Conseils beauté
Bien choisir son complément alimentaire capillaire pour fortifier et densifier ses cheveux
Compléments alimentaires pour cheveux : sont-ils vraiment utiles ?
Les compléments alimentaires pour les cheveux sont très populaires.
Ils contiennent souvent :
– biotine ;
– zinc ;
– fer ;
– vitamines du groupe B ;
– sélénium ;
– acides aminés ;
– extraits de plantes ;
– collagène ;
– parfois plusieurs dizaines d’ingrédients dans une même formule.
Ils sont généralement présentés comme capables de :
– réduire la chute ;
– accélérer la pousse ;
– augmenter la densité ;
– fortifier les cheveux ;
– améliorer la brillance.
Mais leurs effets dépendent énormément de la cause du problème.
Une personne présentant une carence nutritionnelle peut réellement perdre davantage de cheveux et bénéficier de la correction de cette carence.
À l’inverse, prendre de fortes doses de vitamines et minéraux lorsque les apports sont déjà suffisants ne garantit pas des cheveux plus épais ou une pousse plus rapide.
Dans certains cas, un excès de certains nutriments peut même favoriser la chute des cheveux.
Avant de commencer une cure, il est donc important de distinguer :
– cheveux secs ou cassants ;
– chute de cheveux ;
– diminution progressive de densité ;
– véritable carence nutritionnelle.
Un complément alimentaire ne répond pas de la même manière à ces différents problèmes.
Cheveux cassants et chute de cheveux : quelle différence ?
La casse concerne la fibre capillaire.
Le cheveu se rompt au niveau des longueurs en raison notamment de :
– décolorations ;
– colorations répétées ;
– chaleur excessive ;
– défrisages ;
– frottements ;
– coiffures agressives.
La chute correspond à un cheveu qui quitte son follicule.
Elle peut être liée notamment à :
– cycle naturel du cheveu ;
– effluvium télogène ;
– alopécie androgénétique ;
– alopécie areata ;
– carence nutritionnelle ;
– maladie thyroïdienne ;
– médicaments ;
– maladie récente ;
– stress physiologique important.
Un complément alimentaire ne peut pas réparer une pointe déjà fourchue.
La fibre visible est kératinisée et ne cicatrise pas comme un tissu vivant.
Les soins capillaires peuvent améliorer temporairement :
– douceur ;
– souplesse ;
– brillance ;
– résistance mécanique.
Mais lorsque la fibre est physiquement cassée ou fendue, la solution définitive pour la partie abîmée reste généralement de la couper.
Les compléments agissent-ils sur les cheveux depuis l’intérieur ?
Les follicules pileux sont des structures biologiquement actives.
Ils ont besoin d’un apport suffisant en :
– énergie ;
– protéines ;
– vitamines ;
– minéraux.
Une alimentation insuffisante ou une carence importante peut donc perturber le cycle pilaire.
C’est notamment pour cette raison qu’une chute diffuse peut apparaître après :
– perte de poids importante ;
– régime très restrictif ;
– dénutrition ;
– déficit en fer ;
– certaines autres carences.
Mais cela ne signifie pas que dépasser les besoins nutritionnels stimule davantage le follicule.
Une fois les besoins couverts, ajouter toujours plus de vitamines ou de minéraux n’entraîne pas nécessairement une croissance supplémentaire.
Les compléments alimentaires font-ils pousser les cheveux plus vite ?
Il n’existe pas de complément démontré capable d’augmenter fortement et universellement la vitesse naturelle de croissance des cheveux chez une personne en bonne santé et sans carence.
Le cheveu du cuir chevelu pousse en moyenne autour de 1 cm par mois, avec de grandes variations individuelles.
Cette vitesse dépend notamment :
– de la génétique ;
– de l’âge ;
– du cycle pilaire ;
– de l’état de santé ;
– de certaines hormones.
Corriger une carence qui perturbait la croissance peut permettre au follicule de retrouver un fonctionnement plus normal.
C’est différent de « booster » un follicule sain au-delà de sa vitesse biologique habituelle.
Les compléments peuvent-ils augmenter la densité ?
Cela dépend encore une fois de la cause.
