Les compléments alimentaires pour les cheveux

complement alimentaire cheveux
Carences nutritionnelles et chute de cheveux : fer, zinc, vitamines et protéines
 
Des cheveux brillants ou épais ne constituent pas une preuve qu’une personne est en excellente santé générale.
 
Inversement, des cheveux :
 
– fins ;
– cassants ;
– ternes ;
– qui tombent davantage
 
ne signifient pas automatiquement qu’une carence en vitamines est présente.
 
L’état des cheveux dépend de nombreux facteurs :
 
– génétique ;
– âge ;
– hormones ;
– état du cuir chevelu ;
– maladies ;
– médicaments ;
– stress physiologique ou psychologique ;
– grossesse et post-partum ;
– alimentation ;
– coiffures et traitements chimiques.
 
Certaines carences nutritionnelles peuvent effectivement provoquer ou aggraver une chute de cheveux.
 
Mais cela ne signifie pas qu’une personne qui perd ses cheveux doit automatiquement prendre :
 
– biotine ;
– fer ;
– zinc ;
– vitamine D ;
– multivitamines.
 
Les compléments sont particulièrement utiles lorsqu’ils corrigent une véritable carence ou répondent à une indication médicale.
 
Lorsqu’aucune carence n’existe, augmenter fortement les doses ne fait pas nécessairement pousser davantage les cheveux.
 
Dans certains cas, l’excès de certains nutriments peut même favoriser la chute.
 
Nutrition et cheveux : quel est réellement le lien ?
 
Un follicule pileux est une structure biologiquement active.
 
Pendant sa phase de croissance, appelée :
 
phase anagène,
 
il produit progressivement une fibre capillaire.
 
Cette activité nécessite notamment :
 
– énergie ;
– acides aminés ;
– vitamines ;
– minéraux.
 
Une alimentation extrêmement restrictive, une dénutrition ou certaines carences peuvent donc perturber le cycle du cheveu.
 
Cela peut notamment provoquer un :
 
effluvium télogène.
 
Il s’agit d’une chute diffuse au cours de laquelle davantage de cheveux passent en phase de repos puis tombent quelques mois plus tard.
 
Mais toutes les chutes diffuses ne sont pas nutritionnelles.
 
Parmi les autres déclencheurs possibles figurent :
 
– forte fièvre ;
– maladie importante ;
– chirurgie ;
– accouchement ;
– stress ;
– problèmes thyroïdiens ;
– certains médicaments ;
– perte de poids importante.
 
Un diagnostic est donc plus utile que l’achat immédiat d’un complément « cheveux ».
 
Une carence peut-elle réellement faire tomber les cheveux ?
 
Oui.
 
L’American Academy of Dermatology cite notamment parmi les déficits pouvant provoquer une chute visible :
 
– fer ;
– zinc ;
– protéines ;
– biotine.
 
Une alimentation insuffisante en calories peut également provoquer une chute importante.
 
Lorsque la carence est identifiée puis corrigée, la croissance peut généralement reprendre si les follicules ne sont pas détruits par une autre maladie.
 
Mais la repousse n’est pas immédiate.
 
Le cycle capillaire fonctionne sur plusieurs mois.
 
Même après correction du problème, il faut donc du temps avant de constater une amélioration de la densité.
 
Faut-il faire une prise de sang lorsqu’on perd ses cheveux ?
 
Pas systématiquement pour chaque personne.
 
Le bilan dépend :
 
– du type de chute ;
– de l’âge ;
– des symptômes ;
– de l’alimentation ;
– des antécédents ;
– de l’examen du cuir chevelu.
 
Pour une chute diffuse, le médecin peut notamment rechercher selon le contexte :
 
– carence en fer ;
– anomalie thyroïdienne ;
– déficit en vitamine B12 ;
– déficit en folates ;
– vitamine D dans certaines situations ;
– autres anomalies selon les symptômes.
 
Il n’existe pas une liste universelle de vingt vitamines à doser pour chaque chute de cheveux.
 
Le dermatologue choisit les examens selon les causes les plus probables.
 
Pourquoi le diagnostic est-il important ?
 
Parce qu’une alopécie androgénétique ne se traite pas comme une carence en fer.
 
Une alopecia areata ne se traite pas comme un effluvium télogène.
 
Une alopécie cicatricielle ne se traite pas non plus avec un simple complément alimentaire.
 
Prendre des vitamines pendant plusieurs mois sans diagnostic peut :
 
– retarder un traitement efficace ;
– coûter inutilement cher ;
– exposer à des doses excessives.
 
