Conseils beauté
La Chute De Cheveux Saisonnière
Chute de cheveux saisonnière : causes, durée et quand faut-il s’inquiéter ?
Voir davantage de cheveux dans la douche, sur la brosse ou sur l’oreiller peut être inquiétant.
Certaines personnes remarquent cette augmentation particulièrement à la fin de l’été ou au début de l’automne et parlent alors de « chute de cheveux saisonnière ».
Cette observation possède effectivement une base scientifique.
Plusieurs études ont montré que le cycle du cheveu humain peut présenter des variations saisonnières, avec une proportion plus importante de cheveux en phase de repos à certaines périodes de l’année.
Cependant, toutes les chutes de cheveux qui apparaissent en automne ne sont pas simplement saisonnières.
Une chute diffuse peut également être liée à un effluvium télogène après une maladie, un accouchement, une perte de poids importante, un stress, une carence nutritionnelle ou d’autres causes.
Il est donc important de savoir reconnaître une chute temporaire banale et les signes qui nécessitent un avis dermatologique.
Combien de cheveux perd-on normalement chaque jour ?
Perdre des cheveux quotidiennement est normal.
Le cuir chevelu contient des dizaines de milliers de follicules qui ne se trouvent pas tous au même stade de leur cycle.
Pendant que certains cheveux poussent, d’autres arrivent naturellement en fin de cycle et tombent.
L’American Academy of Dermatology et DermNet considèrent qu’une perte d’environ 50 à 100 cheveux par jour peut être normale.
Ce chiffre reste cependant approximatif.
Le nombre de cheveux observés dépend notamment :
– de la longueur et de la densité de la chevelure ;
– de la fréquence des shampoings ;
– de la fréquence du brossage ;
– du type de coiffure.
Une personne qui ne lave ses cheveux que tous les trois ou quatre jours peut retrouver beaucoup de cheveux en une seule fois dans la douche sans perdre nécessairement plus de cheveux au total qu’une personne qui les lave quotidiennement.
Comment fonctionne le cycle du cheveu ?
Chaque follicule pileux fonctionne selon un cycle comprenant plusieurs phases.
La phase anagène
C’est la phase active de croissance.
Le cheveu est produit par le follicule et continue à s’allonger.
Sur le cuir chevelu, cette phase dure généralement plusieurs années.
La majorité des cheveux du cuir chevelu se trouvent normalement en phase anagène.
La phase catagène
Il s’agit d’une courte phase de transition.
L’activité du follicule diminue progressivement.
Elle ne concerne qu’une petite proportion des cheveux à un moment donné.
La phase télogène
Le follicule entre ensuite dans une phase de repos.
Le cheveu reste encore un certain temps dans le follicule avant d’être finalement éliminé.
Un nouveau cheveu en phase de croissance peut ensuite commencer à se développer dans le même follicule.
C’est ce fonctionnement non synchronisé qui permet normalement de conserver une densité relativement stable.
Existe-t-il réellement une chute saisonnière des cheveux ?
Oui, des variations saisonnières ont été observées dans plusieurs études.
Une étude publiée dans le British Journal of Dermatology a suivi des hommes en bonne santé pendant 18 mois.
La proportion de cheveux en phase de croissance était maximale au printemps puis diminuait progressivement, tandis que la chute atteignait un pic autour d’août et septembre.
Une autre étude portant sur plus de 800 femmes consultant pour une chute de cheveux a également montré une variation annuelle.
La proportion de cheveux en phase télogène était plus importante en été, avec un autre pic plus faible observé au printemps.
Ces travaux soutiennent donc l’existence d’une saisonnalité chez certaines personnes.
Cependant, cette variation :
– n’est pas présente chez tout le monde ;
– n’a pas la même intensité d’une personne à l’autre ;
– ne signifie pas qu’une chute importante doit automatiquement être attribuée à la saison.
Pourquoi perd-on parfois davantage de cheveux à la fin de l’été ?
Le mécanisme exact n’est pas complètement établi.