Si une personne perd des cheveux parce qu’elle présente une carence ou un effluvium télogène lié à une mauvaise alimentation, corriger le facteur responsable peut permettre une repousse.
Mais une diminution progressive de densité peut également correspondre à une :
alopécie androgénétique.
Dans ce cas, les follicules se miniaturisent progressivement sous l’influence de facteurs génétiques et hormonaux.
Un simple complément multivitaminé ne constitue pas un traitement équivalent aux traitements médicaux utilisés pour cette forme d’alopécie.
Certaines études sur des compléments commerciaux ont rapporté une amélioration de paramètres comme la densité ou la chute.
Une revue systématique publiée dans JAMA Dermatology a identifié plusieurs compléments ayant montré des résultats encourageants dans certains essais.
Cependant, les chercheurs soulignent également que :
– les produits sont très différents entre eux ;
– beaucoup contiennent plusieurs ingrédients ;
– les études sont souvent relativement petites ;
– les comparaisons directes entre produits sont rares.
Ces compléments peuvent donc éventuellement jouer un rôle complémentaire dans certaines situations, mais ils ne doivent pas être présentés comme des traitements universels de la chute de cheveux.
Quand une carence peut-elle provoquer une chute de cheveux ?
L’American Academy of Dermatology indique qu’un apport insuffisant en certains nutriments peut être associé à une chute de cheveux.
Parmi eux figurent notamment :
– fer ;
– zinc ;
– protéines ;
– biotine.
D’autres situations nutritionnelles peuvent également intervenir.
DermNet cite notamment parmi les causes d’effluvium télogène :
– perte de poids ;
– régime alimentaire inhabituel ;
– carence en fer ;
– autres déficits nutritionnels.
La bonne stratégie consiste donc à rechercher une cause lorsque la chute est importante plutôt que de commencer plusieurs compléments au hasard.
Le fer est-il important pour les cheveux ?
Oui.
Une carence en fer peut être associée à :
– cheveux secs ou fragiles ;
– augmentation de la chute ;
– effluvium télogène diffus.
Le risque de déficit peut être plus important notamment chez certaines personnes présentant :
– règles abondantes ;
– grossesse ;
– alimentation très pauvre en fer ;
– pertes sanguines ;
– certaines maladies digestives.
Mais le fer ne doit pas être pris automatiquement contre toute chute de cheveux.
Pourquoi ne faut-il pas prendre du fer sans raison ?
Le fer est un minéral indispensable, mais il peut devenir toxique en excès.
Des doses élevées peuvent notamment provoquer :
– nausées ;
– douleurs abdominales ;
– constipation ;
– vomissements ;
– diarrhée.
À très fortes doses, l’intoxication peut devenir grave.
Certaines personnes présentent également une maladie comme l’hémochromatose qui entraîne une accumulation excessive de fer dans l’organisme.
Lorsqu’une carence est suspectée, le médecin peut demander notamment selon la situation :
– numération sanguine ;
– ferritine ;
– autres paramètres du bilan martial.
La supplémentation doit ensuite être adaptée au résultat et au contexte médical.
Le zinc aide-t-il les cheveux ?
Le zinc est un minéral essentiel.
Une véritable carence en zinc peut provoquer notamment une alopécie.
Corriger un déficit peut donc permettre une amélioration.
Mais prendre davantage de zinc lorsque les apports sont déjà suffisants ne garantit pas :
– une pousse plus rapide ;
– davantage de densité ;
– des cheveux plus longs.
Le zinc est un bon exemple de la différence entre :
corriger une carence
et
sur-supplémenter.
Trop de zinc peut-il être mauvais ?
Oui.
Des doses élevées prises pendant plusieurs semaines peuvent notamment :
– provoquer des troubles digestifs ;
– diminuer l’absorption du cuivre ;
– entraîner une carence en cuivre ;
– modifier certains paramètres immunitaires.
Le NIH indique que des apports d’environ 50 mg de zinc par jour ou davantage pendant plusieurs semaines peuvent notamment perturber l’absorption du cuivre.
La limite supérieure tolérable américaine pour un adulte est fixée à 40 mg par jour provenant de l’alimentation et des compléments, hors utilisation thérapeutique supervisée médicalement.
Il faut donc tenir compte de tous les produits utilisés simultanément.
