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QU’EST-CE QUE LE PSORIASIS ?
Psoriasis : symptômes, causes, types et traitements
Le psoriasis est une maladie inflammatoire chronique à médiation immunitaire.
Il touche principalement la peau, mais il peut également atteindre :
– les ongles ;
– les articulations ;
– et être associé à d’autres problèmes de santé.
La forme la plus fréquente est le psoriasis en plaques, qui provoque des zones épaissies et bien délimitées, souvent recouvertes de squames.
Mais il existe plusieurs formes de psoriasis et leur apparence peut varier fortement selon :
– la localisation ;
– le type de psoriasis ;
– la couleur de peau ;
– la sévérité de la maladie.
Le psoriasis n’est pas contagieux.
Il ne se transmet pas :
– en touchant une personne ;
– en partageant des objets du quotidien ;
– en nageant dans la même piscine ;
– par une poignée de main.
Il peut apparaître à n’importe quel âge, y compris chez l’enfant.
Même s’il n’existe actuellement pas de traitement permettant de guérir définitivement le psoriasis, les traitements modernes peuvent réduire considérablement les symptômes et permettre à de nombreux patients d’obtenir une peau presque ou totalement débarrassée des plaques pendant certaines périodes.
Qu’est-ce que le psoriasis ?
Le psoriasis apparaît lorsque le système immunitaire participe à une réaction inflammatoire anormale qui accélère notamment le renouvellement des cellules de l’épiderme.
Les cellules cutanées s’accumulent alors à la surface de la peau beaucoup plus rapidement que normalement.
Cela contribue à former les plaques caractéristiques.
Le psoriasis est donc bien plus complexe qu’un simple problème de « peau qui se renouvelle trop vite ».
Il implique notamment :
– le système immunitaire ;
– différents médiateurs inflammatoires ;
– les kératinocytes ;
– des facteurs génétiques ;
– des facteurs environnementaux.
C’est pour cette raison que certains traitements modernes agissent directement sur des voies précises du système immunitaire.
À quoi ressemble le psoriasis ?
L’aspect dépend du type de psoriasis et de la couleur de la peau.
Sur une peau claire, le psoriasis en plaques est souvent :
– rose ;
– rouge ;
– recouvert de squames blanchâtres ou argentées.
Sur une peau plus foncée, les plaques peuvent apparaître :
– violacées ;
– brun foncé ;
– grisâtres ;
– plus foncées que la peau environnante.
Les squames peuvent également sembler grises ou blanchâtres.
Après la disparition d’une plaque, une modification temporaire de pigmentation peut persister.
La zone peut devenir :
– plus foncée ;
– ou plus claire
que la peau environnante.
Ces changements pigmentaires ne sont pas nécessairement des cicatrices et peuvent prendre plusieurs mois à s’atténuer.
Quels sont les symptômes du psoriasis ?
Les symptômes varient selon les personnes.
Les signes possibles comprennent notamment :
– plaques épaissies ;
– squames ;
– démangeaisons ;
– sécheresse ;
– fissures ;
– sensation de brûlure ;
– douleur ;
– saignement lorsque la peau est très fissurée ou traumatisée.
Certaines personnes ont très peu de démangeaisons.
Chez d’autres, elles peuvent être importantes et perturber :
– sommeil ;
– travail ;
– concentration ;
– qualité de vie.
Le psoriasis évolue souvent par poussées.
Une personne peut connaître :
– des périodes d’aggravation ;
– des périodes d’amélioration ;
– parfois des périodes où les lésions deviennent presque invisibles.
Qu’est-ce que le psoriasis en plaques ?
Le psoriasis en plaques, ou psoriasis vulgaire, est la forme la plus fréquente.
Il provoque généralement des plaques :
– bien délimitées ;
– épaissies ;
– squameuses.
Les localisations classiques comprennent :
– coudes ;
– genoux ;
– cuir chevelu ;
– bas du dos.
Mais les plaques peuvent apparaître pratiquement n’importe où.
Les lésions sont souvent relativement symétriques.
Une personne peut par exemple présenter des plaques sur les deux coudes ou les deux genoux.
Qu’est-ce que le psoriasis du cuir chevelu ?
Le cuir chevelu est une localisation fréquente.
Il peut provoquer :
– plaques ;
– squames épaisses ;
– démangeaisons ;
– desquamation visible dans les cheveux ou sur les vêtements.
Le psoriasis du cuir chevelu peut parfois ressembler à :
– des pellicules ;
– une dermatite séborrhéique.
Il peut même exister une combinaison de psoriasis et de dermatite séborrhéique, parfois appelée sebopsoriasis.
