Conseils beauté
CRÈME CICATRISANTE : COMMENT BIEN LA CHOISIR ?
Crème cicatrisante : comment favoriser une bonne cicatrisation de la peau ?
Lorsqu’une peau est coupée, éraflée, brûlée ou fragilisée par une intervention, l’organisme met naturellement en place un processus complexe de réparation.
Les produits dits « cicatrisants » ou « réparateurs » peuvent parfois accompagner cette période, mais ils ne remplacent pas les soins appropriés d’une plaie et ne conviennent pas à toutes les situations.
Une petite égratignure superficielle ne se prend pas en charge de la même manière qu’une brûlure importante, une plaie chirurgicale ou une plaie infectée.
Il est donc important de distinguer la cicatrisation d’une plaie récente du traitement d’une cicatrice déjà formée.
Comment fonctionne la cicatrisation ?
La cicatrisation se déroule en plusieurs phases qui se chevauchent.
L’hémostase
Immédiatement après une blessure, l’organisme cherche à arrêter le saignement.
Les vaisseaux sanguins se contractent et les mécanismes de coagulation permettent de former un caillot.
La phase inflammatoire
Dans les heures et les jours qui suivent, différentes cellules immunitaires interviennent pour éliminer les débris et participer à la protection de la zone lésée.
Une légère rougeur ou sensibilité peut faire partie du processus normal.
Une rougeur qui s’étend, une douleur qui augmente, du pus ou de la fièvre peuvent en revanche évoquer une infection.
La phase de prolifération
De nouveaux tissus se forment progressivement.
Des cellules appelées fibroblastes participent notamment à la production de collagène et de nouveaux petits vaisseaux sanguins apparaissent.
La peau commence progressivement à refermer la plaie.
La phase de remodelage
Après la fermeture de la plaie, les tissus continuent à se réorganiser pendant plusieurs mois.
La cicatrice peut progressivement devenir :
– plus plate ;
– plus souple ;
– moins rouge ;
– et moins visible.
Le résultat final d’une cicatrice peut prendre de nombreux mois.
Toutes les cicatrices n’évoluent cependant pas de la même manière.
Certains patients peuvent développer une cicatrice hypertrophique ou une chéloïde.
Une croûte est-elle nécessaire pour bien cicatriser ?
Contrairement à une idée répandue, laisser volontairement sécher une petite plaie jusqu’à former une croûte épaisse n’est pas toujours la meilleure approche.
L’American Academy of Dermatology recommande, pour de nombreuses petites coupures et éraflures, de maintenir la plaie propre et légèrement humide.
Une fine couche de vaseline peut notamment aider à empêcher la plaie de sécher complètement et de former une croûte importante.
Une cicatrisation dans un environnement humide adapté peut favoriser une réparation plus rapide et contribuer à limiter l’importance de certaines cicatrices.
Il ne faut pas arracher une croûte existante.
Cela peut rouvrir la plaie, provoquer un saignement et retarder la cicatrisation.
Comment prendre soin d’une petite plaie ?
Pour une petite coupure ou une éraflure superficielle, les dermatologues recommandent généralement :
1. Se laver les mains avant de toucher la plaie.
2. Nettoyer doucement la zone avec de l’eau et un savon doux.
3. Retirer délicatement les éventuelles saletés visibles.
4. Arrêter le saignement en exerçant une pression avec une compresse propre si nécessaire.
5. Maintenir la plaie légèrement humide avec un produit adapté, comme de la vaseline simple dans de nombreux cas.
6. Couvrir avec un pansement propre.
7. Changer le pansement régulièrement et dès qu’il devient sale ou humide.
Une petite plaie correctement nettoyée ne nécessite pas systématiquement l’application d’un antibiotique local.
Les pommades antibiotiques peuvent également provoquer une irritation ou une allergie chez certaines personnes.
Faut-il désinfecter systématiquement une plaie ?
Pas nécessairement.
Pour de nombreuses petites coupures et éraflures, un nettoyage soigneux avec de l’eau et un savon doux suffit.
L’utilisation répétée d’alcool, d’eau oxygénée ou d’autres produits irritants peut dessécher les tissus et irriter la peau.
Un antiseptique peut être indiqué dans certaines situations particulières, mais il ne doit pas être appliqué systématiquement sur toutes les plaies simplement parce qu’elles sont ouvertes.
En cas de doute, demandez conseil à un médecin ou à un pharmacien.
Qu’est-ce qu’une crème cicatrisante ?
L’expression « crème cicatrisante » regroupe en réalité différents types de produits.
Certains sont des soins dermo-cosmétiques destinés à :
– protéger une peau fragilisée ;
– diminuer les sensations d’inconfort ;
– maintenir une bonne hydratation ;
– ou soutenir la barrière cutanée.
D’autres produits sont des dispositifs médicaux ou des médicaments ayant des indications précises.
Il ne faut donc pas considérer tous les produits dits « cicatrisants » comme équivalents.
La destination du produit et les instructions du fabricant doivent toujours être vérifiées.
Une crème cicatrisante accélère-t-elle réellement la guérison ?