Une personne peut par exemple prendre :
– multivitamines ;
– complément cheveux ;
– complément immunité
et dépasser involontairement certaines doses.
Qu’est-ce que la biotine ?
La biotine est une vitamine du groupe B.
Elle est également appelée :
vitamine B7
et parfois :
vitamine B8
dans certaines nomenclatures utilisées en France.
Elle intervient notamment dans différentes réactions du métabolisme énergétique.
Une carence sévère peut provoquer :
– cheveux clairsemés ;
– perte de cheveux ;
– problèmes cutanés ;
– anomalies neurologiques.
Mais la carence en biotine est rare chez les personnes ayant une alimentation variée.
La biotine fait-elle pousser les cheveux ?
Chez une personne réellement déficitaire, corriger le déficit est logique.
Chez une personne sans carence, les données sont beaucoup moins convaincantes.
Le National Institutes of Health indique qu’il existe peu de preuves scientifiques soutenant les promesses des compléments de biotine pour améliorer les cheveux, la peau ou les ongles chez la population générale.
Les données disponibles proviennent notamment de :
– petites études ;
– observations de cas ;
– personnes présentant des situations particulières.
Cela ne permet pas de conclure que de fortes doses de biotine sont nécessaires pour avoir des cheveux normaux.
La biotine peut-elle perturber les analyses médicales ?
Oui.
C’est une précaution importante.
De fortes doses de biotine peuvent interférer avec certains tests de laboratoire.
Elles peuvent produire des résultats artificiellement :
– trop élevés ;
– ou trop faibles
selon le test utilisé.
Cela concerne notamment certains dosages hormonaux, y compris certains tests thyroïdiens.
Une personne prenant un complément fortement dosé en biotine doit le signaler :
– au médecin ;
– au laboratoire ;
– au pharmacien
avant des analyses.
Faut-il prendre des vitamines B pour les cheveux ?
Les vitamines du groupe B sont essentielles au fonctionnement normal de l’organisme.
Mais elles ne constituent pas automatiquement un traitement capillaire.
Une alimentation variée apporte généralement plusieurs vitamines B grâce à des aliments comme :
– céréales ;
– légumineuses ;
– viande ;
– poisson ;
– œufs ;
– produits laitiers ;
– fruits et légumes ;
– noix et graines.
Certaines situations peuvent entraîner des déficits spécifiques.
Par exemple, une carence en vitamine B12 peut être plus fréquente notamment chez :
– personnes suivant une alimentation végétalienne sans supplémentation adaptée ;
– personnes ayant certains troubles digestifs ;
– personnes utilisant certains médicaments.
Le traitement doit alors cibler la carence identifiée.
Cystine, cystéine et méthionine : quel rapport avec les cheveux ?
La fibre capillaire est principalement constituée de kératine.
La kératine contient notamment une quantité importante d’acides aminés soufrés, en particulier de cystéine.
Les liaisons entre certains résidus de cystéine contribuent à la structure mécanique du cheveu.
La méthionine est également un acide aminé soufré essentiel apporté par l’alimentation.
C’est pour cette raison que l’on retrouve souvent dans les compléments capillaires :
– L-cystine ;
– L-cystéine ;
– L-méthionine.
Mais le fait qu’un nutriment soit nécessaire à la fabrication d’une structure ne signifie pas automatiquement qu’en prendre davantage augmente cette fabrication.
Chez une personne ayant un apport protéique suffisant, il n’est pas démontré qu’une supplémentation isolée en cystine ou méthionine soit nécessaire pour obtenir des cheveux normaux.
Les protéines sont-elles importantes ?
Oui.
Une alimentation très pauvre en protéines peut contribuer à une chute diffuse.
Les protéines fournissent les acides aminés nécessaires à de nombreux tissus de l’organisme.
Les sources peuvent être animales ou végétales.
Par exemple :
– œufs ;
– poisson ;
– viande ;
– produits laitiers ;
– légumineuses ;
– soja ;
– noix ;
– graines.
Il n’est pas nécessaire de suivre un régime hyperprotéiné pour faire pousser les cheveux.
L’objectif est surtout de couvrir correctement ses besoins.
