnant.

Une grande quantité de cheveux peut être retrouvée :

– sous la douche ;
– dans la brosse ;
– sur les vêtements.

Mais dans la majorité des cas, il s’agit d’un phénomène temporaire.

Les cheveux repoussent-ils après une chute post-partum ?

Généralement oui.

AAD indique que la plupart des femmes retrouvent leur densité habituelle au plus tard autour du premier anniversaire de leur enfant, et beaucoup plus tôt.

Il n’est pas nécessaire de prendre automatiquement un complément capillaire pour provoquer cette repousse.

Si la densité ne revient pas progressivement ou si la chute persiste au-delà de la période attendue, il peut exister une autre cause.

Une alopécie androgénétique préexistante peut par exemple devenir plus visible après l’effluvium.

Contraception et chute de cheveux

Les changements hormonaux peuvent influencer le cycle pilaire chez certaines personnes.

AAD cite notamment l’arrêt d’une pilule contraceptive parmi les événements pouvant précéder un effluvium télogène.

DermNet rapporte également des chutes médicamenteuses possibles lors de :

– prise ;
– changement ;
– arrêt

de certains contraceptifs hormonaux.

Cela ne signifie cependant pas que la contraception orale provoque systématiquement une alopécie.

Faut-il changer de contraceptif lorsque les cheveux tombent ?

Pas automatiquement.

Une chute peut commencer pendant une contraception tout en ayant une cause complètement différente.

Par exemple :

– carence en fer ;
– alopécie androgénétique ;
– problème thyroïdien ;
– effluvium après maladie ;
– stress ;
– perte de poids.

Il ne faut donc pas arrêter ou modifier une contraception uniquement sur la base d’une suspicion.

Parlez-en au médecin ou au gynécologue.

Le contexte hormonal et les autres causes possibles pourront être évalués.

Certains contraceptifs peuvent-ils influencer l’alopécie androgénétique ?

Potentiellement, oui.

Les contraceptifs n’ont pas tous exactement le même profil hormonal.

Mais choisir une contraception nécessite de tenir compte de nombreux facteurs médicaux, notamment :

– risque thromboembolique ;
– âge ;
– tabagisme ;
– migraines ;
– antécédents ;
– autres traitements.

On ne choisit donc pas une pilule uniquement en fonction des cheveux.

Chez une femme présentant une chute accompagnée de :

– règles irrégulières ;
– acné importante ;
– pilosité excessive

le médecin peut rechercher notamment un syndrome des ovaires polykystiques ou une autre cause d’hyperandrogénie.

Ménopause et perte de densité

La diminution de densité capillaire devient plus fréquente avec l’âge et de nombreuses femmes remarquent un amincissement autour de la ménopause.

La female pattern hair loss est notamment plus fréquente à partir de la quarantaine, de la cinquantaine et de la soixantaine.

Les modifications hormonales de la ménopause peuvent participer à ce changement.

Mais il est trop simpliste de dire :

« les œstrogènes neutralisent les androgènes, puis leur chute de 80 % déclenche l’alopécie ».

La physiologie est beaucoup plus complexe.

La majorité des femmes atteintes de female pattern hair loss ont des taux d’androgènes sanguins normaux.

Quel est exactement le rôle des œstrogènes ?

Il n’est pas complètement élucidé.

DermNet souligne que le rôle des œstrogènes dans la female pattern hair loss reste incertain.

L’augmentation de la fréquence après la ménopause suggère qu’ils pourraient influencer le cycle pilaire.

Mais cela ne permet pas de considérer les œstrogènes comme un simple « antidote aux hormones mâles ».

La génétique, l’âge et d’autres mécanismes interviennent également.

Une chute à la ménopause doit-elle être considérée comme normale ?

Pas systématiquement.

Il est fréquent de constater une diminution progressive de densité avec l’âge.

Mais une chute importante peut également être liée à :

– déficit en fer ;
– maladie thyroïdienne ;
– médicament ;
– alopécie cicatricielle ;
– effluvium télogène ;
– female pattern hair loss.