Fer et chute de cheveux
 
Le fer est indispensable à de nombreuses fonctions de l’organisme.
 
Il participe notamment à la formation de l’hémoglobine, qui permet aux globules rouges de transporter l’oxygène.
 
Une carence en fer peut provoquer :
 
– fatigue ;
– faiblesse ;
– essoufflement ;
– pâleur ;
– modifications des ongles ;
– cheveux secs ou cassants ;
– chute diffuse.
 
DermNet cite notamment l’effluvium télogène parmi les manifestations pouvant accompagner une carence en fer.
 
Une carence en fer entraîne-t-elle toujours une anémie ?
 
Non.
 
Les réserves de fer peuvent diminuer avant qu’une anémie franche apparaisse.
 
Le médecin peut donc demander différents paramètres sanguins selon le contexte.
 
Parmi eux figure souvent :
 
ferritine.
 
Elle fournit des informations sur les réserves en fer, mais son interprétation doit tenir compte de la situation clinique, notamment parce qu’elle peut être influencée par l’inflammation.
 
Faut-il prendre du fer dès qu’on perd ses cheveux ?
 
Non.
 
Le fer ne doit pas être utilisé comme complément capillaire de routine sans raison.
 
Il est surtout pertinent lorsque :
 
– une carence est démontrée ;
– un professionnel estime qu’une supplémentation est nécessaire.
 
Un excès de fer peut être nocif.
 
Les compléments peuvent également provoquer :
 
– constipation ;
– nausées ;
– douleurs abdominales.
 
Le dosage et la durée doivent donc être adaptés.
 
Quelles personnes sont davantage exposées à une carence en fer ?
 
Le risque peut être plus important notamment en cas de :
 
– règles abondantes ;
– grossesse ;
– saignement chronique ;
– alimentation insuffisante en fer ;
– maladie digestive entraînant une mauvaise absorption ;
– chirurgie digestive ;
– besoins accrus.
 
Une perte de cheveux associée à :
 
– fatigue importante ;
– essoufflement ;
– pâleur ;
– règles très abondantes
 
mérite donc une évaluation médicale.
 
Quels aliments contiennent du fer ?
 
Le fer est présent notamment dans :
 
– viande ;
– fruits de mer ;
– légumineuses ;
– lentilles ;
– haricots ;
– certains produits enrichis ;
– légumes à feuilles vertes.
 
Le fer provenant des aliments végétaux est principalement :
 
non héminique.
 
Son absorption peut être améliorée lorsqu’il est consommé avec une source de vitamine C.
 
Vitamine C et cheveux
 
La vitamine C est un nutriment essentiel.
 
Elle intervient notamment dans :
 
– synthèse du collagène ;
– fonction antioxydante ;
– absorption du fer non héminique.
 
Elle peut donc jouer un rôle indirect important dans un contexte nutritionnel.
 
Mais l’explication ancienne selon laquelle :
 
« les pointes endommagées empêchent le cheveu de pousser à cause du stress oxydatif »
 
est incorrecte.
 
La croissance du cheveu se produit au niveau :
 
du follicule,
 
dans le cuir chevelu.
 
Une pointe fourchue située plusieurs dizaines de centimètres plus loin ne peut pas empêcher le follicule de produire un nouveau cheveu.
 
Les cheveux sont-ils faits de collagène ?
 
Non.
 
La fibre capillaire est constituée principalement d’une protéine appelée :
 
kératine.
 
Le collagène est important dans différents tissus de soutien de l’organisme et dans le derme entourant les structures cutanées.
 
Mais il est incorrect d’écrire que :
 
« le collagène est une partie importante de la structure du cheveu ».
 
La vitamine C reste essentielle à la santé générale.
 
Une carence sévère, appelée scorbut, peut notamment provoquer des anomalies cutanées et des cheveux caractéristiques en tire-bouchon.
 
Mais chez une personne consommant suffisamment de vitamine C, une supplémentation supplémentaire n’est pas un traitement démontré pour accélérer la pousse normale des cheveux.
 
Biotine : la vitamine des cheveux ?
 
La biotine est la :
 
vitamine B7.
 
Elle est souvent appelée :
 
vitamine H
 
dans certains compléments pour cheveux et ongles.
 
Elle participe au métabolisme :
 
– des glucides ;
– des lipides ;
– des acides aminés.
 
Une véritable carence en biotine peut provoquer notamment :
 
– cheveux clairsemés ;
– perte de poils ;
– éruption cutanée ;
– symptômes neurologiques.
 
Mais la carence en biotine est :
 
rare.
 