Les régimes très restrictifs font-ils tomber les cheveux ?
Ils peuvent.
Une perte de poids rapide, un apport calorique insuffisant ou une alimentation fortement déséquilibrée peuvent déclencher un :
effluvium télogène.
La chute apparaît souvent avec un décalage.
Une personne peut commencer à perdre davantage de cheveux environ deux à trois mois après :
– régime sévère ;
– perte de poids importante ;
– maladie ;
– opération ;
– fièvre importante ;
– autre stress physiologique.
C’est pour cette raison que le lien entre l’événement et la chute n’est pas toujours évident immédiatement.
Vitamine D et cheveux
La vitamine D est impliquée dans de nombreuses fonctions de l’organisme et des associations ont été observées entre de faibles taux de vitamine D et certaines formes d’alopécie.
Cependant, association ne signifie pas nécessairement que prendre de grandes doses de vitamine D fera repousser les cheveux.
Une supplémentation est surtout pertinente lorsqu’il existe :
– déficit ;
– insuffisance ;
– indication médicale.
La dose doit tenir compte du statut individuel et des autres sources de vitamine D.
Le sélénium est-il bon pour les cheveux ?
Le sélénium est un oligo-élément essentiel.
Mais il illustre parfaitement pourquoi « plus » n’est pas synonyme de « mieux ».
Un apport excessif chronique en sélénium peut provoquer une :
sélénose.
Parmi les signes les plus caractéristiques figurent :
– cheveux cassants ;
– chute des cheveux ;
– ongles fragiles ou perte des ongles.
Le NIH cite clairement la chute de cheveux comme signe classique d’un excès de sélénium.
L’EFSA a fixé en 2023 une limite supérieure de 255 microgrammes par jour pour les adultes.
Il faut donc être particulièrement vigilant lorsque plusieurs compléments contenant du sélénium sont pris simultanément.
La vitamine A aide-t-elle les cheveux ?
La vitamine A est nécessaire au fonctionnement normal de l’organisme.
Mais les fortes doses de vitamine A préformée ne sont pas un traitement contre la chute.
Un excès chronique peut au contraire provoquer différents effets indésirables, dont une chute de cheveux.
Il faut donc éviter d’accumuler sans surveillance :
– multivitamines ;
– compléments cheveux ;
– compléments contenant du rétinol ou d’autres formes préformées de vitamine A.
Une vigilance particulière est nécessaire pendant la grossesse en raison du risque tératogène des fortes doses de vitamine A préformée.
Quels aliments apportent du zinc ?
Parmi les sources alimentaires de zinc figurent notamment :
– huîtres et autres fruits de mer ;
– viande ;
– volaille ;
– produits laitiers ;
– légumineuses ;
– noix ;
– graines ;
– certaines céréales complètes.
La biodisponibilité du zinc peut varier selon l’aliment.
Les régimes végétariens peuvent contenir suffisamment de zinc mais nécessitent parfois davantage d’attention à la variété des sources.
Quels aliments apportent du fer ?
Le fer se trouve notamment dans :
– viandes ;
– abats ;
– poissons et fruits de mer ;
– légumineuses ;
– lentilles ;
– haricots ;
– certains légumes ;
– céréales enrichies.
Le fer héminique provenant des aliments animaux est généralement mieux absorbé que le fer non héminique d’origine végétale.
La vitamine C consommée au cours du repas peut améliorer l’absorption du fer non héminique.
Il n’est cependant pas nécessaire de prendre du fer sous forme de complément si les besoins sont correctement couverts et qu’aucune carence n’est présente.
La levure de bière fait-elle pousser les cheveux ?
La levure de bière contient notamment différentes vitamines du groupe B selon le produit.
Mais il n’existe pas de preuve solide permettant de considérer la levure de bière comme un traitement universel de la chute ou comme un accélérateur important de croissance capillaire.
Son intérêt nutritionnel dépend :
– de la composition du produit ;
– des apports alimentaires ;
– des besoins individuels.
Elle ne doit pas remplacer le diagnostic d’une chute persistante.
La prêle fortifie-t-elle les cheveux ?
La prêle, Equisetum arvense, est utilisée dans certains compléments capillaires, notamment en raison de sa teneur en composés minéraux et en silice.