Le diagnostic est important car le traitement peut être différent.
Les shampoings seuls suffisent-ils pour le psoriasis du cuir chevelu ?
Pas toujours.
Certains shampoings ou soins peuvent aider à diminuer :
– squames ;
– accumulation de kératine ;
– démangeaisons.
Mais un psoriasis du cuir chevelu nécessite souvent un traitement médicamenteux local adapté.
Le dermatologue peut notamment prescrire selon la situation des traitements sous forme de :
– lotion ;
– mousse ;
– gel ;
– solution ;
– shampoing médicamenteux.
Le choix dépend notamment de l’épaisseur des plaques et de la présence de cheveux.
Qu’est-ce que le psoriasis en gouttes ?
Le psoriasis en gouttes, ou psoriasis guttata, provoque de nombreuses petites lésions squameuses.
Il apparaît souvent assez brutalement sur :
– tronc ;
– bras ;
– jambes.
Cette forme est particulièrement fréquente chez :
– enfants ;
– adolescents ;
– jeunes adultes.
Elle peut apparaître après une infection, notamment une infection à streptocoque comme une angine.
Un psoriasis en gouttes peut disparaître après quelques mois et ne jamais revenir.
Chez d’autres personnes, il peut récidiver ou être suivi plus tard d’un psoriasis en plaques.
Qu’est-ce que le psoriasis inversé ?
Le psoriasis inversé, également appelé psoriasis des plis, apparaît dans les zones où la peau touche la peau.
Par exemple :
– aisselles ;
– aine ;
– sous les seins ;
– pli interfessier ;
– parfois région génitale.
Contrairement au psoriasis classique, les plaques peuvent être :
– lisses ;
– brillantes ;
– peu squameuses.
L’humidité et les frottements expliquent en partie cette différence d’aspect.
Cette forme peut être confondue avec :
– mycose ;
– candidose ;
– irritation ;
– intertrigo.
Il est donc important d’obtenir le bon diagnostic avant d’appliquer un traitement au hasard.
Qu’est-ce que le psoriasis pustuleux ?
Le psoriasis pustuleux provoque des pustules contenant du liquide stérile.
Il ne s’agit pas nécessairement d’une infection bactérienne.
Certaines formes restent localisées, notamment sur :
– paumes ;
– plantes des pieds.
Mais une forme généralisée peut toucher de grandes surfaces du corps.
Le psoriasis pustuleux généralisé peut s’accompagner de :
– fièvre ;
– frissons ;
– faiblesse ;
– déshydratation ;
– accélération du rythme cardiaque.
Cette situation peut être grave et nécessite une prise en charge médicale urgente.
Qu’est-ce que le psoriasis érythrodermique ?
Le psoriasis érythrodermique est une forme rare mais grave.
Une grande partie du corps devient :
– rouge ou fortement colorée ;
– inflammatoire ;
– douloureuse ;
– très desquamative.
Il peut s’accompagner de :
– fièvre ;
– frissons ;
– faiblesse ;
– accélération du pouls ;
– difficultés à réguler la température corporelle ;
– déshydratation.
Cette forme peut provoquer des complications importantes.
Elle constitue une urgence médicale.
Une personne dont le psoriasis s’étend brutalement à presque tout le corps et qui se sent malade doit recevoir rapidement des soins.
Le psoriasis peut-il atteindre les ongles ?
Oui.
Le psoriasis peut toucher les ongles des mains ou des pieds.
Les signes possibles comprennent :
– petites dépressions dans l’ongle ;
– changement de couleur ;
– épaississement ;
– fragilité ;
– décollement de l’ongle ;
– accumulation de matière sous l’ongle.
Le psoriasis unguéal peut parfois ressembler à une mycose.
Un prélèvement peut être nécessaire lorsqu’il existe un doute.
L’atteinte des ongles est également particulièrement importante à signaler car elle est associée à un risque plus élevé de rhumatisme psoriasique.
Le psoriasis peut-il toucher le visage ?
Oui.
Même si les plaques classiques sont plus fréquentes sur d’autres zones, le psoriasis peut toucher :
– front ;
– sourcils ;
– contour des oreilles ;
– ligne des cheveux ;
– parfois d’autres parties du visage.
Le traitement nécessite davantage de prudence car la peau du visage est plus fine.
Un corticoïde puissant destiné aux coudes ou aux genoux ne doit pas être appliqué sur le visage sans indication médicale.
Le psoriasis peut-il toucher les parties génitales ?
Oui.
Il peut atteindre :
– plis de l’aine ;
– pubis ;
– vulve ;
– pénis ;
– pli interfessier.
L’aspect peut être moins squameux que sur le reste du corps.