Un diagnostic est particulièrement utile lorsque :

– la raie s’élargit ;
– la densité baisse progressivement ;
– la ligne frontale recule ;
– le cuir chevelu devient douloureux ou inflammatoire.

La chute saisonnière existe-t-elle ?

Une variation saisonnière du cycle pilaire humain a été observée dans certaines études.

Une étude portant sur 823 femmes a par exemple observé une variation annuelle des cheveux en phase télogène.

Le maximum était observé pendant l’été, avec un deuxième pic moins important au printemps.

Cela suggère qu’une saisonnalité du cycle capillaire peut exister.

Mais il faut rester prudent.

Peut-on dire que les cheveux tombent systématiquement au printemps et en automne ?

Non.

La règle :

« chute au printemps et à l’automne pendant 4 à 6 semaines »

est trop précise pour être présentée comme un phénomène universel.

Les études ne montrent pas que tout le monde présente la même chute :

– aux mêmes mois ;
– avec la même intensité ;
– pendant exactement la même durée.

Une augmentation saisonnière modérée peut être physiologique chez certaines personnes.

Mais une chute importante ou prolongée ne doit pas être automatiquement attribuée à la saison.

Comment distinguer chute saisonnière et vraie alopécie ?

Il faut observer notamment :

– durée ;
– quantité ;
– évolution de la densité ;
– présence de zones dégarnies ;
– élargissement de la raie ;
– recul de la ligne frontale.

Si la chute s’accompagne d’une diminution progressive de densité, une alopécie androgénétique peut être présente.

Si elle persiste plusieurs mois, d’autres causes d’effluvium doivent également être recherchées.

Cholestérol et alopécie androgénétique

Plusieurs recherches ont retrouvé une association entre alopécie androgénétique et certains facteurs cardiométaboliques.

Une méta-analyse portant sur 19 études et 2 531 participants a notamment observé une fréquence plus élevée de syndrome métabolique chez les personnes atteintes d’alopécie androgénétique.

Les participants atteints présentaient en moyenne un profil moins favorable pour plusieurs paramètres, notamment :

– lipides sanguins ;
– glycémie ;
– pression artérielle ;
– indice de masse corporelle ;
– tour de taille.

Le cholestérol provoque-t-il l’alopécie ?

Cette association ne prouve pas que :

« le mauvais cholestérol fait tomber les cheveux ».

Elle ne prouve pas non plus qu’une alopécie provoque directement une hypercholestérolémie.

Les deux phénomènes peuvent partager certains facteurs :

– génétiques ;
– hormonaux ;
– métaboliques ;
– inflammatoires ;
– liés au mode de vie.

Il serait donc incorrect de présenter le cholestérol comme un facteur aggravant démontré au même niveau qu’une coiffure provoquant une traction.

Faut-il surveiller sa santé cardiovasculaire ?

Oui, indépendamment des cheveux.

Une personne présentant :

– hypertension ;
– diabète ;
– dyslipidémie ;
– obésité ;
– tabagisme

doit prendre en charge ces facteurs pour sa santé générale.

Chez certaines personnes présentant une alopécie androgénétique précoce ou importante, le médecin peut également tenir compte du contexte métabolique global.

Mais traiter le cholestérol n’est pas un traitement direct démontré de l’alopécie androgénétique.

Certains médicaments peuvent-ils provoquer une chute ?

Oui.

De nombreux médicaments ont été associés à une chute capillaire chez certaines personnes.

Deux grands mécanismes sont possibles :

effluvium anagène

et

effluvium télogène.

Qu’est-ce qu’un effluvium anagène ?

Il touche les cheveux en phase active de croissance.

La chimiothérapie constitue l’exemple classique.

La chute peut être :

– rapide ;
– importante ;
– parfois étendue aux sourcils, cils et autres poils.

La repousse dépend du traitement et de la situation.

Qu’est-ce qu’un effluvium télogène médicamenteux ?

Certains médicaments peuvent pousser davantage de cheveux vers la phase télogène.