Les études montrent une modification saisonnière de la proportion de follicules en phase anagène et télogène.
Plus de cheveux peuvent entrer dans la phase de repos pendant l’été puis être éliminés quelques semaines plus tard.
Plusieurs facteurs environnementaux ont été proposés pour expliquer ce phénomène, notamment la durée d’exposition à la lumière.
Cependant, il serait excessif d’affirmer que les rayons du soleil augmentent directement une hormone particulière qui ferait pousser les cheveux au printemps puis les ferait tomber à l’automne.
La biologie saisonnière du follicule humain reste plus complexe.
L’être humain ne possède d’ailleurs pas une véritable « mue » synchronisée comme certains animaux.
Tous les follicules du cuir chevelu ne changent pas de phase en même temps.
La chute saisonnière est-elle dangereuse ?
Lorsqu’il s’agit réellement d’une variation saisonnière légère, elle est généralement temporaire.
La personne remarque davantage de cheveux qui tombent mais sans :
– plaques complètement dégarnies ;
– inflammation importante du cuir chevelu ;
– cicatrices ;
– douleur ;
– perte définitive rapide de densité.
La croissance continue normalement dans les follicules.
La chevelure peut donc retrouver son équilibre progressivement.
Cependant, il ne faut pas utiliser l’expression « chute saisonnière » pour expliquer systématiquement toute perte de cheveux importante.
Qu’est-ce qu’un effluvium télogène ?
L’effluvium télogène est une cause fréquente de chute diffuse des cheveux.
Un nombre anormalement important de follicules quitte la phase de croissance et entre en phase de repos.
Les cheveux concernés ne tombent pas nécessairement immédiatement.
La chute devient généralement visible plusieurs semaines ou mois après l’événement déclencheur.
C’est pourquoi il peut être difficile de faire le lien entre le problème initial et la chute actuelle.
Quels événements peuvent provoquer un effluvium télogène ?
Parmi les facteurs fréquemment associés figurent :
– une forte fièvre ;
– une maladie importante ;
– une opération chirurgicale ;
– un accouchement ;
– une perte de poids importante ou rapide ;
– un régime alimentaire très restrictif ;
– un stress physique important ;
– un stress psychologique important ;
– certaines modifications hormonales ;
– certains médicaments.
Une carence nutritionnelle peut également jouer un rôle dans certaines situations.
La chute commence-t-elle immédiatement après le facteur déclenchant ?
Souvent non.
L’un des aspects caractéristiques de l’effluvium télogène est le décalage dans le temps.
Une personne peut subir une maladie ou une intervention puis ne remarquer une chute importante que deux à trois mois plus tard.
L’événement initial peut déjà être complètement terminé lorsque les cheveux commencent à tomber.
C’est notamment ce qui se produit fréquemment après un accouchement.
La chute post-partum devient souvent particulièrement visible quelques mois après la naissance.
Combien de temps dure un effluvium télogène ?
Un effluvium télogène aigu dure généralement moins de six mois.
La phase de chute elle-même peut se poursuivre pendant environ trois à six mois.
Après la disparition du facteur déclenchant, les follicules reprennent progressivement leur cycle normal.
La récupération de la densité visuelle nécessite davantage de temps car les nouveaux cheveux doivent pousser suffisamment pour devenir visibles dans l’ensemble de la chevelure.
L’American Academy of Dermatology indique que, dans de nombreux cas, la densité habituelle peut revenir progressivement en six à neuf mois après la résolution du facteur déclenchant.
Il existe également des effluviums télogènes chroniques qui persistent au-delà de six mois et nécessitent une évaluation médicale.
Une chute saisonnière ne doit-elle durer que quatre à six semaines ?
Non.
Il n’existe pas de règle permettant d’affirmer qu’une chute saisonnière doit obligatoirement disparaître en quatre semaines ou au maximum six semaines.
Les cycles des cheveux se comptent en mois.
Une augmentation temporaire de la chute peut donc s’étendre sur une période plus longue.