Cette localisation peut avoir un impact important sur :
– confort ;
– sexualité ;
– estime de soi.
Il ne s’agit pas d’une infection sexuellement transmissible et le psoriasis lui-même n’est pas contagieux.
Mais toute lésion génitale ne doit pas être automatiquement considérée comme un psoriasis.
Un diagnostic médical est particulièrement important dans cette zone.
Quelles sont les causes du psoriasis ?
Il n’existe pas une cause unique.
Le psoriasis résulte d’une combinaison de :
– prédisposition génétique ;
– dérèglement immunitaire ;
– facteurs environnementaux.
Les chercheurs ont identifié de nombreux gènes associés à un risque plus élevé de psoriasis.
Mais posséder certains de ces gènes ne signifie pas que la maladie apparaîtra obligatoirement.
Inversement, une personne peut développer un psoriasis sans connaître de cas familial.
Le psoriasis est-il héréditaire ?
Il existe une composante génétique importante.
Avoir un proche atteint de psoriasis augmente le risque.
Mais on n’hérite pas du psoriasis comme d’un caractère simple et obligatoire.
On hérite plutôt d’une prédisposition.
Des facteurs environnementaux et immunologiques participent ensuite à l’apparition de la maladie.
Il est donc possible :
– d’avoir des parents atteints et de ne jamais développer de psoriasis ;
– d’avoir un psoriasis sans parent connu atteint.
Quels facteurs peuvent déclencher une poussée ?
Les facteurs déclenchants ne sont pas identiques chez tout le monde.
Parmi les déclencheurs décrits figurent notamment :
– stress ;
– infections ;
– traumatisme cutané ;
– coup de soleil ;
– temps froid et sec ;
– tabagisme ;
– consommation importante d’alcool ;
– certains médicaments.
Une personne peut être sensible à un facteur et pas à un autre.
Tenir un historique des poussées peut parfois aider à reconnaître ses propres déclencheurs.
Le stress provoque-t-il le psoriasis ?
Le stress n’est pas l’unique cause du psoriasis.
Mais il peut déclencher ou aggraver une poussée chez certaines personnes.
La relation peut également devenir circulaire :
stress
puis aggravation du psoriasis
puis davantage de stress à cause de l’apparence ou des symptômes.
La gestion du stress peut donc compléter le traitement, mais elle ne remplace pas un traitement médical lorsque celui-ci est nécessaire.
Une blessure peut-elle provoquer une plaque ?
Oui.
Chez certaines personnes atteintes de psoriasis, une nouvelle lésion peut apparaître sur une zone récemment traumatisée.
Ce phénomène est appelé :
phénomène de Koebner.
Il peut notamment apparaître après :
– coupure ;
– griffure ;
– frottement ;
– coup de soleil ;
– tatouage ;
– piercing ;
– piqûre d’insecte.
La plaque ne survient pas nécessairement immédiatement.
Elle peut apparaître plusieurs jours après le traumatisme.
Pourquoi faut-il éviter de gratter les plaques ?
Se gratter peut :
– augmenter l’irritation ;
– provoquer des fissures ;
– provoquer un saignement ;
– favoriser de nouvelles lésions par traumatisme.
Il ne faut cependant pas culpabiliser une personne qui se gratte.
Les démangeaisons du psoriasis peuvent être très importantes.
La meilleure stratégie consiste à traiter simultanément :
– inflammation ;
– sécheresse ;
– démangeaisons.
Les hydratants et le traitement prescrit peuvent aider.
Certains médicaments peuvent-ils déclencher le psoriasis ?
Oui.
Certains médicaments peuvent parfois déclencher ou aggraver un psoriasis chez certaines personnes.
Parmi ceux classiquement rapportés figurent notamment certains :
– traitements au lithium ;
– médicaments antipaludiques ;
– traitements cardiovasculaires ;
– médicaments immunologiques.
L’arrêt brutal de corticoïdes systémiques peut également être associé à une poussée sévère dans certaines situations.
Mais il ne faut jamais arrêter un médicament seul parce que l’on pense qu’il aggrave son psoriasis.
Parlez-en au médecin qui l’a prescrit.
Il pourra évaluer :
– le lien possible ;
– les bénéfices du médicament ;
– les alternatives éventuelles.
Le psoriasis est-il contagieux ?
Non.
Le psoriasis ne se transmet pas entre personnes.
On ne peut pas « attraper » le psoriasis :
– en touchant une plaque ;
– en embrassant quelqu’un ;
– en partageant une serviette ;
– en nageant dans la même piscine ;
– lors d’un rapport sexuel.
Les plaques peuvent être impressionnantes visuellement, mais elles ne représentent pas un risque de transmission.
