Conseils beauté
Niacinamide : La vitamine à intégrer dans sa routine beauté !
Niacinamide et acné : sébum, pores, marques et utilisation
La niacinamide, également appelée nicotinamide, est une forme de vitamine B3 très utilisée dans les soins destinés aux peaux grasses, sensibles ou sujettes aux imperfections.
On la retrouve notamment dans :
– sérums ;
– crèmes hydratantes ;
– lotions ;
– nettoyants ;
– soins anti-imperfections.
Son succès s’explique par sa polyvalence.
La niacinamide peut notamment contribuer à :
– soutenir la barrière cutanée ;
– améliorer l’hydratation ;
– moduler certains paramètres du sébum ;
– réduire progressivement certaines hyperpigmentations ;
– améliorer l’apparence générale de la peau.
Mais elle ne doit pas être présentée comme un actif capable de « traiter presque tous les problèmes de peau ».
Dans le cas de l’acné, les données disponibles sont intéressantes mais restent plus limitées que pour des traitements de référence comme les rétinoïdes topiques, le peroxyde de benzoyle, l’acide salicylique ou l’acide azélaïque.
Qu’est-ce que la niacinamide ?
La niacinamide est la forme amide de la vitamine B3.
On l’appelle également :
nicotinamide.
Elle ne doit pas être confondue avec une autre forme de vitamine B3 :
l’acide nicotinique, ou niacine.
Ces deux molécules appartiennent à la même famille vitaminique mais n’ont pas exactement les mêmes propriétés ni les mêmes effets lorsqu’elles sont utilisées à certaines doses.
En cosmétique, c’est principalement la niacinamide qui est utilisée.
Elle est hydrosoluble et peut être intégrée à de nombreux types de formulations.
À quoi sert la niacinamide dans la peau ?
La vitamine B3 participe indirectement à de nombreux processus cellulaires par l’intermédiaire de coenzymes comme :
NAD+
et
NADP+.
Ces molécules sont importantes dans :
– le métabolisme énergétique ;
– les réactions d’oxydoréduction ;
– certaines fonctions de réparation cellulaire ;
– différentes réactions biologiques de la peau.
Appliquée localement, la niacinamide possède plusieurs effets étudiés en dermatologie et en cosmétique.
Elle ne doit cependant pas être considérée comme un médicament universel.
Niacinamide et barrière cutanée
L’un des intérêts les mieux documentés de la niacinamide concerne la fonction barrière.
La couche cornée de la peau repose notamment sur :
– les cornéocytes ;
– les lipides intercellulaires ;
– une quantité suffisante d’eau.
Des études expérimentales et cliniques suggèrent que la niacinamide peut soutenir certains mécanismes impliqués dans la production de lipides épidermiques et dans la qualité de la barrière.
Elle peut donc être particulièrement intéressante dans une routine qui provoque :
– sécheresse ;
– tiraillements ;
– inconfort.
C’est notamment utile chez certaines personnes utilisant des traitements anti-acné potentiellement irritants.
Niacinamide et hydratation
La niacinamide n’est pas un humectant classique comme la glycérine ou l’acide hyaluronique.
Son intérêt hydratant est davantage lié à son action sur la fonction barrière.
Une barrière cutanée plus efficace aide à limiter la perte excessive d’eau.
Pour une peau déshydratée, une formule peut donc associer la niacinamide à des ingrédients comme :
– glycérine ;
– acide hyaluronique ;
– céramides ;
– agents émollients.
La niacinamide réduit-elle le sébum ?
Certaines données suggèrent un effet intéressant.
Une étude clinique a évalué une formule contenant :
2 % de niacinamide.
Chez 100 participants japonais, la production de sébum mesurée a diminué après plusieurs semaines par rapport au véhicule.
Chez un deuxième groupe de 30 participants caucasiens, certains paramètres du sébum se sont également améliorés, mais tous les résultats n’étaient pas identiques.