La durée constitue un élément important, mais elle doit être interprétée avec :
– l’intensité de la chute ;
– l’évolution de la densité ;
– les symptômes associés ;
– les antécédents récents.
Une chute qui se prolonge plusieurs mois mérite davantage d’attention, particulièrement lorsque la densité diminue progressivement.
Comment différencier chute de cheveux et perte de densité ?
Ces deux phénomènes ne sont pas exactement identiques.
Une chute excessive
On remarque principalement beaucoup de cheveux :
– dans la douche ;
– sur la brosse ;
– sur l’oreiller ;
– sur les vêtements.
Elle peut correspondre à un effluvium télogène temporaire.
Une diminution progressive de densité
La raie du cuir chevelu devient progressivement plus large ou le sommet du crâne laisse davantage apparaître la peau.
Cela peut évoquer une alopécie de type féminin ou masculin.
Les deux problèmes peuvent parfois être présents simultanément.
C’est notamment pour cette raison qu’un diagnostic dermatologique est utile lorsque la densité évolue progressivement.
Qu’est-ce que l’alopécie androgénétique ?
L’alopécie androgénétique est une forme fréquente de perte progressive de densité.
Chez l’homme, elle peut se manifester notamment par :
– un recul des tempes ;
– une modification de la ligne frontale ;
– une diminution de densité au niveau du vertex.
Chez la femme, on observe plus souvent :
– une raie centrale qui s’élargit ;
– une diminution diffuse de densité sur le sommet du crâne ;
– une miniaturisation progressive des cheveux.
Contrairement à un effluvium télogène aigu, l’alopécie androgénétique tend à progresser si elle n’est pas prise en charge.
Une chute saisonnière peut-elle révéler une alopécie déjà présente ?
Oui.
Une personne présentant déjà une perte progressive de densité peut remarquer davantage sa chevelure clairsemée pendant une période de chute importante.
Cela ne signifie pas nécessairement que la chute saisonnière a provoqué l’alopécie.
Elle peut simplement rendre plus visible un problème qui évoluait déjà auparavant.
Un dermatologue peut distinguer les deux situations grâce à l’examen clinique et, si nécessaire, à la trichoscopie.
Le test de traction des cheveux est-il fiable ?
Le hair pull test, ou test de traction, existe réellement en dermatologie.
Le professionnel prend délicatement une petite mèche et exerce une traction contrôlée pour déterminer si un nombre anormal de cheveux se détache.
Cependant, son interprétation dépend :
– de la technique ;
– du nombre de cheveux testés ;
– de la zone du cuir chevelu ;
– du moment du dernier shampoing ;
– du contexte clinique.
Il ne faut donc pas transformer ce test en règle domestique du type :
« moins de 10 cheveux = normal »
ou
« 10 à 15 cheveux = chute saisonnière ».
Ces seuils ne permettent pas à eux seuls d’établir un diagnostic.
Compter ses cheveux chaque jour est-il utile ?
Pas forcément.
Compter précisément tous les cheveux tombés peut rapidement devenir anxiogène et reste difficile à standardiser.
La fréquence de lavage suffit à modifier considérablement le nombre observé dans la douche.
Il est souvent plus utile de surveiller :
– l’évolution globale de la densité ;
– la largeur de la raie ;
– la présence de plaques ;
– la quantité de cheveux régulièrement retrouvée ;
– la durée de la chute.
Des photographies prises dans les mêmes conditions d’éclairage tous les un à trois mois peuvent parfois être plus utiles qu’un comptage quotidien.
Faut-il prendre des vitamines dès que les cheveux tombent ?
Non.
Il n’est pas recommandé de commencer automatiquement une cure de vitamines ou de compléments « cheveux » uniquement parce qu’une chute apparaît.
L’American Academy of Dermatology recommande de rechercher une éventuelle carence avant de supplémenter notamment :
– fer ;
– zinc ;
– biotine.
Si les taux sont normaux, une supplémentation inutile n’améliorera pas forcément les cheveux.