La chute apparaît alors généralement avec un délai.

DermNet cite parmi les médicaments potentiellement impliqués certains :

– anticoagulants ;
– antihypertenseurs, dont certains bêtabloquants ;
– traitements hormonaux ;
– anticonvulsivants ;
– stabilisateurs de l’humeur ;
– antidépresseurs ;
– rétinoïdes ;
– médicaments thyroïdiens ou antithyroïdiens ;
– autres médicaments selon la situation.

Toutes les personnes prenant l’un de ces médicaments ne perdent évidemment pas leurs cheveux.

Faut-il arrêter un médicament qui semble faire tomber les cheveux ?

Non, jamais sans avis médical.

Une interruption brutale peut être dangereuse selon le médicament.

Si la chronologie semble compatible avec un traitement récent :

– notez la date de début ;
– notez le moment où la chute a commencé ;
– parlez-en au médecin.

Il pourra déterminer si le médicament est réellement suspect et s’il existe une alternative.

Coiffures serrées et chute de cheveux

Les coiffures qui exercent régulièrement une forte tension sur les follicules peuvent provoquer une :

alopécie de traction.

Parmi les coiffures concernées lorsqu’elles sont trop serrées figurent notamment :

– queues de cheval ;
– chignons ;
– tresses ;
– cornrows ;
– extensions ;
– weaves ;
– certaines coiffures avec locs.

La douleur pendant la coiffure constitue un signal important.

Une coiffure ne devrait pas faire mal.

L’alopécie de traction est-elle réversible ?

Au début, elle peut être réversible si la traction est supprimée suffisamment tôt.

Mais si elle se poursuit pendant longtemps, les follicules peuvent être endommagés définitivement.

Une zone peut alors devenir :

– lisse ;
– brillante ;
– dépourvue de follicules visibles.

À ce stade, la repousse peut devenir impossible.

C’est pourquoi la prévention et le diagnostic précoce sont importants.

Comment limiter l’alopécie de traction ?

Quelques mesures utiles :

– desserrer les coiffures ;
– varier régulièrement les styles ;
– éviter une tension continue sur la ligne frontale ;
– éviter les extensions excessivement lourdes ;
– retirer une coiffure si elle provoque douleur ou irritation.

AAD recommande notamment d’éviter de porter continuellement des coiffures qui tirent sur les cheveux.

Colorations et décolorations provoquent-elles une alopécie ?

Elles provoquent surtout des dommages à la fibre.

Décolorations, permanentes, défrisages et autres traitements chimiques peuvent rendre le cheveu :

– sec ;
– cassant ;
– poreux ;
– fragile.

Le cheveu peut alors se rompre.

Cela peut donner visuellement l’impression d’une perte de densité.

Mais la casse de la fibre n’est pas la même chose qu’une alopécie androgénétique.

Une brûlure chimique importante du cuir chevelu constitue une situation différente et peut endommager le follicule.

Le sèche-cheveux provoque-t-il la chute ?

Un sèche-cheveux utilisé normalement ne provoque pas une alopécie androgénétique.

Une chaleur excessive et répétée peut cependant détériorer la fibre et augmenter la casse.

AAD recommande notamment d’utiliser le réglage de chaleur le plus faible possible avec le sèche-cheveux.

Il est également préférable de limiter :

– fers à lisser très chauds ;
– fers à boucler ;
– passages répétés au même endroit.

Chaleur et casse ne sont donc pas synonymes de chute depuis le follicule.

Pourquoi cette distinction est-elle importante ?

Imaginez un cheveu cassé à 10 cm du cuir chevelu.

Le follicule continue à fabriquer son cheveu normalement.

À l’inverse, dans une alopécie androgénétique, le problème se situe au niveau du follicule qui produit progressivement une fibre plus fine.

Les traitements sont donc totalement différents.

Un masque ou un après-shampoing peut améliorer la casse.

Il ne peut pas inverser à lui seul une miniaturisation génétique du follicule.

Le tabac peut-il influencer la chute ?