Le psoriasis peut-il apparaître chez un enfant ?
Oui.
Il peut commencer :
– chez le nourrisson ;
– pendant l’enfance ;
– à l’adolescence.
Le psoriasis en gouttes est notamment plus fréquent chez les enfants et les jeunes adultes.
Il peut apparaître après une infection à streptocoque.
Chez le jeune enfant, certaines formes peuvent ressembler à :
– eczéma ;
– dermite du siège ;
– infection fongique.
Un enfant présentant des lésions suspectes doit donc être examiné plutôt que traité sur la seule base d’une photo trouvée sur Internet.
Comment diagnostique-t-on un psoriasis ?
Le diagnostic est généralement clinique.
Le dermatologue examine notamment :
– aspect des lésions ;
– localisation ;
– distribution ;
– cuir chevelu ;
– ongles ;
– antécédents ;
– symptômes articulaires.
Il peut également demander si d’autres membres de la famille ont :
– psoriasis ;
– rhumatisme psoriasique.
Une biopsie cutanée n’est pas nécessaire dans tous les cas.
Elle peut être réalisée lorsqu’il existe un doute diagnostique.
Quelles maladies peuvent ressembler au psoriasis ?
Plusieurs affections peuvent provoquer des plaques rouges ou squameuses.
Parmi elles :
– eczéma ;
– dermatite séborrhéique ;
– certaines mycoses ;
– pityriasis rosé ;
– lichen plan ;
– certaines autres dermatoses inflammatoires.
Le cuir chevelu peut notamment être difficile à distinguer entre :
psoriasis
et
dermatite séborrhéique.
Il vaut donc mieux éviter d’autodiagnostiquer une maladie chronique sur la seule présence de pellicules ou de rougeurs.
Le psoriasis est-il uniquement une maladie de la peau ?
Non.
Les recommandations dermatologiques actuelles considèrent le psoriasis comme une maladie inflammatoire pouvant concerner plusieurs systèmes.
Il peut notamment être associé à un risque plus élevé de certaines affections comme :
– rhumatisme psoriasique ;
– obésité ;
– hypertension ;
– dyslipidémie ;
– diabète ou résistance à l’insuline ;
– maladies cardiovasculaires ;
– certaines maladies inflammatoires intestinales ;
– troubles de santé mentale.
Cela ne signifie pas que toute personne atteinte de psoriasis développera ces maladies.
Mais le suivi ne doit pas s’intéresser uniquement à l’apparence des plaques.
Qu’est-ce que le rhumatisme psoriasique ?
Le rhumatisme psoriasique est une maladie inflammatoire des articulations et des structures qui les entourent.
Il peut provoquer :
– douleur ;
– gonflement ;
– raideur.
Chez la majorité des personnes, les lésions cutanées apparaissent avant les symptômes articulaires.
Mais l’arthrite peut parfois :
– apparaître en même temps ;
– ou précéder le psoriasis cutané.
Toutes les personnes atteintes de psoriasis ne développent pas un rhumatisme psoriasique.
Quels sont les signes d’un rhumatisme psoriasique ?
Une personne atteinte de psoriasis doit signaler notamment :
– articulation gonflée ;
– douleur articulaire persistante ;
– raideur matinale ;
– doigt ou orteil gonflé dans son ensemble ;
– douleur du talon ;
– douleur au niveau du tendon d’Achille ;
– douleur lombaire inflammatoire ;
– modification importante des ongles.
La raideur peut être particulièrement marquée :
– le matin ;
– après une longue période d’inactivité.
Elle peut s’améliorer progressivement avec le mouvement.
Pourquoi faut-il diagnostiquer rapidement le rhumatisme psoriasique ?
Une inflammation articulaire prolongée peut progressivement endommager les articulations.
Certains traitements permettent non seulement de diminuer :
– douleur ;
– gonflement ;
– raideur
mais également de ralentir ou prévenir certaines destructions articulaires.
Une détection précoce est donc importante.
Une personne ayant psoriasis et symptômes articulaires ne doit pas attendre que la douleur devienne sévère avant d’en parler à son médecin ou à son dermatologue.
Comment évalue-t-on la gravité du psoriasis ?
La gravité ne dépend pas uniquement du nombre de plaques.
Les médecins prennent notamment en compte :
– surface corporelle touchée ;
– épaisseur des plaques ;
– rougeur ou inflammation ;
– quantité de squames ;
– localisation ;
– démangeaisons ;
– douleur ;
– impact sur la qualité de vie.
Un psoriasis couvrant une petite surface peut malgré tout être particulièrement gênant lorsqu’il touche :
– visage ;
– mains ;
– pieds ;
– organes génitaux ;
– ongles.