Dans certains cas, prendre trop de certains nutriments peut même être nocif ou contribuer à une chute de cheveux.
La biotine est-elle efficace contre la chute saisonnière ?
La biotine est très populaire dans les compléments pour cheveux et ongles.
Cependant, une véritable carence en biotine est rare chez une personne qui possède une alimentation normale.
Les preuves d’un bénéfice d’une supplémentation en biotine chez une personne non carencée sont limitées.
Des doses élevées peuvent également interférer avec certains examens biologiques.
Cela peut notamment perturber des analyses utilisées pour évaluer :
– la thyroïde ;
– certaines hormones ;
– certains marqueurs cardiaques.
Il faut donc signaler au médecin toute prise importante de biotine avant une analyse.
Le fer est-il important pour les cheveux ?
Oui.
Une carence en fer peut être associée à certaines chutes de cheveux.
Cependant, il n’est pas recommandé de prendre du fer à dose élevée sans indication.
Le médecin peut demander notamment une numération sanguine et, selon le contexte, une ferritine pour évaluer les réserves.
Un excès de fer peut être toxique.
Une supplémentation doit donc répondre à un besoin réel.
Le zinc est-il utile ?
Le zinc joue plusieurs rôles biologiques importants.
Une carence sévère peut affecter les cheveux et la peau.
Mais, comme pour le fer, prendre davantage de zinc lorsqu’il n’existe pas de déficit ne garantit pas une repousse plus rapide.
Un excès prolongé de zinc peut notamment perturber le métabolisme du cuivre.
Il faut donc éviter les cures à fortes doses sans raison médicale.
Vitamine D et chute de cheveux
Des associations ont été observées entre de faibles niveaux de vitamine D et certaines formes d’alopécie.
Cela ne signifie pas qu’une supplémentation en vitamine D traite automatiquement toute chute de cheveux.
Une personne présentant une carence doit évidemment la corriger selon les recommandations médicales.
Mais prendre de fortes doses sans dosage ou indication n’est pas une stratégie générale contre la chute saisonnière.
Collagène et cheveux : est-ce utile ?
Les compléments de collagène sont souvent commercialisés pour la peau, les cheveux et les ongles.
Les preuves démontrant qu’ils arrêtent une chute de cheveux saisonnière ou un effluvium télogène restent limitées.
Les cheveux sont principalement constitués de kératine et non de collagène.
Un complément de collagène ne doit donc pas être présenté comme une solution spécifique et démontrée contre la chute.
Une alimentation équilibrée reste plus importante.
Quelle alimentation favorise une croissance normale des cheveux ?
Les follicules ont besoin d’un apport nutritionnel adéquat.
Une alimentation équilibrée doit notamment apporter :
– suffisamment de protéines ;
– fer ;
– zinc ;
– vitamines ;
– acides gras essentiels ;
– énergie suffisante.
Les régimes très restrictifs ou les pertes de poids rapides peuvent provoquer un effluvium télogène.
Une alimentation comprenant régulièrement :
– œufs ;
– poissons ;
– viandes ou alternatives végétales ;
– légumineuses ;
– légumes ;
– fruits ;
– céréales ;
– noix et graines
permet généralement de couvrir de nombreux besoins.
Une personne végétarienne ou végétalienne doit particulièrement veiller à l’apport en protéines, fer, zinc et vitamine B12 selon son alimentation.
Le shampoing peut-il arrêter une chute de cheveux ?
Un shampoing agit principalement sur :
– le cuir chevelu ;
– le sébum ;
– les impuretés ;
– la fibre capillaire.
Il ne peut généralement pas empêcher à lui seul la chute d’un cheveu qui est déjà entré dans la phase télogène.
Les mentions « anti-chute » sur un shampoing doivent donc être interprétées avec prudence.
Un shampoing peut cependant être utile lorsqu’il traite un problème associé du cuir chevelu, par exemple :
– pellicules ;
– excès de sébum ;
– dermatite séborrhéique selon les actifs utilisés.
