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Les 4 Points Importants De L’alimentation D’une Femme Enceinte
Alimentation pendant la grossesse : que manger, que limiter et quels aliments éviter ?
Pendant la grossesse, une alimentation variée et équilibrée contribue à couvrir les besoins nutritionnels de la mère et à soutenir la croissance et le développement du bébé.
Il n’est toutefois pas nécessaire de « manger pour deux ».
Les besoins en énergie augmentent progressivement, surtout à partir du deuxième trimestre, tandis que certains nutriments comme l’acide folique, le fer, l’iode et la choline deviennent particulièrement importants.
La grossesse nécessite également davantage de vigilance concernant la sécurité alimentaire, car certaines infections ou certains contaminants présents dans les aliments peuvent avoir des conséquences plus importantes pendant cette période.
Que faut-il manger ? Faut-il augmenter les protéines ? Combien de poids est-il normal de prendre ? Quels poissons choisir ? Et quels aliments faut-il éviter ?
Les besoins alimentaires augmentent-ils pendant la grossesse ?
Oui, mais beaucoup moins qu’on ne l’imagine parfois.
Pendant le premier trimestre, une femme enceinte d’un seul bébé n’a généralement pas besoin d’apporter des centaines de calories supplémentaires chaque jour.
Les recommandations utilisées notamment par le CDC et l’American College of Obstetricians and Gynecologists indiquent en moyenne :
– premier trimestre : pas d’apport calorique supplémentaire systématique ;
– deuxième trimestre : environ 340 kcal supplémentaires par jour ;
– troisième trimestre : environ 450 kcal supplémentaires par jour.
Ces chiffres constituent des estimations générales.
Les besoins réels varient selon :
– le poids avant la grossesse ;
– la taille ;
– l’activité physique ;
– l’âge ;
– la grossesse multiple ;
– et certaines situations médicales.
L’objectif n’est donc pas simplement de manger davantage, mais surtout d’améliorer la qualité nutritionnelle de l’alimentation.
Faut-il manger pour deux ?
Non.
Cette expression peut conduire à consommer beaucoup plus d’énergie que nécessaire.
Pendant la grossesse, il est plus juste de rechercher une alimentation plus nutritive que simplement plus abondante.
Les repas peuvent être construits autour de :
– légumes ;
– fruits ;
– céréales complètes et féculents ;
– légumineuses ;
– œufs ;
– poissons adaptés ;
– viandes correctement cuites ;
– produits laitiers pasteurisés ;
– noix et graines sous une forme adaptée ;
– huiles végétales et autres sources de graisses insaturées.
Les besoins peuvent être couverts avec une alimentation variée associée, lorsqu’il est recommandé, à un complément prénatal adapté.
Combien de kilos faut-il prendre pendant la grossesse ?
Il n’existe pas une prise de poids idéale identique pour toutes les femmes.
Pour une grossesse avec un seul bébé, les recommandations dépendent notamment de l’indice de masse corporelle avant la grossesse.
Selon les recommandations reprises par le CDC :
IMC inférieur à 18,5 avant la grossesse
Prise de poids totale approximative recommandée :
12,7 à 18,1 kg.
IMC compris entre 18,5 et 24,9
Prise de poids totale approximative recommandée :
11,3 à 15,9 kg.
IMC compris entre 25 et 29,9
Prise de poids totale approximative recommandée :
6,8 à 11,3 kg.
IMC égal ou supérieur à 30
Prise de poids totale approximative recommandée :
5 à 9,1 kg.
Ces repères concernent principalement les grossesses avec un seul bébé.
Les recommandations sont différentes en cas de grossesse gémellaire.
La prise de poids doit également être interprétée avec le professionnel qui suit la grossesse plutôt qu’à partir d’un chiffre isolé.
Pourquoi prend-on du poids pendant la grossesse ?
La prise de poids ne correspond pas uniquement à une accumulation de graisse.
Elle comprend notamment :
– le poids du bébé ;
– le placenta ;
– le liquide amniotique ;
– l’augmentation du volume de l’utérus ;
– l’augmentation du volume des seins ;
– l’augmentation du volume sanguin et des liquides ;
– certaines réserves énergétiques maternelles.
Une augmentation progressive du poids est donc physiologique.