Le traitement doit donc être individualisé.
Existe-t-il un traitement définitif du psoriasis ?
Il n’existe actuellement pas de traitement qui garantisse une guérison définitive de la maladie chez tous les patients.
Cela ne signifie pas que le psoriasis est impossible à contrôler.
Les traitements actuels peuvent permettre :
– réduction importante des plaques ;
– disparition presque complète ou complète des lésions chez certains patients ;
– diminution des démangeaisons ;
– longues périodes de rémission ;
– meilleur contrôle du rhumatisme psoriasique.
Les progrès réalisés avec les traitements systémiques et biologiques ont considérablement amélioré la prise en charge des formes modérées à sévères.
Comment choisit-on le traitement ?
Il n’existe pas un traitement idéal pour tout le monde.
Le dermatologue tient notamment compte :
– du type de psoriasis ;
– de sa sévérité ;
– des zones atteintes ;
– de l’impact sur la vie quotidienne ;
– de l’âge ;
– des autres maladies ;
– des traitements déjà pris ;
– des projets de grossesse ;
– de la présence éventuelle d’un rhumatisme psoriasique.
Une personne peut également avoir besoin de plusieurs traitements en même temps.
Quels traitements locaux sont utilisés ?
Pour un psoriasis limité, des médicaments appliqués directement sur la peau peuvent suffire.
Ils comprennent notamment, selon les situations :
– corticostéroïdes topiques ;
– analogues de la vitamine D ;
– associations de plusieurs actifs ;
– agents kératolytiques ;
– autres traitements topiques spécifiques.
Le choix dépend beaucoup de la localisation.
Un traitement adapté à :
coudes
ou
genoux
n’est pas forcément adapté à :
visage
ou
organes génitaux.
Les corticoïdes locaux sont-ils dangereux ?
Ils sont très utiles lorsqu’ils sont correctement utilisés.
Le risque dépend notamment :
– de leur puissance ;
– de la durée ;
– de la quantité ;
– de la zone traitée.
Une utilisation excessive d’un corticoïde puissant peut notamment provoquer :
– amincissement de la peau ;
– vergetures ;
– petits vaisseaux visibles ;
– autres effets indésirables.
Il faut donc suivre :
– la puissance prescrite ;
– la fréquence ;
– la durée.
Il ne faut pas appliquer automatiquement un ancien tube de corticoïde sur une nouvelle plaque sans vérifier qu’il est adapté à cette localisation.
Quel est le rôle des dérivés de vitamine D ?
Des molécules comme le calcipotriol sont utilisées dans certaines formes de psoriasis.
Elles agissent sur la prolifération et la différenciation des cellules cutanées.
Elles peuvent être prescrites :
– seules ;
– ou associées à un corticostéroïde.
La combinaison corticoïde + analogue de vitamine D est couramment utilisée dans le psoriasis en plaques.
Ces produits doivent respecter :
– la quantité maximale recommandée ;
– les zones d’application ;
– les consignes médicales.
Les crèmes hydratantes traitent-elles le psoriasis ?
Les émollients ne suppriment pas le mécanisme immunitaire du psoriasis.
Mais ils constituent un complément très utile.
Ils peuvent aider à :
– réduire la sécheresse ;
– assouplir les squames ;
– diminuer le tiraillement ;
– améliorer le confort ;
– diminuer certaines démangeaisons.
Une hydratation régulière peut être poursuivie :
– pendant les poussées ;
– entre les poussées.
Les textures épaisses comme les crèmes ou pommades peuvent être particulièrement utiles lorsque la peau est très sèche.
Qu’est-ce que la photothérapie ?
La photothérapie est un traitement médical utilisant des doses contrôlées de rayonnement ultraviolet.
L’une des méthodes fréquemment utilisées est :
UVB à bande étroite.
La dose et la fréquence sont adaptées progressivement.
La photothérapie peut être proposée notamment lorsqu’un psoriasis :
– est trop étendu pour être traité facilement par des crèmes ;
– ne répond pas suffisamment aux traitements topiques.
Photothérapie et exposition au soleil : est-ce la même chose ?
Non.
La photothérapie utilise :
– un type précis d’UV ;
– une dose contrôlée ;
– un calendrier médical.
S’exposer volontairement longtemps au soleil ou se brûler n’est pas un traitement équivalent.
Les coups de soleil peuvent au contraire provoquer une poussée chez certaines personnes via le phénomène de Koebner.
Une exposition UV excessive augmente également le risque de :
– vieillissement cutané ;
– cancers de la peau.
Les cabines de bronzage ne doivent pas être utilisées comme traitement improvisé du psoriasis.