On peut donc dire que la niacinamide peut aider à moduler certains paramètres du sébum.
Il serait cependant excessif de promettre qu’un sérum à la niacinamide va automatiquement « réguler » définitivement toutes les peaux grasses.
La production de sébum dépend notamment :
– de la génétique ;
– des hormones ;
– de l’âge ;
– de différents facteurs individuels.
La niacinamide traite-t-elle l’acné ?
Elle peut avoir un intérêt complémentaire, mais les preuves sont encore limitées.
Une revue consacrée à l’utilisation de la nicotinamide dans l’acné a identifié plusieurs petites études cliniques.
Certaines montraient une amélioration de l’acné avec une utilisation topique.
Mais les auteurs concluaient que les données disponibles restaient insuffisantes pour déterminer clairement son efficacité par rapport aux traitements standards.
La niacinamide ne doit donc pas être présentée comme équivalente à un antibiotique topique ou comme un traitement de première intention universel.
Les recommandations dermatologiques actuelles pour l’acné mettent davantage en avant des traitements dont les preuves sont plus robustes, notamment :
– peroxyde de benzoyle ;
– rétinoïdes topiques ;
– acide salicylique ;
– acide azélaïque ;
– certains antibiotiques lorsqu’ils sont indiqués ;
– traitements hormonaux ou systémiques selon la sévérité.
La niacinamide peut néanmoins être intéressante comme complément de routine.
Pourquoi la niacinamide peut-elle être utile avec un traitement anti-acné ?
Les traitements efficaces contre l’acné peuvent parfois provoquer :
– sécheresse ;
– desquamation ;
– tiraillements ;
– irritation.
Une crème hydratante contenant de la niacinamide et d’autres ingrédients de barrière peut alors contribuer à améliorer la tolérance.
Une étude randomisée publiée en 2024 a par exemple évalué chez des patients traités pour une acné légère à modérée une crème contenant notamment :
– niacinamide ;
– céramides.
La crème était utilisée en complément d’un traitement anti-acné comprenant adapalène et peroxyde de benzoyle.
Les résultats soutiennent l’intérêt des dermocosmétiques hydratants comme accompagnement du traitement.
Cela ne signifie pas que la niacinamide seule produirait les mêmes résultats que le traitement médicamenteux.
Niacinamide et boutons inflammatoires
La niacinamide possède des propriétés anti-inflammatoires étudiées.
Cela peut contribuer à son intérêt dans une peau sujette aux imperfections inflammatoires.
Mais il est incorrect de dire :
« la niacinamide neutralise l’inflammation ».
L’acné résulte de plusieurs mécanismes simultanés :
– obstruction folliculaire ;
– production de sébum ;
– inflammation ;
– activité de Cutibacterium acnes ;
– influences hormonales.
Un seul ingrédient cosmétique ne contrôle donc pas nécessairement toutes les composantes de l’acné.
La niacinamide est-elle antibactérienne ?
Des effets antimicrobiens ou liés à l’immunité cutanée ont été étudiés dans différents modèles.
Mais cela ne justifie pas de présenter un sérum cosmétique à la niacinamide comme :
« aussi efficace qu’un antibiotique ».
Les antibiotiques et la niacinamide n’ont pas le même niveau de preuve, le même mécanisme ni les mêmes indications.
L’utilisation des antibiotiques dans l’acné doit par ailleurs être encadrée afin de limiter le risque de résistance bactérienne.
La niacinamide ne remplace pas automatiquement un traitement antibiotique lorsqu’un médecin estime celui-ci nécessaire.
Niacinamide et pores dilatés
La niacinamide peut contribuer à rendre les pores moins visibles chez certaines personnes.
Cela peut notamment être lié à :
– une diminution de la brillance ;
– une modification du sébum ;
– une amélioration de la texture générale de la peau.
Mais elle ne « resserre » pas définitivement les pores.