Le tabagisme est associé à différents effets :

– vasculaires ;
– inflammatoires ;
– oxydatifs.

Des associations ont été observées entre tabagisme et certaines formes de perte de cheveux.

AAD recommande l’arrêt du tabac chez les personnes confrontées à une chute, notamment parce que le tabagisme favorise une inflammation systémique et est nocif pour la santé générale.

Cela ne signifie pas qu’arrêter de fumer provoquera automatiquement une repousse.

L’arrêt reste néanmoins fortement bénéfique pour la santé globale.

Pollution, soleil et climat provoquent-ils l’alopécie ?

Ces facteurs peuvent influencer :

– cuir chevelu ;
– qualité de la fibre ;
– sécheresse ;
– fragilité.

Les UV peuvent notamment altérer progressivement la fibre capillaire.

Mais il faut éviter de présenter :

– pollution ;
– eau calcaire ;
– soleil ;
– froid

comme des causes majeures démontrées d’alopécie androgénétique.

Ils concernent davantage l’état cosmétique de la fibre ou certains problèmes du cuir chevelu.

Comment savoir si l’on perd trop de cheveux ?

AAD indique qu’il est normal de perdre environ :

50 à 100 cheveux par jour.

Il n’est cependant pas très pratique de compter chaque cheveu.

Observez plutôt les changements par rapport à votre situation habituelle.

Les signes importants comprennent :

– beaucoup plus de cheveux sous la douche ;
– poignée de cheveux inhabituelle ;
– diminution visible de densité ;
– raie qui s’élargit ;
– queue de cheval plus fine ;
– ligne frontale qui recule ;
– plaque entièrement dégarnie.

Chute ou casse : comment les différencier ?

Un cheveu tombé depuis le follicule possède généralement toute sa longueur.

Dans un effluvium télogène, on peut parfois observer à son extrémité une petite structure en forme de massue correspondant au cheveu télogène.

La casse produit davantage :

– cheveux de longueurs différentes ;
– petites mèches cassées ;
– pointes très abîmées ;
– aspect irrégulier.

Un dermatologue peut examiner la fibre et le cuir chevelu lorsque la distinction n’est pas claire.

Quand faut-il consulter rapidement ?

Une consultation dermatologique est particulièrement recommandée en cas de :

– chute brutale importante ;
– plaques totalement dégarnies ;
– recul rapide de la ligne frontale ;
– diminution progressive de densité ;
– cuir chevelu douloureux ;
– brûlures ;
– démangeaisons importantes ;
– rougeurs ;
– pustules ;
– croûtes ;
– zones brillantes sans follicules visibles.

Une chute accompagnée de :

– fatigue importante ;
– perte de poids inexpliquée ;
– troubles menstruels ;
– pilosité excessive ;
– autres symptômes généraux

mérite également une évaluation médicale.

Pourquoi consulter tôt en cas d’alopécie androgénétique ?

L’alopécie androgénétique est progressive.

Au fil du temps, les follicules concernés se miniaturisent.

Les traitements ont généralement davantage de chances de préserver la densité lorsqu’ils sont commencés tôt.

Il ne faut donc pas attendre qu’une grande partie du cuir chevelu soit visible avant de demander un diagnostic.

Quels examens peuvent être nécessaires ?

Le dermatologue commence généralement par :

– examiner le cuir chevelu ;
– observer le type de chute ;
– étudier les antécédents ;
– rechercher les événements survenus quelques mois auparavant ;
– vérifier les médicaments.

Une trichoscopie peut aider à examiner les follicules et la diversité de diamètre des cheveux.

Selon le contexte, des analyses sanguines peuvent être demandées pour rechercher notamment :

– carence en fer ;
– problème thyroïdien ;
– déficit nutritionnel ;
– anomalie hormonale lorsqu’elle est suspectée.

Tous les patients n’ont pas besoin du même bilan.

Que faire lorsqu’un facteur aggravant est identifié ?

La prise en charge dépend du facteur.

Carence nutritionnelle

Corriger la carence avec une alimentation et, lorsque nécessaire, une supplémentation adaptée.