Il ne faut cependant ni chercher à prendre volontairement beaucoup de poids ni entreprendre seul un régime amaigrissant pendant la grossesse.
Une prise de poids insuffisante ou excessive mérite d’être discutée avec le médecin ou la sage-femme.
Peut-on faire un régime pour perdre du poids enceinte ?
Une grossesse n’est généralement pas le moment de commencer seule un régime amaigrissant restrictif.
Une restriction calorique importante peut compromettre les apports en nutriments nécessaires à la mère et au développement du bébé.
Chez une personne présentant un surpoids, une obésité, un diabète gestationnel ou une autre situation particulière, le professionnel de santé peut en revanche proposer un suivi alimentaire personnalisé.
L’objectif peut alors être de maîtriser la prise de poids tout en maintenant des apports nutritionnels suffisants.
Faut-il manger davantage de protéines ?
Les besoins en protéines augmentent pendant la grossesse.
Les protéines fournissent des acides aminés nécessaires notamment au développement :
– des tissus du bébé ;
– du placenta ;
– de l’utérus ;
– des muscles ;
– et de nombreux autres tissus maternels et fœtaux.
Il n’est cependant pas nécessaire de suivre un régime hyperprotéiné.
Une alimentation variée permet généralement d’obtenir suffisamment de protéines.
Les principales sources comprennent :
– œufs bien cuits ;
– poissons correctement cuits ;
– viande et volaille bien cuites ;
– lait et produits laitiers pasteurisés ;
– lentilles ;
– pois chiches ;
– haricots ;
– soja et tofu ;
– noix et graines.
Associer différentes sources animales et végétales permet de varier les nutriments apportés.
Faut-il réduire les glucides pendant la grossesse ?
Pas systématiquement.
Les glucides constituent une source importante d’énergie.
Il n’est généralement pas recommandé de supprimer :
– pain ;
– riz ;
– pâtes ;
– semoule ;
– pommes de terre ;
– céréales ;
– fruits ;
– légumineuses.
Il est préférable de favoriser régulièrement les sources riches en fibres comme :
– pain complet ;
– avoine ;
– riz complet ;
– légumineuses ;
– légumes ;
– fruits entiers.
Les boissons sucrées, pâtisseries, confiseries et autres aliments riches en sucres ajoutés peuvent en revanche être consommés moins fréquemment.
Les glucides provoquent-ils le diabète gestationnel ?
Il est trop simpliste d’affirmer qu’une consommation de glucides provoque à elle seule un diabète gestationnel.
Pendant la grossesse, les modifications hormonales augmentent naturellement la résistance à l’insuline.
Chez certaines femmes, le pancréas ne parvient pas à produire suffisamment d’insuline pour maintenir une glycémie normale.
Plusieurs facteurs peuvent influencer le risque de diabète gestationnel.
L’alimentation fait partie de la prise en charge, mais le développement de cette maladie ne signifie pas nécessairement que la femme a consommé trop de pain, de pâtes ou de sucre.
Lorsqu’un diabète gestationnel est diagnostiqué, un programme alimentaire personnalisé peut être proposé par l’équipe médicale.
Quelles graisses privilégier ?
Les graisses sont nécessaires à l’organisme.
Elles ne doivent pas être supprimées pendant la grossesse.
Elles participent notamment :
– à l’apport énergétique ;
– aux membranes cellulaires ;
– à l’absorption des vitamines A, D, E et K ;
– au développement du système nerveux.
Il est généralement préférable de privilégier les graisses insaturées présentes notamment dans :
– huile d’olive ;
– huiles végétales adaptées ;
– noix ;
– amandes ;
– graines ;
– avocat ;
– poissons gras pauvres en mercure.
Les graisses saturées présentes en grandes quantités dans certains aliments très gras ou ultratransformés peuvent être limitées dans le cadre d’une alimentation équilibrée.
Les oméga-3 sont-ils importants pendant la grossesse ?
Oui.
Certains acides gras oméga-3, notamment le DHA, jouent un rôle dans le développement du cerveau et de la rétine du fœtus.
Les poissons constituent une source importante d’oméga-3 ainsi que d’autres nutriments comme :
– protéines ;
– vitamine D ;
– iode ;
– sélénium ;
– choline.