Cependant, les preuves cliniques permettant d’affirmer que la prêle seule augmente significativement :
– densité ;
– pousse ;
– résistance
des cheveux chez l’être humain restent limitées.
Certaines études ont évalué des compléments contenant de la prêle associée à de nombreux autres ingrédients.
Dans ces situations, il est difficile d’attribuer le résultat à la prêle elle-même.
La roquette stimule-t-elle le bulbe capillaire ?
Des extraits d’Eruca sativa, la roquette, ont fait l’objet de recherches expérimentales.
Une étude ancienne a par exemple étudié une préparation topique contenant de l’huile de graines d’Eruca sativa associée à de la propolis.
Mais ce type de résultat ne démontre pas qu’un complément oral à base de roquette augmente la densité des cheveux chez l’être humain.
La phrase :
« l’extrait de roquette stimule le bulbe et la croissance des cheveux »
est donc trop catégorique pour un conseil général.
Les plantes présentes dans certains compléments peuvent être intéressantes à étudier, mais leurs effets doivent être évalués produit par produit.
Qu’en est-il des compléments multi-ingrédients ?
Certaines formules associant :
– vitamines ;
– minéraux ;
– acides aminés ;
– extraits végétaux
ont montré des résultats encourageants dans des essais cliniques.
Une revue systématique publiée dans JAMA Dermatology en 2023 a identifié plusieurs compléments pour lesquels certaines études suggéraient un bénéfice sur la chute ou la densité.
Une méta-analyse plus récente sur l’alopécie androgénétique a également identifié des résultats favorables pour certains nutraceutiques.
Mais plusieurs limites restent importantes :
– formulations très différentes ;
– nombreuses combinaisons d’ingrédients ;
– études souvent de petite taille ;
– durées variables ;
– parfois financement industriel ;
– peu de comparaisons avec les traitements médicaux de référence.
Il est donc incorrect de généraliser le résultat d’une formule précise à tous les « compléments pour cheveux ».
Un produit contenant 15 ingrédients n’apporte pas nécessairement le même bénéfice qu’un autre produit simplement parce qu’ils contiennent tous les deux du zinc.
Les compléments peuvent-ils remplacer le minoxidil ?
Non.
Le minoxidil possède un niveau de preuve important dans certaines formes d’alopécie, notamment l’alopécie androgénétique.
Un complément nutritionnel ne doit pas être présenté comme une alternative équivalente simplement parce qu’il contient :
– zinc ;
– biotine ;
– plantes ;
– acides aminés.
Une personne présentant une diminution progressive de densité doit d’abord obtenir le bon diagnostic.
Les traitements efficaces dépendent de la cause.
Faut-il faire systématiquement une prise de sang avant un complément ?
Pas nécessairement avant chaque petit complément alimentaire.
Mais lorsqu’une personne consulte pour une véritable chute de cheveux, il est souvent plus logique de rechercher la cause que d’accumuler des vitamines.
Selon :
– symptômes ;
– alimentation ;
– antécédents ;
– type de chute
le médecin peut décider de vérifier certains paramètres.
Cela peut comprendre notamment dans certaines situations :
– ferritine ;
– numération sanguine ;
– fonction thyroïdienne ;
– vitamine B12 ;
– folates ;
– vitamine D ;
– autres examens ciblés.
Il n’existe pas un bilan sanguin unique obligatoire pour toutes les chutes de cheveux.
Le médecin sélectionne les examens selon le contexte.
Un complément peut-il cacher une vraie cause de chute ?
Oui, dans le sens où l’automédication peut retarder le diagnostic.
Une personne peut prendre des compléments pendant six mois alors que sa chute correspond en réalité à :
– alopécie androgénétique ;
– trouble thyroïdien ;
– alopécie areata ;
– carence en fer ;
– maladie du cuir chevelu ;
– effet indésirable médicamenteux.
Plus le diagnostic de certaines alopécies est précoce, plus il est possible de mettre en place rapidement une prise en charge adaptée.
Combien de temps faut-il prendre un complément cheveux ?
Il n’existe pas une durée universelle de trois mois applicable à tous les compléments.
La durée dépend :
– de la carence éventuelle ;
– de l’ingrédient ;
– de la dose ;
– du produit ;
– de la cause de la chute.