Quand utilise-t-on un traitement systémique ?
Un traitement systémique agit dans l’ensemble de l’organisme.
Il peut être envisagé lorsque le psoriasis :
– est modéré à sévère ;
– couvre une surface importante ;
– touche des zones particulièrement invalidantes ;
– altère fortement la qualité de vie ;
– ne répond pas suffisamment aux traitements locaux ;
– s’accompagne de rhumatisme psoriasique.
Le dermatologue choisit alors le traitement selon le profil du patient.
Quels médicaments systémiques existent ?
Selon les pays et les indications, les options peuvent notamment comprendre :
– méthotrexate ;
– ciclosporine ;
– acitrétine ;
– apremilast ;
– traitements biologiques ;
– biosimilaires.
Chaque médicament possède :
– indications ;
– contre-indications ;
– surveillance ;
– effets indésirables spécifiques.
Ils ne doivent pas être commencés ou arrêtés sans suivi médical.
Qu’est-ce qu’une biothérapie ?
Les médicaments biologiques ciblent certaines molécules ou voies immunitaires impliquées dans le psoriasis.
Selon le traitement, ils peuvent agir notamment sur :
– TNF-alpha ;
– IL-17 ;
– IL-23 ;
– IL-12/23.
Ils sont généralement administrés par injection.
Ces traitements ont considérablement changé la prise en charge du psoriasis modéré à sévère.
Chez certaines personnes, ils peuvent permettre d’obtenir une amélioration très importante, voire une peau presque ou totalement débarrassée des plaques.
Ils peuvent également traiter certaines formes de rhumatisme psoriasique.
Une biothérapie est-elle réservée aux cas « extrêmes » ?
Pas nécessairement.
La décision ne dépend pas uniquement de la surface de peau atteinte.
Une biothérapie peut être envisagée dans un psoriasis modéré à sévère ou lorsqu’un traitement systémique est nécessaire.
Un psoriasis touchant une petite surface mais ayant un impact majeur sur :
– mains ;
– pieds ;
– visage ;
– organes génitaux ;
– articulations
peut également nécessiter un traitement important.
Le dermatologue évalue le bénéfice et le risque pour chaque patient.
Les traitements biologiques affaiblissent-ils le système immunitaire ?
Ils modifient de manière ciblée certaines voies immunitaires.
Cela peut augmenter certains risques, notamment certaines infections selon le traitement.
Avant de commencer, le médecin peut demander différents examens et vérifier notamment :
– infections ;
– vaccinations ;
– antécédents médicaux.
Le suivi dépend du médicament utilisé.
Il ne faut pas arrêter une biothérapie en cas de simple inquiétude sans contacter le médecin.
Les traitements complémentaires peuvent-ils guérir le psoriasis ?
Aucune méthode complémentaire ne doit être présentée comme une guérison prouvée du psoriasis.
Certaines approches peuvent contribuer au bien-être ou au confort.
Mais les preuves sont souvent :
– limitées ;
– variables ;
– dépendantes de la méthode étudiée.
Un traitement alternatif ne devrait pas remplacer un médicament efficace prescrit par le dermatologue.
Il faut également signaler les :
– plantes ;
– compléments alimentaires ;
– huiles essentielles
utilisés, car ils peuvent parfois provoquer des effets indésirables ou interagir avec des médicaments.
Existe-t-il un régime anti-psoriasis ?
Il n’existe pas de régime unique démontré capable de guérir le psoriasis.
Une alimentation équilibrée reste néanmoins importante en raison des associations entre psoriasis et plusieurs problèmes métaboliques ou cardiovasculaires.
Une alimentation favorable à la santé générale peut privilégier notamment :
– légumes ;
– fruits ;
– légumineuses ;
– céréales complètes ;
– protéines variées ;
– graisses insaturées.
Une perte de poids peut être médicalement intéressante chez certaines personnes en surpoids ou obèses.
Mais les régimes extrêmement restrictifs ou les cures « détox » ne doivent pas être présentés comme traitements du psoriasis.
Faut-il supprimer le gluten ?
Pas systématiquement.
Une alimentation sans gluten n’est pas recommandée à toute personne atteinte de psoriasis.
Elle peut être indiquée lorsqu’une personne présente notamment :
– maladie cœliaque ;
– ou une indication médicale spécifique.
Supprimer inutilement de nombreuses catégories d’aliments peut rendre l’alimentation plus compliquée et favoriser certaines carences.
Avant un régime d’exclusion important, mieux vaut en parler avec un professionnel de santé.