La plupart des personnes ayant une alimentation normale en obtiennent suffisamment.
 
La biotine fait-elle pousser les cheveux lorsqu’on n’est pas carencé ?
 
Les preuves sont faibles.
 
Le NIH indique qu’il existe peu de données scientifiques soutenant les promesses des compléments de biotine pour améliorer :
 
– cheveux ;
– peau ;
– ongles
 
chez les personnes qui ne présentent pas de carence.
 
Il est donc incorrect de présenter la biotine comme une vitamine universelle de croissance capillaire.
 
Qui peut être plus exposé à une carence en biotine ?
 
Certaines situations particulières augmentent le risque.
 
Par exemple :
 
– déficit génétique en biotinidase ;
– consommation chronique importante d’alcool ;
– certaines situations physiologiques ou médicales.
 
Mais il ne s’agit pas du scénario habituel chez une personne consultant pour une alopécie androgénétique classique.
 
Les compléments de biotine sont-ils sans risque ?
 
La biotine ne provoque généralement pas une toxicité classique même à forte dose.
 
Mais les doses très élevées présentes dans certains compléments peuvent fausser des analyses sanguines.
 
Cela concerne notamment certains tests :
 
– thyroïdiens ;
– hormonaux ;
– cardiaques.
 
Une personne prenant un complément contenant plusieurs milliers de microgrammes de biotine doit donc le signaler :
 
– au médecin ;
– au laboratoire.
 
Un résultat sanguin incorrect peut parfois avoir des conséquences médicales importantes.
 
Vitamine B12 et cheveux
 
La vitamine B12 joue un rôle essentiel dans :
 
– formation des globules rouges ;
– fonctionnement neurologique ;
– synthèse de l’ADN.
 
Une carence importante peut avoir de nombreuses conséquences.
 
Certaines chutes diffuses peuvent conduire le médecin à vérifier la vitamine B12 selon :
 
– alimentation ;
– symptômes ;
– antécédents.
 
Mais la B12 n’est pas un stimulant capillaire universel.
 
Une personne dont les taux sont normaux ne doit pas s’attendre à faire pousser ses cheveux plus rapidement simplement en prenant des doses très élevées.
 
Les végétariens doivent-ils tous prendre de la vitamine B12 ?
 
Il faut être plus précis.
 
La vitamine B12 se trouve naturellement essentiellement dans les aliments d’origine animale.
 
Certaines personnes végétariennes peuvent encore en recevoir via :
 
– œufs ;
– lait ;
– produits laitiers.
 
Les personnes véganes doivent en revanche disposer d’une source fiable de B12 via :
 
– aliments enrichis ;
– supplémentation.
 
Une alimentation végétale ne doit donc pas automatiquement être décrite comme carencée, mais la vitamine B12 nécessite une attention particulière lorsqu’aucun aliment d’origine animale n’est consommé.
 
Vitamine D et chute de cheveux
 
La vitamine D intervient dans de nombreuses fonctions biologiques.
 
Ses récepteurs sont également présents dans le follicule pileux et participent à sa biologie.
 
Plusieurs études ont observé des taux de vitamine D plus faibles chez des personnes souffrant de certaines formes d’alopécie.
 
L’association est particulièrement étudiée dans :
 
alopecia areata.
 
Des méta-analyses ont observé davantage de déficits en vitamine D chez les personnes atteintes d’alopecia areata que chez les témoins.
 
Cela signifie-t-il que le manque de vitamine D provoque l’alopecia areata ?
 
Pas nécessairement.
 
Une association ne démontre pas à elle seule une relation de cause à effet.
 
Alopecia areata est une maladie :
 
auto-immune.
 
La vitamine D pourrait participer à différents mécanismes immunitaires et folliculaires, mais les connaissances actuelles ne permettent pas de réduire la maladie à :
 
« manque de vitamine D ».
 
Une personne atteinte d’alopecia areata et présentant une véritable carence en vitamine D doit évidemment corriger cette carence.
 
Mais la supplémentation ne remplace pas les traitements dermatologiques spécifiques de l’alopecia areata.
 
La vitamine D crée-t-elle de nouveaux follicules ?
 
Il est préférable de ne pas utiliser cette affirmation.
 
La vitamine D et son récepteur sont impliqués dans la biologie et le cycle du follicule pileux.
 
Mais il n’existe pas de preuve clinique permettant de dire à un consommateur que prendre de la vitamine D :
 
« crée de nouveaux follicules ».
 
Chez un adulte, une supplémentation courante ne crée pas de nouveaux follicules capillaires comme pourrait le laisser entendre cette phrase.
 