Un pore n’est pas une porte qui peut être ouverte et fermée.
Sa visibilité dépend notamment :
– de sa taille anatomique ;
– du sébum ;
– de l’obstruction ;
– de l’élasticité de la peau ;
– du vieillissement ;
– de la génétique.
L’American Academy of Dermatology indique que différents gestes peuvent rendre les pores moins visibles, notamment une routine non comédogène, un nettoyage doux et certains rétinoïdes selon la situation.
Il est donc préférable d’écrire :
« améliore l’apparence des pores »
plutôt que :
« réduit la taille des pores ».
Niacinamide et marques après l’acné
La niacinamide peut être particulièrement intéressante lorsque l’acné laisse des marques brunes.
Ces marques sont souvent une :
hyperpigmentation post-inflammatoire.
Elles ne doivent pas être confondues avec les véritables cicatrices d’acné qui modifient le relief de la peau.
Des études ont montré que la niacinamide topique peut réduire progressivement certaines hyperpigmentations.
Un essai utilisant une formule contenant :
5 % de niacinamide
a notamment observé une diminution significative de l’hyperpigmentation après plusieurs semaines.
Comment agit la niacinamide sur les taches ?
L’un de ses mécanismes les mieux décrits concerne le transfert des mélanosomes.
Les mélanocytes fabriquent de la mélanine.
Cette mélanine est ensuite transportée dans de petites structures appelées :
mélanosomes.
Les mélanosomes sont transférés vers les kératinocytes.
Une étude expérimentale et clinique classique a montré que la niacinamide diminuait ce transfert.
C’est différent d’un actif qui inhibe directement l’enzyme tyrosinase.
Il est donc incorrect de dire que la niacinamide éclaircit principalement les taches parce qu’elle augmente le collagène.
Son action sur la pigmentation repose notamment sur un mécanisme de transfert de mélanosomes.
En combien de temps agit-elle sur les marques ?
Il ne faut pas attendre un résultat en quelques jours.
Dans certaines études utilisant des concentrations autour de :
5 %
des améliorations de pigmentation ont été observées après environ quatre semaines.
Mais le temps nécessaire dépend notamment :
– de la profondeur du pigment ;
– du phototype ;
– de la cause de la tache ;
– de l’exposition solaire ;
– de l’apparition éventuelle de nouveaux boutons.
Une hyperpigmentation post-inflammatoire peut parfois persister pendant plusieurs mois.
Traiter simultanément l’acné est donc important pour éviter la formation continuelle de nouvelles marques.
La protection solaire est-elle importante ?
Oui.
Une personne qui cherche à atténuer des marques pigmentaires doit accorder une grande importance à la photoprotection.
Les rayonnements peuvent contribuer à maintenir ou accentuer certaines hyperpigmentations.
Une protection solaire à large spectre :
SPF30 minimum
est généralement recommandée.
Pour une peau acnéique, une formule :
– non comédogène ;
– adaptée à la peau grasse ;
– suffisamment agréable pour être utilisée régulièrement
peut être préférable.
La niacinamide protège-t-elle du soleil ?
Il faut être très précis.
La nicotinamide a été étudiée pour différents mécanismes liés aux dommages provoqués par les UV, notamment :
– réparation cellulaire ;
– immunosuppression induite par les UV ;
– stress lié au photodommage.
Ces recherches sont intéressantes.
Mais la niacinamide n’est pas un filtre solaire.
Elle n’apporte pas à elle seule un SPF mesurable comparable aux filtres UVA ou UVB d’une crème solaire.
Un sérum à la niacinamide ne remplace donc jamais :
– une protection solaire ;
– les vêtements ;
– le chapeau ;
– l’ombre.
Si un produit à la niacinamide affiche un SPF, ce sont les filtres solaires présents dans la formule qui fournissent l’essentiel de cette protection réglementaire.