Effluvium après maladie ou accouchement

Surveiller l’évolution et rechercher d’autres causes si la récupération ne se produit pas comme attendu.

Médicament

En discuter avec le prescripteur sans l’arrêter soi-même.

Traction

Réduire immédiatement la tension sur les follicules.

Chaleur ou traitements chimiques

Réduire les agressions et protéger davantage la fibre.

Alopécie androgénétique

Mettre en place un traitement spécifique si indiqué.

Supprimer les facteurs aggravants ne traite pas nécessairement l’alopécie génétique elle-même.

Chute de cheveux : ce qu’il faut retenir

Une augmentation de la chute ne correspond pas toujours à une aggravation de l’alopécie androgénétique.

Plusieurs phénomènes peuvent se superposer.

L’alopécie androgénétique provoque généralement une diminution progressive de densité liée à la miniaturisation des follicules.

Un effluvium télogène provoque davantage une chute diffuse, souvent quelques mois après un événement comme :

– accouchement ;
– stress majeur ;
– maladie ;
– opération ;
– perte de poids ;
– déficit nutritionnel ;
– changement médicamenteux.

Une alimentation insuffisante en fer, zinc, protéines ou certains autres nutriments peut contribuer à une chute, mais les compléments ne doivent pas être pris systématiquement sans rechercher un déficit.

Le stress peut provoquer un effluvium télogène même chez une personne qui ne présentait pas auparavant d’alopécie androgénétique.

La chute post-partum est généralement temporaire et atteint souvent un maximum environ quatre mois après l’accouchement.

Les modifications hormonales, y compris l’arrêt de certains contraceptifs, peuvent influencer le cycle pilaire chez certaines personnes.

À la ménopause, la diminution progressive de densité devient plus fréquente, mais il est incorrect de réduire le phénomène à une simple perte de « protection » des œstrogènes contre les androgènes.

Une saisonnalité du cycle capillaire a été observée dans certaines études, mais il n’existe pas de règle universelle imposant une chute au printemps et à l’automne pendant exactement quatre à six semaines.

L’alopécie androgénétique est associée dans plusieurs études à certains facteurs métaboliques, mais une association avec un cholestérol élevé ne démontre pas que le cholestérol provoque directement la chute.

De nombreux médicaments peuvent être associés à une chute. Aucun traitement important ne doit être arrêté sans l’avis du prescripteur.

Les coiffures serrées peuvent provoquer une véritable alopécie de traction et devenir irréversibles si la tension persiste trop longtemps.

Les colorations, décolorations et appareils chauffants provoquent davantage une fragilisation et une casse de la fibre qu’une alopécie androgénétique.

Enfin, la meilleure stratégie n’est pas de chercher un « facteur aggravant » au hasard, mais d’identifier précisément le type de chute.

Une alopécie progressive, importante, localisée ou accompagnée d’une inflammation du cuir chevelu doit être évaluée par un dermatologue.

Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre informatif et ne remplacent pas le diagnostic ou les recommandations d’un dermatologue.

Sources

American Academy of Dermatology Association — Hair loss: Who gets and causes.

American Academy of Dermatology Association — Do you have hair loss or hair shedding?

American Academy of Dermatology Association — Hair loss in new moms: Dermatologist tips.

American Academy of Dermatology Association — Thinning hair and hair loss: Could it be female pattern hair loss?

American Academy of Dermatology Association — Hairstyles that pull can lead to hair loss.

American Academy of Dermatology Association — Hair styling without damage.

American Academy of Dermatology Association — Hair loss: Diagnosis and treatment.

DermNet — Male pattern hair loss.

DermNet — Female pattern hair loss.

DermNet — Telogen effluvium.

DermNet — Diffuse alopecia.

DermNet — Alopecia from drugs.

PubMed — Seasonality of hair shedding in healthy women complaining of hair loss.

PubMed — Systematic Review and Meta-analysis of the Association Between Metabolic Syndrome and Androgenetic Alopecia.

PubMed — Androgenetic Alopecia: A Review.

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