De nombreux essais sur les nutraceutiques durent plusieurs mois parce que le cycle pilaire évolue lentement.
Il ne faut donc pas attendre une transformation en quelques jours.
Mais cela ne signifie pas qu’il faut automatiquement poursuivre n’importe quel produit pendant trois mois.
Il faut respecter :
– la dose ;
– la durée recommandée ;
– les contre-indications.
Lorsqu’un complément vise à corriger une carence, la durée peut nécessiter un suivi biologique.
Peut-on prendre plusieurs compléments cheveux simultanément ?
Ce n’est généralement pas une bonne idée sans vérifier les compositions.
Les formules peuvent contenir les mêmes substances.
Par exemple :
Complément A
zinc + sélénium + biotine
Complément B
zinc + biotine + vitamine A
Multivitamines
zinc + sélénium + vitamine A + biotine.
En les additionnant, une personne peut dépasser inutilement certaines doses.
Les risques concernent notamment :
– zinc ;
– fer ;
– sélénium ;
– vitamine A ;
– autres vitamines ou minéraux selon les formulations.
Il faut toujours additionner les quantités provenant de tous les compléments.
Grossesse et compléments pour cheveux
Pendant la grossesse, un complément capillaire ne doit pas être ajouté automatiquement au complément prénatal.
Certaines formules peuvent contenir :
– vitamine A préformée ;
– fortes doses de minéraux ;
– plantes insuffisamment étudiées pendant la grossesse.
Le prénatal apporte déjà plusieurs nutriments.
Ajouter un autre complément peut provoquer des doublons.
Il est préférable de vérifier la formule avec un professionnel de santé.
Allaitement et compléments cheveux
La chute après l’accouchement est très fréquente.
Elle correspond souvent à un :
effluvium télogène post-partum.
Les cheveux qui étaient restés plus longtemps en phase de croissance pendant la grossesse passent ensuite davantage en phase de chute.
La chute est généralement temporaire.
Un complément ne doit pas automatiquement être considéré comme nécessaire.
Une alimentation suffisante et la correction d’une carence identifiée sont plus importantes.
Pendant l’allaitement, la sécurité des plantes et des doses élevées doit également être vérifiée.
Pourquoi les cheveux tombent-ils après un régime ?
Une réduction importante des calories peut constituer un stress physiologique.
Le follicule peut alors modifier son cycle.
Plusieurs semaines plus tard, davantage de cheveux passent en phase télogène et commencent à tomber.
Le problème est particulièrement fréquent après :
– perte de poids rapide ;
– chirurgie ;
– maladie sévère ;
– régimes extrêmement restrictifs.
Le traitement consiste surtout à corriger le facteur responsable et à rétablir des apports nutritionnels suffisants.
Prendre une mégadose de biotine ne corrige pas automatiquement un apport calorique insuffisant.
L’alimentation suffit-elle généralement ?
Pour la majorité des personnes en bonne santé, une alimentation suffisamment variée permet d’apporter la plupart des nutriments nécessaires.
Une alimentation favorable à la santé capillaire doit avant tout apporter suffisamment :
– d’énergie ;
– de protéines ;
– de vitamines ;
– de minéraux.
Il n’existe pas un aliment unique capable de faire pousser les cheveux.
Une bonne base comprend notamment :
– légumes ;
– fruits ;
– légumineuses ;
– céréales ;
– noix et graines ;
– protéines animales ou végétales selon les préférences.
Il faut surtout éviter les restrictions importantes sans raison médicale.
Le lavage fréquent abîme-t-il les cheveux ?
Pas nécessairement.
La fréquence de lavage doit être adaptée au cuir chevelu.
Une personne ayant un cuir chevelu gras peut avoir besoin de se laver les cheveux :
– quotidiennement ;
– ou tous les deux jours.
Une personne ayant des cheveux très secs, bouclés ou crépus peut généralement espacer davantage les shampoings.
Laver correctement les cheveux avec un shampoing adapté ne « fatigue » pas automatiquement le follicule.
La fréquence du lavage ne doit donc pas être réduite dans le but de faire pousser les cheveux.
Laver ses cheveux augmente-t-il la production de sébum ?