Faut-il s’exposer au soleil pour obtenir de la vitamine D et faire pousser les cheveux ?
 
Non.
 
L’organisme peut effectivement synthétiser de la vitamine D lorsque la peau reçoit des UVB.
 
Mais l’exposition volontaire aux UV n’est pas recommandée comme traitement d’une carence en vitamine D ou d’une chute de cheveux.
 
Les UV augmentent notamment le risque :
 
– de vieillissement cutané ;
– de coups de soleil ;
– de cancers de la peau.
 
Une éventuelle carence doit être corrigée par une stratégie nutritionnelle ou une supplémentation adaptée selon les recommandations médicales.
 
Vitamine A et cheveux
 
La vitamine A est essentielle notamment à :
 
– vision ;
– immunité ;
– différenciation cellulaire.
 
Elle joue également différents rôles dans la peau.
 
Mais la relation entre vitamine A et cheveux illustre parfaitement pourquoi :
 
plus
 
ne signifie pas :
 
mieux.
 
Une insuffisance sévère en vitamine A peut avoir des conséquences pour la santé.
 
Mais un excès de vitamine A préformée peut également être toxique.
 
Un excès de vitamine A peut-il provoquer une chute de cheveux ?
 
Oui.
 
Une consommation excessive, particulièrement via :
 
– compléments concentrés ;
– certaines formes médicamenteuses,
 
peut provoquer une hypervitaminose A.
 
La chute de cheveux fait partie des problèmes associés à des apports excessifs en vitamine A décrits dans la littérature dermatologique.
 
L’American Academy of Dermatology rappelle d’ailleurs que trop de certains nutriments, notamment :
 
vitamine A
 
peut contribuer à une chute de cheveux.
 
Il n’est donc pas recommandé d’ajouter automatiquement un complément riche en vitamine A pour « nourrir les cheveux ».
 
Bêta-carotène et vitamine A : est-ce la même chose ?
 
Non.
 
Le bêta-carotène présent notamment dans :
 
– carottes ;
– patate douce ;
– courge ;
– légumes verts
 
est une provitamine A.
 
L’organisme peut la convertir en vitamine A selon ses besoins.
 
La toxicité classique de l’hypervitaminose A concerne surtout les apports excessifs de :
 
vitamine A préformée.
 
Cela ne signifie pas que de fortes doses de bêta-carotène en supplément sont toujours souhaitables.
 
Les compléments fortement dosés en bêta-carotène présentent notamment des préoccupations particulières chez les personnes qui fument ou ont fumé.
 
Grossesse et vitamine A
 
Une prudence particulière est nécessaire.
 
Des doses excessives de vitamine A préformée pendant la grossesse peuvent provoquer :
 
des malformations congénitales.
 
Une femme enceinte ne doit donc pas prendre arbitrairement plusieurs compléments contenant de la vitamine A.
 
Il faut tenir compte de l’ensemble :
 
– alimentation ;
– multivitamine ;
– complément cheveux ;
– complément prénatal.
 
Vitamine E et cheveux
 
La vitamine E est un antioxydant liposoluble.
 
Elle contribue notamment à protéger les membranes cellulaires du stress oxydatif.
 
Elle est présente dans :
 
– huiles végétales ;
– graines ;
– fruits à coque ;
– certains légumes verts.
 
Mais la vitamine E n’est pas un traitement standard de la chute de cheveux.
 
D’où vient le chiffre d’environ 35 % de croissance ?
 
Un petit essai publié en 2010 a souvent été repris sur Internet.
 
Il concernait :
 
38 volontaires
 
souffrant de perte de cheveux.
 
Parmi eux :
 
21 recevaient 100 mg par jour d’un mélange de tocotriénols
 
et
 
17 recevaient un placebo.
 
Après :
 
8 mois,
 
le groupe tocotriénols présentait une augmentation moyenne d’environ :
 
34,5 %
 
du nombre de cheveux mesuré dans une zone prédéterminée.
 
Le groupe placebo présentait une légère diminution.
 
Ce résultat est intéressant mais doit être interprété avec beaucoup de prudence.
 
Pourquoi cette étude ne prouve-t-elle pas que tout le monde doit prendre de la vitamine E ?
 
Parce que :
 
– l’étude était très petite ;
– seulement 38 personnes étaient incluses ;
– elle évaluait des tocotriénols spécifiques ;
– elle ne permet pas de généraliser le résultat à tous les compléments de vitamine E ;
– le poids des cheveux mesurés n’avait pas significativement augmenté.
 