Il n’est donc pas recommandé d’éliminer tous les poissons pendant la grossesse par crainte du mercure.
Il faut plutôt choisir les espèces appropriées.
Combien de poisson manger pendant la grossesse ?
Les recommandations peuvent légèrement varier selon les pays.
La FDA et l’EPA recommandent aux femmes enceintes de consommer environ 2 à 3 portions par semaine de poissons appartenant aux catégories les plus pauvres en mercure.
Cela représente environ 225 à 340 g par semaine.
Les recommandations françaises proposent également généralement deux portions de poisson par semaine, dont un poisson gras, tout en variant les espèces.
Parmi les poissons généralement intéressants figurent notamment :
– sardine ;
– saumon bien cuit ;
– maquereau adapté ;
– hareng ;
– truite ;
– merlu ;
– cabillaud ;
– merlan.
Il est préférable de varier les espèces plutôt que de consommer toujours le même poisson.
Quels poissons faut-il éviter en raison du mercure ?
Les grands poissons prédateurs peuvent accumuler davantage de méthylmercure.
Selon les recommandations sanitaires, certaines espèces sont à éviter pendant la grossesse, notamment :
– requin ;
– espadon ;
– marlin.
D’autres grands poissons prédateurs doivent être limités selon les recommandations sanitaires locales.
Le thon mérite également une attention particulière car sa teneur en mercure varie selon l’espèce.
La consommation ne doit donc pas être illimitée.
Les recommandations peuvent différer selon le type de thon et le pays.
En cas de consommation fréquente, il est préférable de consulter les recommandations sanitaires locales.
Peut-on manger du poisson cru pendant la grossesse ?
Il est plus sûr d’éviter les poissons crus ou insuffisamment cuits pendant la grossesse.
Cela concerne notamment :
– sushi contenant du poisson cru ;
– sashimi ;
– ceviche insuffisamment sécurisé ;
– certains coquillages crus.
La cuisson réduit le risque lié à plusieurs parasites et micro-organismes.
Les poissons fumés réfrigérés peuvent également poser un problème de Listeria selon les conditions de fabrication et doivent être consommés conformément aux recommandations sanitaires applicables.
Pourquoi l’acide folique est-il si important ?
L’acide folique, ou vitamine B9, joue un rôle essentiel dans la division cellulaire et le développement précoce du système nerveux du bébé.
Un apport suffisant avant la conception et pendant les premières semaines réduit le risque de certaines anomalies du tube neural.
Les besoins nutritionnels pendant la grossesse sont d’environ 600 microgrammes d’équivalents folates alimentaires par jour.
L’ACOG recommande également qu’un complément prénatal apporte au moins 400 microgrammes d’acide folique.
L’idéal est de commencer la supplémentation avant la conception lorsque la grossesse est planifiée.
Certaines femmes présentent des situations nécessitant une dose plus importante.
Ces doses élevées ne doivent pas être prises sans recommandation médicale.
Où trouver les folates dans l’alimentation ?
Les folates sont notamment présents dans :
– légumes verts à feuilles ;
– légumineuses ;
– brocoli ;
– agrumes ;
– avocat ;
– certains aliments enrichis.
Même avec une alimentation riche en folates, une supplémentation en acide folique est généralement recommandée autour de la conception et au début de la grossesse.
Pourquoi les besoins en fer augmentent-ils ?
Le volume sanguin maternel augmente pendant la grossesse.
Le fer est nécessaire à la production d’hémoglobine, la protéine qui transporte l’oxygène dans les globules rouges.
Les besoins recommandés pendant la grossesse sont d’environ 27 mg par jour.
Les sources alimentaires comprennent notamment :
– viande bien cuite ;
– légumineuses ;
– lentilles ;
– haricots ;
– céréales enrichies ;
– certains légumes verts.
Associer les sources végétales de fer avec un aliment riche en vitamine C peut améliorer l’absorption du fer non héminique.
Faut-il prendre automatiquement du fer en complément ?
Cela dépend de la situation et des recommandations du professionnel qui suit la grossesse.
Une carence en fer ou une anémie peut nécessiter une supplémentation spécifique.
Mais une dose thérapeutique de fer ne doit pas être ajoutée arbitrairement à plusieurs compléments différents.