Il est plus exact de dire que certains produits peuvent créer un environnement favorable à la réparation de la peau.
La cicatrisation est avant tout un processus biologique naturel.
Un produit adapté peut notamment :
– maintenir une humidité favorable ;
– protéger la zone des frottements ;
– soutenir la barrière cutanée ;
– diminuer certaines sensations d’inconfort.
Cela ne signifie pas qu’une crème peut accélérer n’importe quelle plaie ni compenser :
– une infection ;
– une mauvaise circulation ;
– un diabète mal équilibré ;
– une plaie profonde ;
– ou un problème chirurgical.
Crème réparatrice et crème pour cicatrice : quelle différence ?
Il faut distinguer une plaie encore ouverte d’une cicatrice formée sur une peau refermée.
Sur une plaie récente, l’objectif principal est de favoriser une fermeture correcte de la peau et d’éviter les complications.
Une fois la plaie complètement fermée, l’objectif peut devenir différent :
– réduire une rougeur persistante ;
– assouplir une cicatrice ;
– limiter une cicatrice en relief ;
– ou améliorer son apparence.
Les traitements utilisés ne sont donc pas nécessairement les mêmes.
Le silicone peut-il améliorer une cicatrice ?
Les gels et feuilles de silicone font partie des produits utilisés pour prévenir ou améliorer certaines cicatrices en relief.
Ils peuvent notamment être proposés après une intervention chirurgicale ou chez certaines personnes ayant tendance à développer des cicatrices hypertrophiques ou chéloïdes.
Ils s’utilisent lorsque la plaie est fermée, et non sur une plaie ouverte.
Le traitement doit généralement être poursuivi régulièrement pendant une période prolongée pour obtenir un résultat.
En cas de cicatrice importante, douloureuse, épaisse, qui démange ou qui continue à grossir, un dermatologue peut proposer d’autres traitements.
Comment protéger une cicatrice du soleil ?
La protection solaire est particulièrement importante.
Une cicatrice récente exposée aux rayons ultraviolets peut devenir plus foncée et rester pigmentée plus longtemps.
Une fois la plaie refermée, protégez la zone avec :
– des vêtements lorsque cela est possible ;
– de l’ombre ;
– et une protection solaire à large spectre SPF 30 ou plus sur la peau exposée.
Cette protection doit être particulièrement rigoureuse pendant les mois qui suivent une blessure ou une intervention.
Que faire après une intervention chirurgicale ?
Après une opération, les instructions du chirurgien ou de l’équipe médicale sont prioritaires.
Il ne faut pas appliquer automatiquement une crème réparatrice ou cicatrisante sur une incision chirurgicale sans savoir si elle est autorisée.
Selon l’intervention, le médecin peut demander :
– de garder le pansement pendant une période précise ;
– de nettoyer la plaie d’une manière particulière ;
– d’éviter certains produits ;
– d’attendre le retrait des fils ;
– ou d’utiliser ensuite du silicone ou un autre traitement pour la cicatrice.
Suivez donc toujours les recommandations données après l’opération.
Que faire pour une cicatrice d’acné ?
Les cicatrices d’acné sont différentes d’une petite plaie récente.
Une crème réparatrice peut améliorer le confort d’une peau irritée par certains traitements, mais elle ne peut généralement pas faire disparaître une véritable cicatrice atrophique déjà formée.
Les cicatrices d’acné peuvent être :
– creusées ;
– en relief ;
– ou associées à des changements de pigmentation.
Le traitement dépend du type de cicatrice.
Un dermatologue peut proposer différentes techniques comme :
– certains peelings ;
– le microneedling ;
– certains lasers ;
– des injections ;
– ou d’autres procédures dermatologiques.
Il faut également distinguer une cicatrice d’une simple marque pigmentaire après un bouton.
Que faire après un tatouage ?
Un tatouage provoque de nombreuses petites lésions de la peau.
Les soins après tatouage sont donc importants pour limiter les irritations et les infections.
Suivez en priorité les consignes données par le professionnel qui a réalisé le tatouage, lorsqu’elles sont conformes aux règles d’hygiène.
Il est généralement important de :
– garder la zone propre ;
– éviter de gratter ;
– éviter d’arracher les petites croûtes ou peaux qui se détachent ;
– utiliser uniquement des produits adaptés ;
– et éviter une exposition solaire importante pendant la cicatrisation.
Consultez rapidement en cas de douleur qui augmente, rougeur importante qui s’étend, gonflement important, pus ou fièvre.
Que faire en cas de brûlure légère ?
Pour une petite brûlure superficielle, il est recommandé de refroidir rapidement la zone avec de l’eau fraîche ou tempérée.
N’utilisez pas de glace directement sur la peau.
L’American Academy of Dermatology recommande de maintenir la zone sous l’eau fraîche ou d’utiliser des compresses fraîches pendant environ 10 minutes ou jusqu’à diminution de la douleur pour une brûlure légère.
Il est également déconseillé d’appliquer :
– du beurre ;
– du dentifrice ;
– ou d’autres remèdes maison.