Alcool et psoriasis
Une consommation importante d’alcool peut être associée à :
– poussées ;
– psoriasis plus difficile à contrôler ;
– mauvaise observance du traitement.
L’alcool peut également être incompatible ou risqué avec certains traitements, notamment ceux pouvant affecter le foie.
Il est donc important de signaler sa consommation au médecin.
Tabac et psoriasis
Le tabagisme est associé au psoriasis et peut aggraver la maladie chez certaines personnes.
Arrêter de fumer est bénéfique pour la santé générale et particulièrement important en raison du risque cardiovasculaire déjà associé au psoriasis.
Une aide médicale peut faciliter le sevrage.
Comment prendre soin de sa peau au quotidien ?
Une routine douce est préférable.
Pour le nettoyage
Utilisez :
– eau tiède ;
– nettoyant doux ;
– gestes non agressifs.
Évitez de frotter les plaques avec :
– gant rugueux ;
– gommage à grains ;
– brosse abrasive.
Pour l’hydratation
Appliquez régulièrement un émollient.
Le moment après la douche est particulièrement intéressant lorsque la peau est encore légèrement humide.
Pour les démangeaisons
Essayez de traiter :
– sécheresse ;
– inflammation.
Une compresse fraîche peut parfois apporter un soulagement temporaire.
Si les démangeaisons restent importantes malgré le traitement, parlez-en au dermatologue.
Faut-il enlever les squames ?
Il n’est pas nécessaire d’arracher les squames manuellement.
Les arracher avec les ongles peut :
– provoquer un saignement ;
– traumatiser la peau ;
– aggraver l’inflammation.
Le traitement peut cependant chercher à diminuer progressivement leur épaisseur.
Des produits émollients ou kératolytiques peuvent parfois être utilisés selon la localisation.
L’objectif est de les assouplir et les réduire doucement plutôt que de les gratter.
Peut-on faire un gommage sur les plaques ?
Un gommage mécanique agressif est généralement une mauvaise idée.
Le traumatisme peut :
– irriter ;
– faire saigner ;
– parfois déclencher de nouvelles lésions.
Un traitement kératolytique adapté est différent d’un gommage cosmétique classique.
Il doit être choisi selon la localisation et l’âge.
Que faire en cas de psoriasis sur le cuir chevelu ?
Évitez de :
– gratter avec les ongles ;
– arracher les plaques ;
– brosser agressivement.
Un dermatologue peut proposer une combinaison adaptée de :
– traitement anti-inflammatoire ;
– soin kératolytique ;
– shampoing spécifique ;
– émollient.
Les soins doivent être adaptés au type de cheveux et aux habitudes de coiffage afin que le traitement puisse être suivi durablement.
Peut-on colorer ses cheveux avec un psoriasis du cuir chevelu ?
Une coloration peut irriter un cuir chevelu déjà inflammatoire.
Il est souvent préférable d’éviter une coloration pendant une poussée importante avec :
– fissures ;
– plaies ;
– irritation intense.
Une personne ayant déjà fait une réaction à une coloration doit également être prudente car une dermatite allergique peut se superposer au psoriasis.
Si le cuir chevelu est bien contrôlé, le dermatologue peut conseiller sur la meilleure manière de limiter les irritations.
Le psoriasis est-il aggravé par le soleil ?
La réponse dépend de la personne.
Une exposition modérée peut améliorer certaines formes de psoriasis chez certains patients.
Mais cela ne signifie pas que plus de soleil est toujours meilleur.
Un coup de soleil peut provoquer :
– inflammation ;
– phénomène de Koebner ;
– aggravation du psoriasis.
L’exposition UV cumulative augmente également le risque de cancer cutané.
Il faut donc utiliser une photoprotection adaptée et ne pas remplacer la photothérapie médicale par une exposition incontrôlée.
Le psoriasis affecte-t-il la santé mentale ?
Oui, il peut avoir un impact important.
Les plaques visibles, les démangeaisons et les idées fausses sur la contagiosité peuvent provoquer :
– gêne ;
– isolement ;
– anxiété ;
– baisse de confiance ;
– symptômes dépressifs.
Le psoriasis ne doit donc pas être considéré uniquement en fonction de la surface de peau atteinte.
Une petite zone très visible ou une atteinte génitale peut avoir un impact psychologique majeur.
Il est légitime d’en parler au médecin.
Des associations de patients ou un soutien psychologique peuvent également être utiles.
Quand consulter un dermatologue ?
Une consultation est particulièrement recommandée lorsque :
– vous ne savez pas si les lésions sont réellement un psoriasis ;
– les plaques sont étendues ;
– les démangeaisons sont importantes ;
– le psoriasis perturbe le sommeil ;
– le traitement habituel ne fonctionne plus ;
– le visage, les organes génitaux, les mains ou les pieds sont touchés ;
– les ongles sont fortement atteints ;
– la qualité de vie est fortement diminuée.