Le suivi prénatal permet notamment de détecter une éventuelle anémie et d’adapter la supplémentation.
Pourquoi l’iode est-il important ?
L’iode participe à la fabrication des hormones thyroïdiennes et joue un rôle important dans le développement cérébral du bébé.
Les besoins pendant la grossesse sont d’environ 220 microgrammes par jour.
Les sources peuvent comprendre :
– sel iodé utilisé en quantité raisonnable ;
– poissons et fruits de mer adaptés ;
– produits laitiers ;
– œufs.
Les quantités d’iode contenues dans les aliments varient.
Une supplémentation éventuelle doit tenir compte notamment de la fonction thyroïdienne et du complément prénatal déjà utilisé.
La choline : un nutriment parfois oublié
La choline participe notamment au développement du cerveau et de la moelle épinière.
Les besoins pendant la grossesse sont d’environ 450 mg par jour.
On la retrouve notamment dans :
– œufs ;
– viande ;
– poisson ;
– lait ;
– soja ;
– certaines légumineuses.
Tous les compléments prénataux ne contiennent pas forcément une quantité importante de choline.
Une alimentation variée reste donc utile pour couvrir les besoins.
Combien de calcium faut-il pendant la grossesse ?
Les besoins en calcium sont d’environ :
– 1 000 mg par jour chez les adultes de 19 à 50 ans ;
– 1 300 mg par jour chez les adolescentes enceintes.
Le calcium participe notamment au développement des os et des dents du bébé.
Les principales sources comprennent :
– lait pasteurisé ;
– yaourt ;
– fromage adapté ;
– sardines avec arêtes comestibles ;
– certains légumes verts ;
– aliments enrichis en calcium.
Une personne qui ne consomme pas de produits laitiers doit veiller à disposer d’alternatives apportant suffisamment de calcium.
Vitamine D et grossesse
La vitamine D participe notamment à l’équilibre du calcium et à la santé osseuse.
Les besoins nutritionnels de référence pendant la grossesse sont d’environ 15 microgrammes, soit 600 UI par jour.
Le statut en vitamine D dépend également de nombreux facteurs :
– alimentation ;
– exposition solaire ;
– couleur de peau ;
– vêtements ;
– saison ;
– lieu de vie.
Un professionnel de santé peut recommander une supplémentation adaptée selon la situation.
Vitamine B12 et alimentation végétarienne ou végétalienne
La vitamine B12 est indispensable au fonctionnement neurologique et à la formation des globules rouges.
Elle est principalement présente naturellement dans les aliments d’origine animale.
Une femme végétalienne doit donc bénéficier d’une source fiable de vitamine B12 par supplémentation ou aliments correctement enrichis.
Les régimes végétariens ou végétaliens peuvent être compatibles avec une grossesse lorsqu’ils sont correctement planifiés.
Une attention particulière doit cependant être portée notamment à :
– vitamine B12 ;
– fer ;
– iode ;
– calcium ;
– vitamine D ;
– choline ;
– protéines ;
– oméga-3.
Un suivi nutritionnel peut être utile.
Faut-il prendre un complément multivitaminé prénatal ?
Un complément prénatal est fréquemment recommandé afin de sécuriser certains apports, en particulier l’acide folique.
Mais les compléments ne doivent pas remplacer une alimentation variée.
Il faut également éviter de cumuler plusieurs compléments contenant les mêmes vitamines et minéraux sans vérifier les doses.
Une quantité excessive de certains micronutriments peut être indésirable.
Le médecin, la sage-femme ou le pharmacien peut aider à choisir une formule appropriée.
Attention à la vitamine A sous forme de rétinol
La vitamine A est nécessaire à l’organisme, mais des doses excessives de vitamine A préformée sous forme de rétinol peuvent être nocives pendant la grossesse.
Il est donc recommandé d’éviter :
– les compléments contenant de fortes doses de rétinol ;
– les huiles de foie de poisson comme source de supplémentation ;
– la consommation importante de foie et produits à base de foie.
Il ne faut pas pour autant supprimer les légumes contenant du bêta-carotène comme les carottes ou les patates douces.
Le bêta-carotène alimentaire n’a pas le même risque que l’excès de rétinol préformé.