Niacinamide et réparation de l’ADN
La nicotinamide participe au métabolisme cellulaire du NAD+, qui joue notamment un rôle dans les mécanismes de réparation de l’ADN.
Des travaux ont étudié son potentiel pour soutenir la réponse de cellules exposées aux UV.
Cela ne signifie cependant pas qu’un sérum cosmétique peut « réparer les dégâts du soleil » après une exposition au point de rendre la protection solaire inutile.
La meilleure stratégie reste de limiter initialement les dommages UV grâce à une photoprotection efficace.
La niacinamide est-elle antioxydante ?
La situation est plus complexe que :
« toutes les vitamines sont antioxydantes ».
Toutes les vitamines n’ont pas le même mécanisme.
La niacinamide participe à des systèmes cellulaires impliquant notamment :
NAD+
et
NADP+.
Elle peut ainsi contribuer indirectement à la capacité de la cellule à répondre au stress oxydatif.
Mais son fonctionnement n’est pas exactement celui d’un antioxydant direct comme certaines formes de :
– vitamine C ;
– vitamine E.
Il est donc préférable de parler de soutien des mécanismes cellulaires face au stress oxydatif plutôt que d’affirmer que toutes les vitamines possèdent automatiquement la même action antioxydante.
Niacinamide et rougeurs
Certaines formules contenant de la niacinamide peuvent améliorer le confort et l’apparence de certaines rougeurs.
Cet effet peut être lié notamment :
– à la fonction barrière ;
– à ses propriétés anti-inflammatoires ;
– à l’amélioration de la sécheresse.
Mais une rougeur peut avoir de nombreuses causes :
– irritation ;
– rosacée ;
– eczéma ;
– allergie ;
– acné inflammatoire.
Un sérum à la niacinamide ne constitue donc pas un diagnostic ni un traitement universel contre les rougeurs.
Une rougeur persistante doit être évaluée selon sa cause.
La niacinamide traite-t-elle l’eczéma ?
Non, pas seule.
Des soins contenant de la niacinamide ont été étudiés comme émollients chez des personnes atteintes de dermatite atopique et peuvent contribuer à :
– hydrater ;
– améliorer certains paramètres de barrière ;
– réduire l’inconfort.
Mais l’eczéma est une maladie inflammatoire.
Lors d’une poussée importante, un traitement médical anti-inflammatoire peut être nécessaire.
Une crème contenant de la niacinamide ne doit donc pas remplacer le traitement prescrit.
La niacinamide est-elle apaisante ?
Elle peut être intéressante dans les formules destinées à une peau sensible ou fragilisée.
Mais l’affirmation :
« elle inhibe l’histamine et arrête les démangeaisons »
est trop catégorique pour un conseil cosmétique général.
Les démangeaisons peuvent avoir de nombreuses causes.
Si elles persistent, il faut rechercher notamment :
– eczéma ;
– dermatite de contact ;
– urticaire ;
– infection ;
– autre affection dermatologique.
Niacinamide et rides
La niacinamide a également été étudiée dans des produits destinés au vieillissement cutané.
Certaines études rapportent des améliorations de paramètres comme :
– texture ;
– ridules ;
– élasticité ;
– pigmentation.
Mais elle ne doit pas être présentée comme un actif qui « efface l’ensemble des rides ».
Les résultats sont généralement modestes et progressifs.
Pour la prévention du vieillissement cutané, la photoprotection régulière reste fondamentale.
Les rétinoïdes possèdent également des données particulièrement solides pour certains signes du photovieillissement.
La niacinamide stimule-t-elle le collagène ?
Des effets sur différentes protéines et mécanismes de la matrice extracellulaire ont été observés dans des études expérimentales.
Mais il est préférable de ne pas réduire tous ses bénéfices anti-âge ou anti-taches à :
« elle augmente le collagène ».
Pour les taches pigmentaires notamment, l’un des mécanismes cliniquement documentés est surtout la diminution du transfert des mélanosomes.