Il est donc incorrect d’écrire simplement :
 
« La vitamine E augmente la pousse des cheveux de 35 %. »
 
Le chiffre correspond à un paramètre précis dans un petit essai ancien.
 
Les fortes doses de vitamine E sont-elles sans risque ?
 
Non.
 
Les compléments de vitamine E fortement dosés peuvent augmenter le risque de :
 
saignement.
 
Ils peuvent notamment interagir avec certains traitements :
 
– anticoagulants ;
– antiagrégants plaquettaires.
 
Une personne n’a donc pas intérêt à prendre de fortes doses simplement parce que la vitamine E est un antioxydant.
 
Zinc et chute de cheveux
 
Le zinc participe à de nombreuses fonctions biologiques, notamment :
 
– synthèse de l’ADN ;
– division cellulaire ;
– immunité ;
– cicatrisation.
 
Une véritable carence en zinc peut provoquer une chute de cheveux.
 
AAD cite également le zinc parmi les nutriments dont une insuffisance peut entraîner une perte visible de cheveux.
 
Corriger une carence peut donc être nécessaire.
 
Cela ne signifie pas qu’une personne ayant un zinc normal bénéficiera d’un complément fortement dosé.
 
Quelles personnes peuvent manquer de zinc ?
 
Le risque peut augmenter notamment en cas de :
 
– malabsorption digestive ;
– certaines maladies intestinales ;
– alimentation très restrictive ;
– certaines situations physiologiques ou médicales.
 
Le diagnostic doit être interprété dans son contexte.
 
Le dosage sanguin du zinc possède également certaines limites et n’est pas toujours demandé systématiquement pour une chute de cheveux.
 
Trop de zinc peut-il être dangereux ?
 
Oui.
 
Des doses élevées de zinc prises pendant plusieurs semaines peuvent provoquer notamment :
 
– nausées ;
– troubles digestifs ;
– diminution de l’absorption du cuivre.
 
Le NIH indique que des doses d’environ :
 
50 mg par jour ou davantage
 
pendant plusieurs semaines peuvent perturber l’absorption du cuivre.
 
Pour un adulte en bonne santé, la limite supérieure d’apport habituelle fixée aux États-Unis est :
 
40 mg par jour
 
toutes sources confondues.
 
Ces limites ne s’appliquent pas de la même manière lorsqu’un médecin prescrit une dose thérapeutique pour traiter une carence.
 
Un complément cheveux qui contient du zinc doit donc être additionné aux autres sources de zinc éventuellement prises simultanément.
 
Zinc et médicaments
 
Le zinc peut interagir avec certains médicaments.
 
Il peut notamment réduire l’absorption de certains antibiotiques :
 
– quinolones ;
– tétracyclines.
 
Il peut également interagir avec :
 
pénicillamine.
 
Le moment de la prise peut donc devoir être adapté.
 
Protéines et cheveux
 
Les cheveux sont principalement constitués :
 
de kératine.
 
La kératine est une protéine.
 
L’organisme doit donc disposer d’un apport suffisant en :
 
acides aminés
 
pour produire normalement la fibre capillaire.
 
Une carence importante en protéines ou une dénutrition peut provoquer :
 
– cheveux fragiles ;
– modification de la fibre ;
– effluvium télogène.
 
Mais les véritables carences protéiques sévères sont beaucoup moins fréquentes chez les personnes ayant une alimentation suffisamment énergétique et variée.
 
Faut-il prendre des protéines en poudre pour faire pousser les cheveux ?
 
Non si l’alimentation apporte déjà suffisamment de protéines.
 
Un apport supérieur aux besoins ne transforme pas automatiquement les protéines supplémentaires en cheveux.
 
Une alimentation peut généralement fournir des protéines via :
 
– viande ;
– poisson ;
– œufs ;
– produits laitiers ;
– légumineuses ;
– soja ;
– tofu ;
– lentilles ;
– pois chiches ;
– différentes associations végétales.
 
Un supplément protéique peut être utile dans certains contextes nutritionnels ou sportifs.
 
Il n’est pas un traitement universel contre l’alopécie.
 
Les régimes amaigrissants peuvent-ils faire tomber les cheveux ?
 
Oui.
 
Une perte de poids rapide ou un apport énergétique insuffisant peut déclencher un effluvium télogène.
 
Le cheveu n’est pas indispensable à la survie immédiate.
 
Lorsque l’organisme subit un stress important ou manque d’énergie et de nutriments, il peut modifier la proportion de follicules en phase de croissance.
 
La chute apparaît souvent :
 
plusieurs mois après
 
le déclencheur.
 