Peut-on boire du café pendant la grossesse ?
Une consommation limitée de caféine est généralement admise.
L’American College of Obstetricians and Gynecologists recommande de rester sous environ 200 mg de caféine par jour.
La caféine ne provient pas uniquement du café.
Elle se trouve également dans :
– thé ;
– boissons énergisantes ;
– certains sodas ;
– chocolat ;
– certains médicaments.
La quantité présente dans une tasse de café peut varier fortement selon :
– la taille ;
– la variété ;
– la méthode de préparation.
Il est donc préférable de compter l’ensemble des sources de la journée.
Les boissons énergisantes sont-elles recommandées ?
Il est préférable de les éviter pendant la grossesse.
Elles peuvent apporter une quantité importante de caféine et contenir d’autres substances stimulantes dont l’intérêt pendant la grossesse est limité.
L’eau reste la boisson de référence pour l’hydratation.
Peut-on boire de l’alcool enceinte ?
La recommandation est claire : pas d’alcool pendant la grossesse.
Aucune quantité d’alcool n’est actuellement reconnue comme sûre pendant la grossesse.
Il n’existe pas non plus de période considérée comme sûre.
Cela concerne :
– vin ;
– bière ;
– spiritueux ;
– cocktails ;
– autres boissons contenant de l’alcool.
L’alcool traverse le placenta et peut affecter le développement du fœtus.
Si une femme a consommé de l’alcool avant de savoir qu’elle était enceinte, l’objectif n’est pas de culpabiliser.
Elle doit arrêter dès qu’elle apprend sa grossesse et peut en parler au professionnel qui assure son suivi prénatal.
Quels produits laitiers sont sûrs pendant la grossesse ?
Il est préférable de choisir des produits fabriqués avec du lait pasteurisé.
Le lait cru et certains produits à base de lait cru peuvent présenter un risque de contamination par Listeria ou d’autres micro-organismes.
Il faut donc vérifier l’étiquette des :
– laits ;
– fromages ;
– yaourts ;
– autres produits laitiers.
Les règles exactes concernant certains fromages dépendent également de leur type, de leur fabrication et de leur cuisson.
Pourquoi la listériose est-elle particulièrement surveillée ?
Listeria monocytogenes est une bactérie pouvant provoquer une infection appelée listériose.
L’infection est rare mais peut avoir des conséquences graves pendant la grossesse.
Elle peut notamment être associée à :
– fausse couche ;
– prématurité ;
– infection du nouveau-né ;
– complications fœtales.
C’est pourquoi les femmes enceintes doivent être particulièrement vigilantes avec certains aliments à risque.
Quels aliments présentent un risque de Listeria ?
Selon les autorités sanitaires, une vigilance particulière concerne notamment :
– lait non pasteurisé ;
– certains fromages au lait cru ;
– pâtés et produits réfrigérés à base de viande ;
– charcuteries consommées froides selon les recommandations locales ;
– poissons fumés réfrigérés ;
– aliments prêts à consommer conservés longtemps ;
– graines germées crues.
Les recommandations concernant certains produits peuvent varier d’un pays à l’autre.
La cuisson suffisante de plusieurs aliments à risque permet de diminuer fortement le risque microbiologique.
Comment prévenir la toxoplasmose ?
La toxoplasmose est due au parasite Toxoplasma gondii.
Une infection contractée pour la première fois pendant la grossesse peut être transmise au fœtus.
Pour les femmes non immunisées, plusieurs précautions sont importantes :
– bien cuire la viande ;
– laver soigneusement les fruits et légumes consommés crus ;
– laver les herbes aromatiques ;
– se laver les mains après manipulation de viande crue ou de terre ;
– nettoyer correctement les ustensiles ayant touché la viande crue ;
– porter des gants pour jardiner ;
– éviter de manipuler sans protection une litière de chat.
Le suivi de grossesse permet de déterminer les mesures nécessaires selon le statut sérologique de la mère.
La viande doit-elle être bien cuite ?
Oui, particulièrement chez une femme non immunisée contre la toxoplasmose.
La viande crue ou insuffisamment cuite peut transmettre différents micro-organismes ou parasites.