Le collagène concerne davantage les propriétés structurelles du derme et certains signes du vieillissement.
Quelle concentration de niacinamide choisir ?
Il n’existe pas une concentration universelle idéale.
Beaucoup de données cliniques historiques concernent des concentrations situées autour de :
2 à 5 %.
Par exemple :
2 %
a été étudié pour certains paramètres du sébum.
5 %
a été étudié notamment pour :
– hyperpigmentation ;
– apparence de la peau ;
– différents paramètres liés au vieillissement.
Ces concentrations peuvent donc déjà être efficaces.
10 % de niacinamide est-il meilleur que 5 % ?
Pas nécessairement.
De nombreux sérums cosmétiques contiennent aujourd’hui :
10 % de niacinamide.
Cela ne signifie pas qu’ils sont automatiquement deux fois plus efficaces qu’un produit à 5 %.
L’efficacité dépend également :
– de la formule ;
– du véhicule ;
– des autres ingrédients ;
– de la problématique ;
– de la tolérance.
Les concentrations plus élevées peuvent également être moins confortables pour certaines personnes.
Il est donc inutile de chercher systématiquement le pourcentage le plus élevé disponible.
20 % de niacinamide est-il nécessaire ?
Rarement pour une routine classique.
Une concentration très élevée peut avoir une justification dans certaines formulations particulières, mais elle ne doit pas être considérée comme supérieure par principe.
Une personne débutante ou ayant une peau sensible peut parfaitement obtenir un bénéfice avec une concentration plus basse.
Le choix doit être guidé par :
– le besoin ;
– la formulation ;
– la tolérance.
La niacinamide est-elle non irritante ?
Elle est généralement bien tolérée.
Mais :
« non irritante »
est trop absolu.
Certains utilisateurs peuvent développer :
– picotements ;
– rougeurs ;
– sensation de brûlure ;
– démangeaisons ;
– irritation.
Cela peut être lié :
– à une concentration élevée ;
– à la formule complète ;
– à un autre ingrédient ;
– à une barrière déjà fragilisée.
Un produit bien toléré par une personne peut ne pas convenir à une autre.
Comment introduire la niacinamide ?
Il est possible de commencer simplement.
Par exemple :
une application par jour
pendant les premières utilisations.
Si la peau reste confortable, le produit peut ensuite être utilisé selon les indications du fabricant.
Il n’est pas nécessaire de commencer plusieurs nouveaux sérums en même temps.
Cela permet de repérer plus facilement la cause d’une éventuelle réaction.
Matin ou soir ?
La niacinamide peut généralement être utilisée :
le matin
et/ou
le soir.
Elle n’est pas considérée comme un actif qui impose une utilisation uniquement nocturne.
Le choix dépend surtout :
– de la formule ;
– des autres produits ;
– des préférences.
Le matin, elle peut être utilisée avant une protection solaire.
Le soir, elle peut être utilisée avant une crème hydratante.
Peut-on utiliser la niacinamide avec le rétinol ?
Oui.
Il n’existe pas d’incompatibilité générale entre :
niacinamide
et
rétinol.
Cette association peut même être intéressante parce que la niacinamide et les ingrédients hydratants présents dans une formule peuvent aider au confort d’une peau utilisant un rétinoïde.
Le rétinol peut toutefois provoquer une irritation indépendamment de la niacinamide.
Il doit donc être introduit progressivement.
Peut-on associer niacinamide et vitamine C ?
Oui.
L’ancienne idée selon laquelle niacinamide et vitamine C s’annulent systématiquement lorsqu’elles sont appliquées ensemble n’est pas applicable aux cosmétiques modernes utilisés normalement.
Les deux peuvent être présents dans :
– le même produit ;
– ou la même routine.
La tolérance de la formule reste cependant importante.
Une peau sensible peut choisir de les séparer simplement pour diminuer le nombre d’actifs appliqués simultanément.