Cela explique pourquoi une personne peut ne pas faire immédiatement le lien avec un régime suivi deux ou trois mois auparavant.
 
Une alimentation très pauvre en calories est-elle problématique même si elle contient des vitamines ?
 
Oui.
 
Il ne suffit pas de prendre une multivitamine pour compenser une alimentation extrêmement restrictive.
 
Le follicule a également besoin :
 
– d’énergie ;
– de protéines ;
– d’acides gras ;
– d’un environnement métabolique normal.
 
AAD souligne qu’un apport calorique insuffisant peut lui-même provoquer une chute de cheveux importante.
 
Sélénium : attention aux compléments pour cheveux
 
Le sélénium est un oligoélément essentiel.
 
Mais il constitue un autre bon exemple où :
 
dose excessive = risque.
 
Une consommation excessive de sélénium peut provoquer une toxicité appelée :
 
sélénose.
 
Parmi ses manifestations figurent notamment :
 
– chute de cheveux ;
– fragilité ou perte des ongles ;
– troubles digestifs ;
– odeur caractéristique de l’haleine ;
– symptômes neurologiques dans les cas importants.
 
Il faut donc vérifier si plusieurs compléments consommés simultanément contiennent déjà du sélénium.
 
Plusieurs compléments à la fois : bonne idée ?
 
Généralement non.
 
Une personne peut par exemple prendre simultanément :
 
– multivitamine ;
– complément cheveux ;
– complément zinc ;
– complément vitamine D ;
– complément « beauté ».
 
Elle peut alors dépasser certaines doses sans s’en rendre compte.
 
Les étiquettes doivent être additionnées.
 
Le risque concerne particulièrement certains nutriments comme :
 
– vitamine A ;
– zinc ;
– sélénium ;
– vitamine E.
 
Un complément capillaire « naturel » est-il forcément sûr ?
 
Non.
 
Naturel ne signifie pas :
 
– non toxique ;
– sans interaction ;
– efficace.
 
Un complément peut contenir :
 
– vitamines ;
– minéraux ;
– plantes ;
– fortes doses de biotine ;
– plusieurs ingrédients simultanément.
 
Il faut donc regarder :
 
– dose par jour ;
– nombre de gélules ;
– quantité totale de chaque nutriment ;
– autres compléments utilisés ;
– traitements médicamenteux.
 
Un complément contenant 1000 % des besoins journaliers est-il plus efficace ?
 
Non.
 
Le pourcentage élevé affiché sur l’étiquette ne signifie pas que le cheveu poussera davantage.
 
Certaines vitamines hydrosolubles excédentaires peuvent être éliminées en partie.
 
D’autres nutriments peuvent :
 
– s’accumuler ;
– interagir avec des médicaments ;
– provoquer une toxicité.
 
La bonne dose est celle adaptée aux besoins.
 
Pas nécessairement la plus élevée.
 
Les analyses sanguines peuvent-elles déterminer tous les besoins du cheveu ?
 
Non.
 
Il n’existe pas un test sanguin capable de mesurer directement :
 
« les vitamines dont vos cheveux ont besoin ».
 
Les analyses permettent de rechercher certaines anomalies pertinentes selon la situation.
 
Mais le diagnostic de chute de cheveux repose également sur :
 
– histoire médicale ;
– examen du cuir chevelu ;
– distribution de la perte ;
– état des follicules ;
– évolution dans le temps.
 
Le dermatologue peut parfois utiliser :
 
trichoscopie.
 
D’autres examens ne sont nécessaires que dans certaines situations.
 
Quand penser davantage à une cause nutritionnelle ?
 
Une cause nutritionnelle devient plus plausible lorsqu’une chute diffuse survient dans un contexte comme :
 
– régime très restrictif ;
– perte de poids rapide ;
– trouble alimentaire ;
– chirurgie bariatrique ;
– maladie digestive ;
– règles très abondantes ;
– grossesse ou période post-partum avec facteurs de risque ;
– alimentation très déséquilibrée ;
– malnutrition.
 
Mais même dans ces situations, plusieurs facteurs peuvent coexister.
 
Une personne génétiquement prédisposée peut par exemple présenter simultanément :
 
alopécie androgénétique
 
et
 
effluvium télogène lié à une carence.
 
Corriger la carence peut améliorer la composante diffuse sans supprimer l’alopécie génétique sous-jacente.
 
Quand une chute de cheveux nécessite-t-elle un dermatologue ?
 