Mais il ne remplace pas le diagnostic de la cause de la chute.
Faut-il moins laver ses cheveux lorsqu’ils tombent ?
Non.
Espacer fortement les shampoings n’empêche pas les cheveux en fin de cycle de tomber.
Lorsqu’on attend plusieurs jours entre deux lavages, les cheveux qui auraient été éliminés progressivement restent simplement retenus dans la chevelure et peuvent apparaître tous ensemble sous la douche.
Cela peut donner l’impression que le shampoing provoque la chute.
Le lavage doit être adapté :
– au type de cuir chevelu ;
– au sébum ;
– aux habitudes ;
– aux produits utilisés.
Il faut surtout privilégier des gestes doux.
Le sèche-cheveux provoque-t-il la chute saisonnière ?
Un sèche-cheveux n’est pas une cause classique d’effluvium télogène.
Une chaleur excessive peut cependant endommager la fibre capillaire et favoriser :
– sécheresse ;
– cassures ;
– pointes abîmées.
Il est donc préférable d’utiliser une température modérée et de ne pas maintenir l’appareil extrêmement chaud très près des cheveux.
Il faut distinguer une cassure de la fibre d’un cheveu qui tombe depuis le follicule.
Comment reconnaître un cheveu cassé ?
Un cheveu tombé naturellement depuis le follicule possède généralement toute sa longueur et peut présenter une petite extrémité en massue correspondant au cheveu télogène.
Un cheveu cassé est souvent :
– plus court ;
– de longueur irrégulière ;
– sans extrémité typique de cheveu télogène.
De nombreuses cassures peuvent apparaître après :
– décolorations répétées ;
– chaleur excessive ;
– lissages agressifs ;
– traction ;
– coiffures serrées.
La prise en charge n’est donc pas la même qu’en cas de chute depuis la racine.
Comment prendre soin des cheveux pendant une période de chute ?
Une routine douce permet surtout d’éviter d’ajouter des cassures à la chute naturelle.
Il peut être utile de :
– utiliser un shampoing adapté au cuir chevelu ;
– appliquer un après-shampoing sur les longueurs si nécessaire ;
– démêler doucement ;
– éviter les coiffures très serrées ;
– réduire les températures très élevées ;
– limiter les traitements chimiques agressifs ;
– éviter de tirer fortement sur les cheveux.
L’American Academy of Dermatology recommande notamment de limiter les brossages excessifs et la traction.
Faut-il masser le cuir chevelu ?
Un massage doux du cuir chevelu peut être agréable.
Il n’existe cependant pas de preuve solide permettant d’affirmer qu’un massage quotidien peut arrêter un effluvium télogène ou une chute saisonnière.
Il ne faut pas masser agressivement dans l’espoir « d’activer la circulation ».
Une pression trop importante peut au contraire :
– emmêler ;
– casser ;
– tirer sur les cheveux.
Si un massage est pratiqué, il doit rester doux.
Les lotions anti-chute sont-elles efficaces ?
Cela dépend entièrement de leur composition et de la cause de la chute.
Une lotion cosmétique contenant des vitamines ou des extraits végétaux n’a pas nécessairement démontré qu’elle pouvait traiter un effluvium télogène.
Certains médicaments topiques, comme le minoxidil, disposent en revanche de données dans certaines formes de perte de cheveux, notamment l’alopécie androgénétique.
Cela ne signifie pas que toute personne qui remarque davantage de cheveux en automne doit commencer du minoxidil.
Le diagnostic reste essentiel avant de choisir un traitement.
Faut-il utiliser du minoxidil pour une chute saisonnière ?
Pas automatiquement.
Un effluvium télogène aigu lié à un événement transitoire récupère fréquemment spontanément une fois la cause corrigée.
Le minoxidil est principalement utilisé pour certaines formes de perte de cheveux, notamment l’alopécie de type masculin ou féminin.
Un dermatologue peut éventuellement l’envisager dans certaines situations particulières.