Il n’existe pas de règle selon laquelle les shampoings fréquents obligent les glandes sébacées à fabriquer toujours plus de sébum.
La production de sébum dépend surtout :
– des hormones ;
– de la génétique ;
– de l’âge.
Il faut laver le cuir chevelu selon la vitesse à laquelle il devient gras ou sale.
La chaleur peut-elle fragiliser les cheveux ?
Oui.
Les températures élevées répétées peuvent endommager la fibre.
Pour limiter la casse :
– utilisez une chaleur faible ou modérée ;
– évitez les passages répétés au même endroit ;
– utilisez une protection thermique adaptée ;
– espacez les coiffages très chauds si les cheveux deviennent cassants.
Cette stratégie protège la longueur mais n’accélère pas directement le fonctionnement du follicule.
Le soleil abîme-t-il les cheveux ?
Une exposition importante aux UV peut progressivement modifier :
– protéines de la fibre ;
– couleur ;
– résistance mécanique.
La fibre peut devenir :
– plus sèche ;
– plus rugueuse ;
– plus fragile.
Un chapeau constitue une protection mécanique utile lors d’une exposition importante.
Après la mer ou la piscine, rincer les cheveux peut également limiter l’accumulation de :
– sel ;
– chlore.
Le tabac influence-t-il les cheveux ?
Le tabagisme est associé à différents phénomènes inflammatoires et vasculaires et certaines études ont trouvé une association avec plusieurs formes de perte de cheveux.
Arrêter de fumer est surtout bénéfique pour la santé générale.
Il ne faut cependant pas promettre qu’un arrêt du tabac entraînera automatiquement une repousse rapide des cheveux.
Stress et chute de cheveux
Un stress physique ou psychologique important peut parfois déclencher un effluvium télogène.
La chute apparaît généralement avec un décalage de plusieurs semaines à quelques mois.
Les déclencheurs peuvent comprendre notamment :
– maladie ;
– fièvre ;
– chirurgie ;
– accouchement ;
– stress majeur ;
– perte de poids importante.
La gestion du facteur déclenchant est importante.
Les compléments ne constituent pas automatiquement le traitement.
Le sommeil fait-il pousser les cheveux ?
Dormir suffisamment fait partie d’une bonne hygiène de vie.
Un manque de sommeil chronique peut influencer différents aspects de la santé.
Mais il n’existe pas de preuve permettant de promettre qu’ajouter une heure de sommeil augmentera directement la vitesse de pousse du cheveu.
Il est donc préférable de présenter le sommeil comme un élément de santé globale, et non comme un « accélérateur capillaire ».
Un chapeau empêche-t-il les cheveux de respirer ?
Non.
La fibre capillaire visible ne respire pas.
Le cheveu est constitué de cellules kératinisées.
Porter normalement :
– chapeau ;
– casquette ;
– foulard
n’empêche donc pas le cheveu de recevoir de l’oxygène.
Le follicule reçoit ses nutriments et son oxygène par la circulation sanguine, pas par l’air extérieur.
Un couvre-chef très serré peut cependant provoquer :
– frottements ;
– casse ;
– traction
dans certaines situations.
Le problème est mécanique, pas un manque de respiration.
Comment choisir un complément alimentaire pour cheveux ?
Avant tout, demandez-vous pourquoi vous souhaitez le prendre.
Pour cheveux ternes ou secs
Un complément n’est généralement pas la première solution.
Il faut surtout travailler sur :
– shampoing adapté ;
– après-shampoing ;
– limitation de la chaleur ;
– traitements chimiques ;
– prévention de la casse.
Pour chute diffuse récente
Il peut être utile de rechercher :
– maladie récente ;
– stress important ;
– perte de poids ;
– accouchement ;
– carence ;
– médicament.
Pour diminution progressive de densité
Une alopécie androgénétique est possible.
Un diagnostic dermatologique est plus utile qu’une succession de compléments.
Pour carence connue
La correction du nutriment concerné peut être pertinente avec une dose adaptée.
Quels critères vérifier sur l’étiquette ?