Consultez notamment lorsque :
 
– la chute est importante et persiste ;
– la densité diminue progressivement ;
– des plaques sans cheveux apparaissent ;
– le cuir chevelu devient douloureux ;
– une rougeur ou des squames importantes sont présentes ;
– des pustules apparaissent ;
– le cuir chevelu présente des cicatrices ;
– les sourcils ou les cils tombent également ;
– la chute commence brutalement sans explication.
 
Une consultation est également utile lorsque vous prenez des compléments depuis plusieurs mois sans résultat.
 
Le problème n’est peut-être tout simplement pas nutritionnel.
 
Faut-il consulter en urgence ?
 
Une chute de cheveux isolée est rarement une urgence médicale.
 
Mais certains symptômes généraux associés méritent une évaluation plus rapide.
 
Par exemple :
 
– fatigue extrême ;
– essoufflement important ;
– saignements inexpliqués ;
– perte de poids inexpliquée ;
– autres symptômes généraux importants.
 
Le traitement dépend alors de la maladie responsable plutôt que du cheveu lui-même.
 
Quelle alimentation pour des cheveux en bonne santé ?
 
Il n’existe pas de régime spécial garantissant une chevelure épaisse.
 
Une alimentation équilibrée apporte normalement les nutriments nécessaires.
 
Elle devrait inclure selon les habitudes alimentaires :
 
– sources de protéines ;
– légumes ;
– fruits ;
– céréales ou féculents ;
– légumineuses ;
– bonnes sources de fer ;
– sources de zinc ;
– sources de vitamine B12 ou aliments enrichis lorsque nécessaire ;
– acides gras essentiels.
 
L’objectif n’est pas de manger un aliment « miracle ».
 
C’est d’éviter :
 
– déficits ;
– restriction excessive ;
– déséquilibres prolongés.
 
Les cheveux sont-ils un bon indicateur de santé ?
 
Ils peuvent parfois donner un indice.
 
Par exemple, certains déficits nutritionnels ou troubles thyroïdiens peuvent modifier :
 
– densité ;
– texture ;
– chute.
 
Mais l’aspect des cheveux n’est ni suffisamment sensible ni suffisamment spécifique pour diagnostiquer une maladie.
 
Une personne en excellente santé peut avoir :
 
– alopécie androgénétique ;
– cheveux fins génétiquement.
 
À l’inverse, une personne présentant une maladie peut conserver longtemps une chevelure d’apparence normale.
 
Il ne faut donc pas utiliser :
 
« beaux cheveux = excellente santé »
 
comme règle médicale.
 
Compléments alimentaires : quand sont-ils réellement utiles ?
 
Ils sont particulièrement logiques lorsqu’une évaluation révèle :
 
une carence
 
ou
 
un risque nutritionnel clairement identifié.
 
Par exemple :
 
Carence en fer
 
Le professionnel peut recommander une supplémentation en fer et chercher la cause de la carence.
 
Carence en zinc
 
Une supplémentation correctement dosée peut corriger le déficit.
 
Carence en vitamine B12
 
Elle peut nécessiter :
 
– alimentation enrichie ;
– supplément oral ;
– parfois injections selon la cause.
 
Carence en vitamine D
 
Une dose adaptée peut être recommandée en fonction du taux sanguin et du contexte médical.
 
Carence rare en biotine
 
La supplémentation peut alors être pertinente.
 
Mais l’objectif est :
 
corriger l’anomalie.
 
Pas transformer un taux normal en taux très élevé.
 
Peut-on prendre un complément cheveux sans faire d’analyse ?
 
Cela dépend du produit et de la situation, mais l’absence de bilan ne doit pas conduire à prendre de fortes doses au hasard.
 
Un complément fournissant des quantités proches des besoins nutritionnels n’a pas le même profil qu’un produit contenant :
 
– 10 000 % des besoins en biotine ;
– fortes doses de zinc ;
– vitamine A préformée ;
– plusieurs antioxydants concentrés.
 
En présence d’une véritable chute de cheveux, l’approche la plus rationnelle consiste à identifier la cause avant de multiplier les compléments.
 
Combien de temps faut-il attendre après correction d’une carence ?
 
Les cheveux poussent lentement.
 
La correction biologique d’une carence peut commencer relativement rapidement, mais le résultat capillaire nécessite généralement plusieurs mois.
 
Lors d’un effluvium télogène, la chute peut elle-même se poursuivre quelque temps après correction du facteur déclenchant.
 
Ensuite :
 
– nouveaux cheveux entrent en croissance ;
– cheveux repoussent ;
– densité se reconstitue progressivement.
 
Cela explique pourquoi une amélioration ne doit pas être jugée après une ou deux semaines.
 