Cependant, commencer un traitement chronique sans avoir identifié la cause d’une chute passagère n’est pas nécessaire.
Peut-on arrêter immédiatement une chute de cheveux ?
Pas toujours.
Dans un effluvium télogène, une partie des cheveux qui tombent a déjà quitté la phase active plusieurs semaines auparavant.
Même si le facteur déclenchant a disparu, ces cheveux doivent terminer leur cycle.
Cela explique pourquoi la chute ne s’arrête pas nécessairement immédiatement après :
– correction d’une carence ;
– guérison d’une maladie ;
– diminution du stress ;
– amélioration de l’alimentation.
L’objectif principal est donc d’identifier et corriger la cause lorsque cela est possible, puis de laisser le temps au cycle capillaire de se normaliser.
Les cheveux qui tombent sont-ils « morts » ?
La fibre du cheveu visible est constituée de cellules kératinisées qui ne sont plus biologiquement actives.
Mais il serait trompeur de dire que « le cheveu est mort depuis plusieurs semaines » comme si tout le follicule était mort.
Le follicule reste vivant.
Dans un effluvium télogène, il peut reprendre une nouvelle phase de croissance et produire un nouveau cheveu.
Cette distinction explique pourquoi la repousse reste généralement possible.
Comment savoir si les cheveux repoussent ?
Après un effluvium télogène, de nouveaux cheveux peuvent apparaître progressivement.
Ils sont souvent visibles comme de petits cheveux courts :
– le long de la raie ;
– autour de la ligne frontale ;
– sur le sommet du crâne.
Ils continuent ensuite à pousser.
Le gain de densité est lent car le cheveu pousse approximativement de l’ordre d’un centimètre par mois en moyenne.
Il faut donc plusieurs mois avant qu’une repousse récente contribue réellement au volume de la chevelure.
Quand faut-il faire une prise de sang ?
Une prise de sang n’est pas nécessaire pour toutes les petites chutes temporaires.
Un médecin peut cependant la proposer lorsqu’il suspecte notamment :
– une anémie ;
– une carence en fer ;
– un trouble thyroïdien ;
– une carence nutritionnelle ;
– une maladie systémique.
Le bilan dépend du contexte.
Il n’existe pas une liste universelle d’analyses à réaliser chez toutes les personnes qui perdent leurs cheveux.
Quand consulter un dermatologue ?
Il est préférable de consulter lorsqu’une chute :
– est très importante ;
– persiste plusieurs mois ;
– s’accompagne d’une diminution progressive de la densité ;
– provoque une raie qui s’élargit ;
– crée des plaques dégarnies ;
– touche également les sourcils ou d’autres zones ;
– s’accompagne de douleur, rougeur, squames importantes ou inflammation ;
– apparaît après la prise d’un nouveau médicament ;
– survient avec d’autres symptômes généraux.
Une consultation est également utile lorsqu’aucun facteur déclenchant évident n’est retrouvé.
Plaques rondes sans cheveux : est-ce une chute saisonnière ?
Non.
Une ou plusieurs plaques bien délimitées sans cheveux ne correspondent pas au tableau classique d’une simple chute saisonnière.
Elles peuvent notamment évoquer une pelade, appelée alopecia areata, ou une autre cause d’alopécie localisée.
Un dermatologue doit examiner ce type de perte de cheveux.
Que signifie un cuir chevelu douloureux ou inflammatoire ?
Une chute saisonnière classique ne provoque généralement pas de lésions importantes du cuir chevelu.
La présence de :
– douleur ;
– forte rougeur ;
– croûtes ;
– pustules ;
– cicatrices ;
– zones brillantes sans follicules
doit faire rechercher une autre cause.
Certaines alopécies inflammatoires peuvent provoquer une destruction définitive des follicules si elles ne sont pas prises en charge rapidement.
Une consultation précoce est donc importante.
Les cheveux repoussent-ils après un effluvium télogène ?