Regardez :
– liste complète des ingrédients ;
– quantité exacte par dose ;
– dose quotidienne recommandée ;
– présence de fer ;
– dose de zinc ;
– dose de sélénium ;
– quantité de biotine ;
– vitamine A ;
– autres compléments déjà utilisés.
Méfiez-vous des promesses comme :
– « stoppe la chute » ;
– « double la densité » ;
– « pousse garantie » ;
– « résultats définitifs ».
Un complément alimentaire ne devrait pas être présenté comme un traitement garanti d’une maladie capillaire.
Quand consulter pour une chute de cheveux ?
Un avis dermatologique est particulièrement utile lorsque :
– la chute dure plusieurs mois ;
– la densité diminue progressivement ;
– la raie devient plus large ;
– la ligne frontale recule ;
– des zones entièrement dégarnies apparaissent ;
– les sourcils ou les poils tombent également ;
– le cuir chevelu devient rouge ou douloureux ;
– des croûtes ou squames importantes apparaissent ;
– la chute commence après un nouveau médicament ;
– la perte de cheveux s’accompagne d’autres symptômes généraux.
Une zone cicatricielle ou brillante sans follicules visibles doit être évaluée rapidement car certaines alopécies cicatricielles peuvent provoquer une perte définitive.
Compléments alimentaires pour cheveux : ce qu’il faut retenir
Les follicules pileux ont besoin d’une alimentation suffisamment riche en énergie, protéines, vitamines et minéraux.
Une carence nutritionnelle peut provoquer ou aggraver une chute de cheveux.
Parmi les nutriments dont un manque peut être associé à une chute figurent notamment :
– fer ;
– zinc ;
– protéines ;
– biotine dans les rares cas de déficit.
Corriger une carence peut permettre une amélioration.
Mais prendre davantage de vitamines ou minéraux lorsque les besoins sont déjà couverts ne garantit pas :
– davantage de densité ;
– une croissance plus rapide ;
– des cheveux plus épais.
La biotine est très populaire dans les compléments capillaires, mais la carence est rare et les preuves de bénéfice chez les personnes non déficitaires sont limitées.
De fortes doses peuvent également perturber certains examens de laboratoire.
Le fer ne doit pas être pris automatiquement contre une chute de cheveux.
Une supplémentation excessive peut être nocive.
Le zinc est essentiel, mais un excès prolongé peut provoquer une carence en cuivre.
Le sélénium est lui aussi nécessaire en petites quantités, mais son excès peut paradoxalement provoquer une chute de cheveux.
Les acides aminés soufrés comme la cystéine et la méthionine participent à la structure de la kératine, mais leur présence dans le cheveu ne prouve pas qu’une supplémentation supplémentaire soit nécessaire lorsque l’apport protéique est adéquat.
Les preuves concernant des plantes comme la prêle ou la roquette restent insuffisantes pour garantir une augmentation de la pousse ou de la densité.
Certains compléments multi-ingrédients ont montré des résultats intéressants dans des essais cliniques, mais les études restent très variables et les résultats d’un produit ne peuvent pas être extrapolés à tous les compléments capillaires.
Il n’existe pas non plus de règle imposant une « cure de trois mois » à tout le monde.
La durée doit dépendre du produit, de la cause et d’une éventuelle carence.
Enfin, les compléments ne remplacent pas le diagnostic.
Une chute persistante, progressive, localisée ou accompagnée d’une inflammation du cuir chevelu doit être évaluée afin d’en identifier la cause et de commencer un traitement approprié lorsque cela est nécessaire.
Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre informatif et ne remplacent pas les recommandations d’un médecin, d’un dermatologue ou d’un professionnel de la nutrition.
Sources
American Academy of Dermatology Association — Hair loss: Who gets and causes.
American Academy of Dermatology Association — Hair loss: Tips for managing.
American Academy of Dermatology Association — Supplement secrets unveiled: Debunking common myths about beauty boosters.
DermNet — Telogen effluvium.
DermNet — Iron deficiency.
National Institutes of Health, Office of Dietary Supplements — Biotin Fact Sheet.
National Institutes of Health, Office of Dietary Supplements — Zinc Fact Sheet.
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National Institutes of Health, Office of Dietary Supplements — Selenium Fact Sheet.
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PubMed — Micronutrients and Androgenetic Alopecia: A Systematic Review.
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