Il est préférable d’éviter notamment :
– steak tartare ;
– viande hachée insuffisamment cuite ;
– carpaccio ;
– certaines viandes crues, fumées ou séchées lorsqu’elles ne répondent pas aux recommandations sanitaires.
La viande doit être correctement cuite à cœur.
Peut-on manger des œufs pendant la grossesse ?
Oui, les œufs constituent une excellente source de :
– protéines ;
– choline ;
– vitamine B12 ;
– autres micronutriments.
Il faut toutefois veiller à leur sécurité microbiologique.
Lorsque la provenance et la sécurité sanitaire ne permettent pas de garantir l’absence de Salmonella, il est préférable de consommer les œufs bien cuits.
Il faut également être prudent avec les préparations maison contenant des œufs crus ou insuffisamment cuits.
Comment laver les fruits et légumes ?
Les fruits, légumes et herbes consommés crus doivent être soigneusement lavés à l’eau.
Cette précaution aide notamment à éliminer :
– terre ;
– saletés ;
– une partie des micro-organismes présents en surface.
Le lavage est particulièrement important lorsqu’une femme enceinte n’est pas immunisée contre la toxoplasmose.
Il faut également maintenir propres :
– les mains ;
– les plans de travail ;
– les couteaux ;
– les planches à découper.
Il est préférable de séparer les ustensiles ou de les laver correctement après contact avec de la viande crue.
Comment conserver les aliments en toute sécurité ?
Pendant la grossesse, les règles habituelles d’hygiène alimentaire deviennent particulièrement importantes.
Il faut notamment :
– respecter la chaîne du froid ;
– conserver le réfrigérateur à une température adaptée ;
– respecter les dates limites de consommation ;
– consommer rapidement les aliments après ouverture ;
– éviter de laisser longtemps les aliments préparés à température ambiante ;
– bien réchauffer les restes ;
– éviter les contaminations croisées entre aliments crus et cuits.
Listeria peut continuer à se multiplier à basse température.
Un réfrigérateur propre et correctement réglé reste donc important.
Que manger en cas de nausées ?
Les nausées sont fréquentes, particulièrement en début de grossesse.
Certaines femmes tolèrent mieux :
– de petits repas plus fréquents ;
– des aliments relativement simples ;
– des aliments peu gras ;
– des repas froids lorsque les odeurs chaudes déclenchent les nausées.
Il est préférable d’éviter de rester longtemps sans manger si cela aggrave les symptômes.
Il faut également maintenir une hydratation suffisante.
Des vomissements importants empêchant de boire ou manger, une perte de poids ou des signes de déshydratation doivent être signalés rapidement au professionnel de santé.
Que manger en cas de constipation ?
La constipation est fréquente pendant la grossesse.
Il peut être utile d’augmenter progressivement les fibres avec :
– légumes ;
– fruits ;
– légumineuses ;
– céréales complètes ;
– avoine.
Une hydratation suffisante et une activité physique adaptée peuvent également aider.
Une augmentation brutale des fibres sans boire suffisamment peut au contraire augmenter les ballonnements et l’inconfort.
Faut-il supprimer complètement le sucre ?
Non.
Il n’est pas nécessaire de considérer tout aliment contenant du sucre comme interdit.
Il est plutôt recommandé de limiter les sources importantes de sucres ajoutés comme :
– sodas ;
– pâtisseries ;
– confiseries ;
– boissons sucrées ;
– desserts très sucrés.
Un fruit entier n’est pas équivalent à une boisson sucrée.
Il apporte également :
– fibres ;
– vitamines ;
– minéraux ;
– eau.
Une alimentation équilibrée doit être envisagée dans son ensemble plutôt qu’à partir d’un aliment isolé.
Exemple d’une journée alimentaire équilibrée pendant la grossesse
Un exemple peut comprendre :
Petit-déjeuner
– pain complet ou avoine ;
– produit laitier pasteurisé ;
– fruit ;
– œuf bien cuit ou autre source de protéines selon les habitudes.
Déjeuner
– légumes ;
– féculent ou céréale ;
– lentilles, pois chiches, poisson ou viande bien cuite ;
– huile d’olive ou autre graisse insaturée ;
– fruit ou produit laitier pasteurisé.
Collation si nécessaire
– fruit ;
– yaourt pasteurisé ;
– poignée de noix ou d’amandes.