Il n’existe toutefois pas une règle universelle du type :
 
« toute cure cheveux doit durer exactement trois mois ».
 
La durée dépend :
 
– du déficit ;
– du traitement ;
– de la cause ;
– du cycle capillaire.
 
Carences nutritionnelles et cheveux : ce qu’il faut retenir
 
Certaines carences nutritionnelles peuvent réellement provoquer une chute de cheveux.
 
Les déficits les mieux reconnus incluent notamment dans certaines situations :
 
– fer ;
– zinc ;
– protéines ;
– biotine.
 
Une alimentation très restrictive ou une perte de poids rapide peut également déclencher un effluvium télogène.
 
Mais la chute de cheveux possède de nombreuses autres causes.
 
Il ne faut donc pas supposer qu’elle correspond automatiquement à un manque de vitamines.
 
La biotine est très populaire dans les compléments capillaires, mais sa carence est rare et les preuves d’un bénéfice chez une personne non carencée sont faibles.
 
Les fortes doses de biotine peuvent par ailleurs fausser certaines analyses médicales.
 
La vitamine D est impliquée dans la biologie folliculaire et des déficits sont plus fréquents dans plusieurs études sur certaines alopécies, particulièrement l’alopecia areata.
 
Cette association ne prouve cependant pas qu’un complément de vitamine D fasse repousser les cheveux chez toutes les personnes présentant une alopécie.
 
Une carence doit être corrigée, mais la vitamine D ne remplace pas les traitements spécifiques de la maladie responsable.
 
La vitamine A est indispensable, mais un excès de vitamine A préformée peut provoquer des effets indésirables et contribuer à la chute des cheveux.
 
Les fortes doses sont particulièrement problématiques pendant la grossesse.
 
La vitamine E a fait l’objet d’un petit essai sur des tocotriénols qui a observé environ 34,5 % d’augmentation du nombre de cheveux dans la zone mesurée après huit mois.
 
L’étude ne comprenait toutefois que 38 participants et ne permet pas de conclure que tous les compléments de vitamine E augmentent la pousse des cheveux de 35 %.
 
Le fer doit surtout être supplémenté lorsqu’une carence ou une indication est identifiée.
 
Le zinc possède la même logique : une carence peut provoquer une chute, mais l’excès peut entraîner une carence en cuivre et d’autres effets indésirables.
 
Les cheveux sont principalement constitués de kératine, une protéine.
 
Un apport insuffisant en protéines ou en calories peut donc perturber le cycle capillaire.
 
Cela ne signifie pas qu’une personne qui mange suffisamment de protéines fera pousser ses cheveux davantage avec des poudres protéinées.
 
Enfin, un complément alimentaire ne doit pas être choisi uniquement parce qu’il contient le plus grand nombre de vitamines.
 
La stratégie la plus efficace consiste à :
 
– identifier le type de chute ;
– rechercher les déficits pertinents lorsqu’ils sont plausibles ;
– corriger les carences démontrées ;
– maintenir une alimentation équilibrée ;
– traiter la véritable maladie responsable lorsqu’elle existe.
 
Les informations de cet article sont fournies à titre informatif et ne remplacent pas le diagnostic ou les recommandations d’un médecin, d’un dermatologue ou d’un professionnel de santé.
 
Sources
 
American Academy of Dermatology Association — Hair loss: Who gets and causes.
 
American Academy of Dermatology Association — Hair loss: Tips for managing.
 
American Academy of Dermatology Association — Supplement secrets unveiled: Debunking common myths about beauty boosters.
 
DermNet — Telogen effluvium.
 
DermNet — Diffuse alopecia.
 
DermNet — Iron deficiency.
 
National Institutes of Health, Office of Dietary Supplements — Biotin Fact Sheet.
 
National Institutes of Health, Office of Dietary Supplements — Vitamin A and Carotenoids Fact Sheet.
 
National Institutes of Health, Office of Dietary Supplements — Vitamin B12 Fact Sheet.
 
National Institutes of Health, Office of Dietary Supplements — Vitamin C Fact Sheet.
 
National Institutes of Health, Office of Dietary Supplements — Vitamin E Fact Sheet.
 
National Institutes of Health, Office of Dietary Supplements — Zinc Fact Sheet.
 
PubMed — Increased prevalence of vitamin D deficiency in patients with alopecia areata: a systematic review and meta-analysis.
 
PubMed — Vitamin D deficiency in non-scarring and scarring alopecias: a systematic review and meta-analysis.
 
PubMed — Effects of tocotrienol supplementation on hair growth in human volunteers.

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