Une fine couche de vaseline et un pansement stérile non adhérent peuvent être adaptés dans certaines brûlures mineures.
Ne percez pas volontairement les cloques.
Quand une brûlure nécessite-t-elle un médecin ?
Une brûlure nécessite une évaluation médicale lorsqu’elle est :
– étendue ;
– profonde ;
– très douloureuse ;
– blanche, brune ou noire ;
– située sur une zone sensible ;
– causée par un produit chimique ou de l’électricité ;
– ou lorsqu’elle concerne un nourrisson ou une personne particulièrement fragile.
Une brûlure importante ne doit pas être prise en charge uniquement avec une crème achetée en parapharmacie.
Peut-on utiliser une crème réparatrice après un coup de soleil ?
Un coup de soleil léger peut généralement être soulagé avec :
– le refroidissement de la peau ;
– une hydratation adaptée ;
– une bonne hydratation générale ;
– et l’absence de nouvelle exposition solaire.
Une crème apaisante ou hydratante peut améliorer le confort.
En revanche, des cloques importantes, une atteinte très étendue, de la fièvre, des frissons ou un malaise nécessitent davantage de prudence et parfois un avis médical.
Une crème réparatrice convient-elle aux peaux irritées ?
Certains soins réparateurs sont spécialement formulés pour les peaux :
– irritées ;
– fragilisées ;
– sèches ;
– ou ayant une barrière cutanée altérée.
Ils peuvent notamment contenir :
– des agents humectants ;
– des émollients ;
– des agents occlusifs ;
– ou différents ingrédients apaisants.
Le choix dépend de la cause de l’irritation.
Une dermatite, un eczéma, une infection ou une réaction allergique ne doivent pas être traités uniquement avec une crème réparatrice sans identifier leur origine.
Quels facteurs peuvent ralentir la cicatrisation ?
De nombreux facteurs influencent la qualité et la vitesse de cicatrisation.
Parmi eux figurent notamment :
– une infection ;
– le tabagisme ;
– une mauvaise circulation sanguine ;
– certaines maladies comme le diabète ;
– la malnutrition ;
– certains médicaments ;
– l’immunodépression ;
– l’âge ;
– et la profondeur de la blessure.
Une plaie qui cicatrise anormalement lentement doit être évaluée afin d’en rechercher la cause.
Comment reconnaître une plaie infectée ?
Certains signes peuvent faire suspecter une infection.
Il faut notamment surveiller :
– une rougeur qui s’étend ;
– une douleur qui augmente ;
– une chaleur importante ;
– un gonflement ;
– du pus ;
– une mauvaise odeur inhabituelle ;
– des traînées rouges autour de la plaie ;
– de la fièvre ;
– ou des frissons.
Dans ces situations, il est préférable de demander rapidement un avis médical.
Quand consulter pour une plaie ?
Consultez rapidement si :
– le saignement ne s’arrête pas malgré une pression correcte ;
– la plaie est profonde ou très large ;
– les bords sont très écartés ;
– un corps étranger est coincé à l’intérieur ;
– la plaie est due à une morsure ;
– la blessure est très sale ;
– la plaie présente des signes d’infection ;
– vous perdez la sensibilité ou le mouvement près de la zone ;
– ou votre vaccination contre le tétanos pourrait ne pas être à jour.
Les personnes souffrant notamment de diabète, d’immunodépression ou de troubles circulatoires doivent être particulièrement attentives aux plaies qui cicatrisent mal.
Crèmes cicatrisantes : ce qu’il faut retenir
La cicatrisation est un processus naturel composé de plusieurs phases.
Pour une petite coupure ou éraflure, les soins les plus importants sont généralement :
– nettoyer doucement la plaie ;
– maintenir un environnement adapté à la cicatrisation ;
– protéger avec un pansement propre ;
– surveiller les signes d’infection.
Il n’est pas nécessaire de désinfecter agressivement toutes les petites plaies ni d’utiliser systématiquement un antibiotique local.
Les produits réparateurs peuvent accompagner la réparation cutanée, mais leur utilisation dépend du type de lésion.
Une plaie chirurgicale doit être prise en charge selon les instructions du chirurgien.
Une brûlure importante ou une plaie profonde nécessite une évaluation médicale.
Une fois la peau refermée, la protection solaire est importante pour limiter la pigmentation de la cicatrice.
Les gels ou feuilles de silicone peuvent être utiles pour certaines cicatrices en relief après fermeture complète de la plaie.
Enfin, une crème réparatrice ne peut pas faire disparaître toutes les cicatrices, notamment certaines cicatrices d’acné anciennes.
Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre informatif et ne remplacent pas une consultation ou les recommandations d’un professionnel de santé.
Sources
– American Academy of Dermatology Association — Minimize a scar: Proper wound care tips from dermatologists.
– American Academy of Dermatology Association — How to treat minor cuts.
– American Academy of Dermatology Association — Scars: Diagnosis and treatment.
– American Academy of Dermatology Association — How to treat a first-degree, minor burn.
– American Academy of Dermatology Association — When to use or not use antibiotics on your skin.
– NHS — Cuts and grazes.