Dîner
– légumes ;
– féculent complet ;
– source de protéines ;
– produit laitier pasteurisé ou autre source de calcium.
Les portions doivent évidemment être adaptées à l’appétit, au poids, à l’activité physique et aux recommandations médicales.
Quels aliments faut-il principalement éviter pendant la grossesse ?
Les principales précautions comprennent notamment :
– alcool ;
– viande crue ou insuffisamment cuite ;
– poisson cru ;
– coquillages crus ;
– lait non pasteurisé ;
– certains produits à base de lait cru ;
– aliments présentant un risque important de Listeria ;
– poissons à teneur élevée en mercure ;
– suppléments contenant des doses importantes de vitamine A sous forme de rétinol ;
– foie et produits de foie en consommation importante ;
– consommation excessive de caféine.
Il faut également respecter soigneusement les règles d’hygiène lors de la préparation et de la conservation des aliments.
Quand demander conseil à un professionnel ?
Il est particulièrement important d’obtenir un avis médical ou nutritionnel lorsque la femme enceinte présente :
– diabète gestationnel ;
– anémie ;
– maladie thyroïdienne ;
– hypertension ;
– maladie digestive ;
– grossesse multiple ;
– obésité ou insuffisance pondérale importante ;
– régime végétalien ;
– vomissements importants ;
– perte de poids ;
– prise de poids très rapide ;
– difficulté importante à s’alimenter.
Un professionnel peut également vérifier que les compléments alimentaires utilisés ne provoquent pas de doublons ou de doses excessives.
Alimentation et grossesse : ce qu’il faut retenir
Une femme enceinte n’a pas besoin de « manger pour deux ».
Au premier trimestre, les besoins énergétiques n’augmentent généralement pas de façon importante.
Ils augmentent ensuite progressivement, avec environ 340 kcal supplémentaires par jour au deuxième trimestre et 450 kcal au troisième trimestre comme repères généraux pour une grossesse avec un seul bébé.
La prise de poids normale n’est pas identique pour toutes les femmes : elle dépend notamment de l’IMC avant la grossesse.
L’alimentation doit rester variée et comprendre des sources adaptées de :
– protéines ;
– glucides ;
– graisses de bonne qualité ;
– fibres ;
– acide folique ;
– fer ;
– calcium ;
– iode ;
– choline ;
– vitamine D ;
– vitamine B12 ;
– oméga-3.
Les glucides ne doivent pas être supprimés et ne sont pas à eux seuls responsables du diabète gestationnel.
Le poisson reste intéressant pendant la grossesse, à condition de choisir des espèces pauvres en mercure et correctement cuites.
L’alcool doit être évité totalement et la caféine doit rester limitée.
Une attention particulière doit également être accordée à la prévention de la listériose, de la toxoplasmose et des autres infections alimentaires.
Enfin, les compléments alimentaires ne doivent pas être multipliés sans vérifier leur composition. Une supplémentation prénatale adaptée peut être utile, mais elle doit compléter et non remplacer une alimentation équilibrée.
Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre informatif et ne remplacent pas les recommandations personnalisées du médecin, de la sage-femme ou d’un professionnel de la nutrition.
Sources
American College of Obstetricians and Gynecologists — Healthy Eating During Pregnancy.
American College of Obstetricians and Gynecologists — How Much Weight Should I Gain During Pregnancy?
Centers for Disease Control and Prevention — Weight Gain During Pregnancy.
Centers for Disease Control and Prevention — About Alcohol Use During Pregnancy.
Centers for Disease Control and Prevention — Preventing Listeria Infection.
National Institutes of Health, Office of Dietary Supplements — Dietary Supplements and Life Stages: Pregnancy.
U.S. Food and Drug Administration / Environmental Protection Agency — Advice about Eating Fish for Those Who Might Become or Are Pregnant or Breastfeeding.
Assurance Maladie — Adapter son alimentation pendant la grossesse.
Assurance Maladie — Les aliments à éviter et les précautions d’hygiène pendant la grossesse.
Assurance Maladie — Toxoplasmose : gestes de prévention à adopter lors de la grossesse.
Ministère de la Santé et de la Protection Sociale du Maroc, Sehati — L’alimentation saine de la femme enceinte.