La niacinamide est-elle moins irritante que la vitamine C ?
Il est difficile d’établir une règle générale.
La niacinamide est souvent bien tolérée.
Mais les produits à la vitamine C peuvent utiliser :
– acide ascorbique ;
– différents dérivés ;
– différentes concentrations ;
– différents pH.
Certaines formules de vitamine C sont très douces et certaines formules fortement concentrées de niacinamide peuvent irriter.
La tolérance dépend donc du produit complet.
Peut-on utiliser niacinamide et acide salicylique ?
Oui.
Cette association peut être intéressante pour une peau :
– grasse ;
– sujette aux comédons ;
– présentant des imperfections.
L’acide salicylique possède une activité kératolytique et peut aider à désobstruer les pores.
La niacinamide peut apporter un soutien complémentaire à la barrière et certains paramètres du sébum.
Mais une routine ne doit pas devenir inutilement complexe.
Si l’acide salicylique irrite la peau, réduisez sa fréquence plutôt que d’ajouter toujours davantage de produits.
Niacinamide et acide azélaïque
Ils peuvent également être associés.
L’acide azélaïque possède des données intéressantes notamment pour :
– acné ;
– hyperpigmentation post-inflammatoire ;
– certaines rougeurs.
La niacinamide peut compléter la routine par ses effets sur :
– barrière ;
– hydratation ;
– pigmentation.
La tolérance individuelle reste le meilleur guide.
Niacinamide et peroxyde de benzoyle
Il n’existe pas d’incompatibilité générale.
Une crème contenant de la niacinamide peut même être intéressante pour accompagner un traitement au peroxyde de benzoyle si celui-ci provoque une sécheresse.
Le peroxyde de benzoyle reste toutefois l’actif thérapeutique principal contre l’acné dans cette association.
La niacinamide ne doit pas être présentée comme un remplacement équivalent.
Routine avec niacinamide pour peau grasse avec imperfections
Le matin
1. Nettoyant doux.
2. Sérum ou hydratant contenant de la niacinamide.
3. Protection solaire SPF30 minimum, adaptée aux peaux à tendance acnéique.
Le soir
1. Démaquillage si nécessaire.
2. Nettoyant doux.
3. Traitement anti-acné adapté si nécessaire.
4. Hydratant contenant éventuellement de la niacinamide.
Il n’est pas obligatoire d’utiliser la niacinamide deux fois par jour.
Routine pour marques brunes après l’acné
Le matin
1. Nettoyant doux.
2. Niacinamide.
3. Protection solaire SPF30 minimum.
Le soir
1. Nettoyant.
2. Actif ciblé adapté, par exemple niacinamide ou acide azélaïque selon la routine.
3. Hydratant.
Le traitement de l’acné elle-même reste essentiel.
Une routine qui éclaircit les anciennes marques sans empêcher de nouvelles lésions risque d’être constamment rattrapée par de nouvelles hyperpigmentations.
Peut-on utiliser uniquement la niacinamide pour une acné importante ?
Non.
Une acné :
– modérée à sévère ;
– profonde ;
– douloureuse ;
– nodulaire ;
– laissant des cicatrices
doit être évaluée médicalement.
Un dermatologue peut proposer un traitement beaucoup plus efficace pour éviter notamment les cicatrices permanentes.
Un sérum cosmétique ne doit pas retarder cette prise en charge.
Comment choisir un soin à la niacinamide ?
Ne choisissez pas uniquement selon le pourcentage indiqué en gros sur l’emballage.
Regardez également :
– type de produit ;
– texture ;
– présence d’autres actifs ;
– parfum ;
– tolérance ;
– objectif recherché.
Pour une peau grasse
Une texture légère peut être préférable.
Pour une peau sèche
Une crème contenant également des agents hydratants et émollients peut être plus adaptée qu’un sérum seul.
Pour une peau sensible
Commencer avec une concentration raisonnable et une formule simple peut être plus confortable.