Dans la majorité des effluviums télogènes aigus, oui.
Les follicules ne sont généralement pas détruits.
Une fois le facteur déclenchant disparu ou corrigé, le cycle peut progressivement revenir à la normale.
Il faut cependant distinguer :
arrêt de la chute
et
retour complet de la densité.
La chute peut diminuer avant que les cheveux nouvellement produits aient eu suffisamment de temps pour gagner en longueur et en volume.
La récupération visuelle peut donc demander plusieurs mois.
Que faire concrètement devant une chute supposée saisonnière ?
Premièrement : observer l’évolution
Une augmentation légère et transitoire sans diminution importante de densité peut simplement être surveillée.
Deuxièmement : rechercher un facteur survenu deux à quatre mois auparavant
Par exemple :
– fièvre ;
– infection importante ;
– accouchement ;
– opération ;
– perte de poids rapide ;
– stress important ;
– régime restrictif ;
– nouveau médicament.
Troisièmement : maintenir une alimentation équilibrée
Évitez les régimes très restrictifs et assurez un apport suffisant en protéines et en micronutriments.
Quatrièmement : éviter les compléments pris au hasard
Fer, zinc, biotine ou autres compléments ne doivent pas être utilisés automatiquement sans indication.
Cinquièmement : traiter les cheveux doucement
Évitez les coiffures qui tirent fortement, les températures excessives et les traitements chimiques répétés.
Sixièmement : consulter si la situation ne s’améliore pas
Une perte persistante, progressive ou atypique nécessite un diagnostic.
Chute de cheveux saisonnière : ce qu’il faut retenir
Les cheveux suivent naturellement un cycle de croissance, de transition et de repos.
Perdre environ 50 à 100 cheveux par jour peut être physiologique.
Des études montrent que certaines personnes présentent effectivement une variation saisonnière du cycle capillaire, avec une augmentation de la proportion de cheveux en phase télogène pendant l’été et davantage de chute autour de la fin de l’été ou du début de l’automne.
Cette saisonnalité n’est cependant ni systématique ni suffisante pour expliquer toute chute importante.
Une chute diffuse peut également correspondre à un effluvium télogène provoqué quelques mois auparavant par :
– maladie ;
– fièvre ;
– accouchement ;
– chirurgie ;
– perte de poids ;
– stress ;
– restriction alimentaire ;
– certains médicaments.
Un effluvium télogène aigu peut durer plusieurs mois et ne doit pas être limité arbitrairement à quatre ou six semaines.
Le test consistant à tirer plusieurs fois ses cheveux et à compter s’il en tombe 10 ou 15 ne permet pas de diagnostiquer soi-même une chute saisonnière.
De même, commencer automatiquement une cure de vitamines n’est pas recommandé.
Les compléments de fer, zinc ou biotine ont surtout un intérêt lorsqu’un déficit existe réellement.
Une alimentation suffisamment énergétique et protéinée, des soins capillaires doux et la correction d’une éventuelle cause sont les mesures les plus importantes.
Enfin, une chute qui persiste, entraîne une perte progressive de densité, forme des plaques ou s’accompagne d’une inflammation du cuir chevelu mérite une consultation dermatologique.
Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre informatif et ne remplacent pas le diagnostic ou les recommandations d’un dermatologue.
Sources
American Academy of Dermatology Association — Do you have hair loss or hair shedding?
American Academy of Dermatology Association — Hair loss: Tips for managing.
American Academy of Dermatology Association — Hair loss: Diagnosis and treatment.
American Academy of Dermatology Association — Hair loss: Who gets and causes.
American Academy of Dermatology Association — Hair styling without damage.
DermNet — Hair shedding.
DermNet — Telogen effluvium.
DermNet — Female pattern hair loss.
PubMed — Seasonal changes in human hair growth.
PubMed — Seasonality of hair shedding in healthy women complaining of hair loss.
PubMed — Periodicity in the growth and shedding of hair.
PubMed — Seasonal variation of trichogram in Chilean subjects.