Un enfant présentant un psoriasis suspect doit également être évalué.
Quand consulter pour les articulations ?
Une personne atteinte de psoriasis doit consulter lorsqu’elle présente notamment :
– articulation gonflée ;
– douleur persistante ;
– raideur matinale ;
– doigt ou orteil gonflé ;
– douleur au talon ;
– douleur au tendon d’Achille ;
– douleurs lombaires inhabituelles.
Un diagnostic précoce du rhumatisme psoriasique permet de commencer plus rapidement un traitement destiné à limiter les lésions articulaires.
Quels signes nécessitent une prise en charge urgente ?
Consultez rapidement ou en urgence en cas de psoriasis associé à :
– rougeur ou inflammation touchant presque tout le corps ;
– nombreuses pustules apparaissant brutalement sur une grande surface ;
– fièvre ;
– frissons ;
– malaise important ;
– accélération importante du rythme cardiaque ;
– signes de déshydratation.
Un psoriasis érythrodermique ou pustuleux généralisé peut être grave et nécessiter une hospitalisation.
Psoriasis : ce qu’il faut retenir
Le psoriasis est une maladie inflammatoire chronique à médiation immunitaire.
Il n’est pas contagieux.
Il peut apparaître à tout âge, y compris chez l’enfant.
La forme en plaques est la plus fréquente, mais il existe également :
– psoriasis en gouttes ;
– psoriasis inversé ;
– psoriasis pustuleux ;
– psoriasis érythrodermique ;
– psoriasis du cuir chevelu ;
– psoriasis des ongles.
L’aspect peut varier selon la couleur de peau.
Les plaques ne sont pas nécessairement rouges : sur une peau foncée, elles peuvent être violacées, brunes ou grisâtres.
Le psoriasis résulte d’une interaction entre :
– système immunitaire ;
– génétique ;
– facteurs environnementaux.
Les déclencheurs peuvent comprendre chez certaines personnes :
– stress ;
– infections ;
– blessures cutanées ;
– certains médicaments ;
– climat froid et sec ;
– tabac ;
– consommation excessive d’alcool.
Toutes les personnes n’ont pas les mêmes déclencheurs.
Se gratter peut aggraver les lésions et le traumatisme peut parfois favoriser l’apparition de nouvelles plaques.
Le psoriasis peut également toucher les articulations.
Une douleur articulaire persistante, une raideur matinale, un doigt gonflé ou une douleur du talon doivent être signalés rapidement afin de rechercher un rhumatisme psoriasique.
Le traitement dépend de la sévérité, de la localisation et de l’impact sur la qualité de vie.
Il peut comprendre :
– traitements topiques ;
– photothérapie ;
– traitements systémiques ;
– biothérapies.
Les émollients sont utiles pour le confort et la sécheresse mais ils ne remplacent pas un traitement anti-inflammatoire lorsque celui-ci est nécessaire.
Il n’existe actuellement pas de traitement garantissant une guérison définitive du psoriasis.
Cependant, les traitements modernes peuvent permettre un contrôle très important de la maladie et parfois une disparition presque complète des lésions pendant de longues périodes.
Enfin, une forme généralisée accompagnée de fièvre, frissons ou malaise doit être évaluée en urgence car certaines formes pustuleuses ou érythrodermiques peuvent être graves.
Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre informatif et ne remplacent pas le diagnostic ou les recommandations d’un dermatologue ou d’un rhumatologue.
Sources
American Academy of Dermatology Association — Psoriasis: Causes.
American Academy of Dermatology Association — Psoriasis: Signs and symptoms.
American Academy of Dermatology Association — Psoriasis: Diagnosis and treatment.
American Academy of Dermatology Association — Are triggers causing your psoriasis flare-ups?
American Academy of Dermatology Association — Can a child have psoriasis?
American Academy of Dermatology Association — Can you get psoriasis if you have skin of color?
American Academy of Dermatology Association — Psoriatic arthritis: Symptoms.
American Academy of Dermatology Association — Psoriatic arthritis: Diagnosis and treatment.
American Academy of Dermatology Association — Psoriasis treatment: Corticosteroids you apply to the skin.
American Academy of Dermatology Association — Psoriasis treatment: Biologics.
DermNet — Psoriasis.
DermNet — Treatment of psoriasis.
DermNet — Guidelines for the treatment of psoriasis.
DermNet — Guttate psoriasis.
DermNet — Erythrodermic psoriasis.
NHS — Psoriatic arthritis.