Pour des marques post-acné
Une formule autour de 4 à 5 % peut déjà correspondre aux concentrations utilisées dans plusieurs études.
Le pourcentage le plus élevé n’est pas automatiquement le meilleur choix.
La niacinamide est-elle stable ?
La niacinamide est généralement considérée comme un ingrédient relativement stable dans les conditions habituelles de formulation cosmétique.
Cela constitue l’une des raisons de sa grande utilisation.
Il est cependant excessif d’affirmer qu’elle n’est jamais sensible :
– à la chaleur ;
– à la lumière ;
– aux conditions de stockage.
La stabilité d’un cosmétique dépend toujours de la formule complète, du contenant et des conditions de conservation.
Respectez les indications du fabricant et évitez de conserver les produits dans une chaleur excessive.
Niacinamide : ce qu’il faut retenir
La niacinamide, ou nicotinamide, est une forme de vitamine B3 très utilisée en cosmétique.
Elle possède plusieurs intérêts documentés pour la peau.
Elle peut notamment contribuer à :
– soutenir la fonction barrière ;
– améliorer l’hydratation ;
– moduler certains paramètres du sébum ;
– réduire progressivement certaines hyperpigmentations ;
– améliorer l’apparence générale de la peau.
Elle peut également constituer un complément intéressant dans une routine pour peau à tendance acnéique.
Mais elle ne doit pas être présentée comme un traitement universel contre l’acné.
Les données disponibles sur l’acné sont prometteuses mais restent moins robustes que celles concernant certains traitements recommandés comme :
– rétinoïdes topiques ;
– peroxyde de benzoyle ;
– acide salicylique ;
– acide azélaïque.
Une concentration de 2 % a montré des effets sur certains paramètres du sébum.
Des concentrations autour de 5 % ont été étudiées notamment sur l’hyperpigmentation et différents paramètres de qualité cutanée.
Les sérums à 10 % sont très répandus, mais une concentration plus élevée ne signifie pas automatiquement une meilleure efficacité.
La niacinamide ne réduit pas définitivement la taille anatomique des pores. Elle peut surtout contribuer à améliorer leur apparence.
Son action sur les taches pigmentaires ne repose pas principalement sur une augmentation du collagène : l’un des mécanismes les mieux étudiés est la diminution du transfert des mélanosomes vers les kératinocytes.
La niacinamide possède également des effets biologiques intéressants face aux dommages causés par les UV, mais elle n’est pas un filtre solaire et ne remplace jamais une protection SPF.
Enfin, elle est généralement bien tolérée, mais aucune substance cosmétique n’est garantie « non irritante » pour tout le monde.
Une acné importante, douloureuse ou cicatricielle doit être prise en charge par un dermatologue plutôt que traitée uniquement avec un sérum cosmétique.
Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre informatif et ne remplacent pas le diagnostic ou le traitement recommandé par un dermatologue.
Sources
American Academy of Dermatology Association — Acne clinical guideline.
American Academy of Dermatology Association — What can treat large facial pores?
PubMed — Niacinamide: a review on dermal delivery strategies and clinical evidence.
PubMed — The role of nicotinamide in acne treatment.
PubMed — The effect of 2% niacinamide on facial sebum production.
PubMed — The effect of niacinamide on reducing cutaneous pigmentation and suppression of melanosome transfer.
PubMed — Clinical Comparison of Topical 2.5% Benzoyl Peroxide plus 5% Niacinamide to 2.5% Benzoyl Peroxide Alone in the Treatment of Mild to Moderate Facial Acne Vulgaris.
PubMed — Efficacy of ceramides and niacinamide-containing moisturizer versus hydrophilic cream in combination with topical anti-acne treatment in mild to moderate acne vulgaris.
PubMed — Nicotinamide in dermatology and photoprotection.
PubMed — Niacinamide for photoprotection and skin cancer chemoprevention: A review of efficacy and safety.

